‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 71 sur 181 · IMAGINATION LINÉAIRE · texte numérisé non relu

IMAGINATION LINÉAIRE

son nid, le castor construirait-il le dôme de sa cabane, dresserait-il des galeries et des remparts , si tous ces animaux ne concevaient auparavant limage qu’ils vont exécuter (1) ? Et pourquoi l'homme n’aurait-il pas aussi ses pré-conceptions linéaires? Comment arrive-t-il à rectifier les figures grossières de la nature ? Où a-t-il trouvé Je modèle de la ligne droite, l’original du triangle équilatéral, le type du cercle parfait (2)? S’est-il mis en apprenti à la suite de l’abeille, de l’araignée et du castor, et la régularité mathématique avec laquelle il conçoit des figures que les animaux exécutent grossièrement, et que la main humaine ne peut elle-même parvenir à réaliser, n’est-elle pas une preuve qu’ici l’imagination a pris les devants, et n’a pas attendu les leçons de l’expérience ? La conception des éléments de l’architecture me paraît donc le produit d une imagination spéciale. Il faut ajouter que

chez l’animal, cette pré-conception de la figure est accom-

pagnée d'un instinct qui lui fait s’approprier sans hésitation , et sans expérience les matériaux convenables à ses constructions.

Mais cette proportion que l’homme pré-conçoit et impose aux figures grossières du régne inorganisé , il l'applique aussi aux deux autres règnes. Dans ses dessins il rectifie la pose des végétaux , il augmente, diminue, désunit ou rassemble les masses du paysage ; en admirant le col du cygne, il regrette les extrémités inférieures de cet oiseau , et il les changerait s’il terminait à son gré la figure. Ce n’est pas dans la comparaison des formes de la nature que l’artiste choisit le trait de sa Vénus ou

j*:(2) M. Cousin, Court de 1818, p. 184.

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