IMAGINATION MUSICALE
Nous sommes très-disposés pour notre part à reconnaître une pareille invention, à l’égard de certains objets, et d’abord à l'égard de la mélodie. L'école de la sensation qui faisait de l’homme une sorte de copie et d’écho de la nature extérieure, a enseigné que pour composer les premiers chants , nous avions écouté le murmure des ruisseaux , le bruit du vent dans les arbres, et enfin les concerts des chantres ailés. Mais pourquoi l’homme serait-il le seul être qui manquât d’instinct ou de spontanéité. On prétend que les oiseaux mêmes ne sont qu’imitateurs dans leurs chants ; que les petits du rossignol élevés par un autre oiseau chanteur prennent le chant de ce dernier. Si ce fait était réel , l’instinct d’imitation l’emporterait, dans ce cas, sur l’instinct d’imagination. Limitation d’ailleurs ne ferait que reculer le problème sans le résoudre , car il faudrait toujours un premier modèle; et comment le premier oiseau chanteur aurait-il composéses chants. L’expérience, qu’on allègue ici, n’en détruit pas, d’ailleurs, une autre rapportée par Spurzheim ' : « Si l'on prend des œufs d’un » oiseau chanteur , qu’on les fasse couver par un oiseau )> qui ne chante pas et qu’on élève les jeunes dans la » solitude , sans leur faire entendre aucun chant, les )> mâles arrivés à 1 âge de leur plein développement, )) chanteront comme les autres mâles de leur espèce (i).»
Mais, dit-on encore, les oiseaux n’ont pas conscience des chants qu'ils produisent ; ils ne conçoivent pas la note avant de la donner ; il n'y a pas ici d'intelligence, mais une force motrice aveugle qui agit sur les mus-
(!) Obs jj. 250.