‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 72 sur 181 · OU IMAGINATION DES FORMES · texte numérisé non relu

OU IMAGINATION DES FORMES

de son Apollon ; il trouve toujours quelque défaut aux données de l’expérience ; il établit une certaine proportion entre le volume de la tete, du tronc et des membres, il rend parallèles les deux cotés du visage et du coips, et la ligne qu’il arrête n’est pas une moyenne entre les formes excessives fournies par l’observation. Ecoutons Raphaël nous révéler le secret de sa composition : «Je » sais que pour peindre la beauté, j’aurais besoin de voir )> plusieurs modèles, avec cette condition que vous fus- )> siez à mes cotés pour aider mon choix. Mais dans la » disette de bons guides et de beaux modèles, je saisis » l’inspiration qui me vient à l’esprit ; a-t-elle quelque )> perfection? je ne sais, mais j’y tends de tous mes ef- )> forts (1). )>

Le témoignage de Raphaël est d’autant plus important sur cdftujet, qu’en théorie il était d’une opinion contraire à la nôtre , et que cependant il la suivait en pratique. Aussi voyons-nous que les grands artistes ont dès l’enfance annoncé leur vocation , et que dans la rusticité du village ou dans la solitude des bois, munis d un crayon grossier ou de la pointe d'un couteau, ils ont dessiné ou sculpté des figures qui n’avaient pas attendu le modèle, ou qui le surpassaient en beauté.

Mais le compositeur ne se contente pas de produire • /* une série agréable d intonations , ni le dessinateur d’imposer à ses figures une proportion pour ainsi dire géométrique ou architecturale. L’un et l’autre donnent à leur œuvre ce qu’on appelle l’expression ; le statuaire communique au marbre la passion et la pensée ; le musicien

(1) Lettre de Raphaël à Balthazar Castiglione. Histoire de la vie et des ou vrages de Raphaël , par M. Quatremére de Quincy. Appendice 6.

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