DISTINCTION DE L'IMAGINATION
nières le pouvoir d’imaginer, mais en le leur accordant à toutes comme un attribut commun : « Les trois degrés » d’activité , ou mode de quantité des facultés intellec- » tuelles sont : la perception , la mémoire et l’imagina- » tion (1). »
Nous avons montré que la mémoire n’est pas un degré d’activité, ou mode de quantité de la perception (2) ; de meme l’imagination, si elle est vraiment créatrice, n’est pas un mode de quantité de la mémoire , et nous retrouvons ici le débat que nous avions ajourné , sur la spécialité de l’imagination. Ce qu’il y a de singulier, c’est que Spurzbeim s’est attaché lui-mème à faire ressortir cette vérité à propos de l’imagination mélodique :
«L’ouïe, dit-il, ne peut pas produire le chant des » oiseaux ; . . . beaucoup d’oiseaux entendent sans chanter ; » chez les oiseaux de ramage , les femelles sont douées » du sens de l’ouïe aussi bien que les mâles, cependant » les femelles ne chantent pas. Quant aux mâles, ils ne )> répètent pas des chants qu’ils aient entendus. Si Ton » prend des œufs d’un oiseau chanteur , qu'on les fasse » couver par un oiseau qui ne chante pas, et qu’on élève » les jeunes dans la solitude, sans leur faire entendre au- » cun chant, les mâles, anf^ôs à l’âge de leur plein dé- » veloppement , chanteront comme les autres mâles de w leur espèce; il en est de même chez l’homme; le pre- )> mier musicien n’a pu entendre de musique avant d’en » faire; les grands compositeurs inventent des tons (3).
(1) Obs.y p. 331.
(2) Voy. 3e part., ch. 1er, $ 6.