DE LA FACULTÉ DE COMPARAISON
tement distinguée de la première, et qu’il n'a pas mieux réussi, ce nous semble , à constituer comme faculté spéciale. . • .
« II y a des hommes, dit-il, qui, dans les discussions, )> ont recours à des rapprochements, à des comparaisons,
)) à des exemples analogues plutôt qu'à des raisonne-
» ments (1) La faculté de comparaison produit les
» figures et les métaphores du langage artificiel (2). » Qui ne reconnaît ici encore une application de la faculté inductive : le jugement par analogie produit les comparaisons et les métaphores, et ce jugement est le fruit de la croyance à la généralité de la nature. Qu’un écrivain compare l’efTet produit par le contact de deux parties de notre corps à la commotion qui résulte de la communication établie entre les deux pôles de la machine électrique , qu’il étende cette analogie au contact entre deux hommes, puis au contact entre deux nations; il range sous une seule loi tous les faits de l’ordre moral et de l’ordre matériel, il use de comparaisons qui se résolvent en analogies ou inductions.
« Cette faculté, poursuit le docteur allemand, compare )) les actions des autres facultés , connaît leur différence » et leur similitude. »
Ainsi que nous l’avons déjà remarqué , Spurzheim a chargé la faculté d 'éventualité de connaître Faction des facultés mentales (3); il commet donc un double emploi en confiant le meme service à la faculté de comparaison.
« La faculté de comparaison , dit-il encore, produit
(2) Obs., p. 310.
(3) Obs., p. 295.
SECONDE CRITIQUE
» l’esprit de combinaison, de généralisation, d’abstrac-
» lion (lj. » Mais la combinaison est une opération très-
complexe et très-diverse, qui peut appartenir à plusieurs facultés différentes. L'abstraction est le procédé naturel de toutes les espèces de mémoires. Quant à la généralisation, l’auteur l a déjà rapportée à la causalité (2), et il est inutile de faire produire un meme effet par plusieurs causes différentes.
Nous trouvons ailleurs que les facultés réflectives, parmi lesquelles figure la prétendue faculté de comparaison , examinent la relation de toutes les autres facultés avec leurs objets respectifs , ce qui remet aux premières la police des secondes ou le soin de les rectifier et de les amener à cet état qu’on appelle bon jugement (3). Mais comment la faculté de comparaison peut-elle remplir cet office ? Perçoit-elle les objets des autres facultés? Si elle les perçoit, à quoi servent les autres ? Si elle ne les perçoit pas, comment jugera-t-elle de la relation des autres facultés avec leurs objets respectifs ?
La faculté de comparaison ne peut donc subsister ni comme source des métaphores, ni comme principe régulateur des autres facultés.
M. George Combe essaie d’établir aussi la spécialité de la faculté de comparaison : « La faculté du ton peut » comparer différentes notes, celle du coloris peut saisir » différentes ombres ; mais la comparaison peut compa- » rer une ombre et une note, une forme et une couleur , )> ce que les autres facultés ne pourraient faire par elles-
(1) Gbs., p. 310.
(2) Obs., p. 313.
(3) Obs., p. 330.