Voir chap. ix
Boirac. — Psychologie inconnue. i!
celle-là même que Mesmer a cru découvrir dès l'origine et qui, à la différence de la suggestion (laquelle est purement interne ou pour ainsi dire intra-organique) consiste dans l'influence encore non définie, non étudiée, qu'un organisme exerce sur un autre, une force externe ou inter-organique, qui présente les plus grandes analogies avec l'électricité et le magnétisme, du moins autant que nous pouvons en juger jusqu'ici par ses effets.
C'est de cette force que nous entendons parler ici sous le nom de force psychique, et prenant pour accordé qu'elle existe, nous voudrions appeler l'attention des chercheurs sur une de ses propriétés les plus remarquables, à savoir sa conductibilité, et montrer le parti qu'on pourrait tirer de cette propriété, au point de vue de la méthode, pour l'étude expérimentale de tout cet ordre de phénomènes.
Peut-être les recherches ultérieures conduiront-elles à morceler l'unité de la force psychique et à distinguer plusieurs forces différentes là où nous n'en supposons qu'une. Ainsi l'agent mesmérique ou proprement magnétique est peut-être distinct de l'agent télépathique, et peut-être Fun et l'autre sont-ils distincts de l'agent proprement psychique, de celui par lequel les médiums produisent ces phénomènes à peine croyables de déplacements d'objets, de matérialisations, etc., qu'un certain nombre d'observateurs, tels que William Crookes, Lombroso, Ch. Richet, etc., ont signalés, et dont la réalité est encore mise en doute par la grande majorité des savants.
Mais quelque différents que puissent être ces agents, ils obéissent sans doute à la grande loi de la conservation de la force, et par conséquent il est toujours permis de les considérer comme autant de modalités de l'énergie universelle, nécessairement solidaires les unes des autres et plus ou moins directement convertibles entre elles ou même transformables en ces modalités plus fréquentes, plus générales qui s'appellent chaleur, lumière, électricité. En tout cas, malgré les différences plus ou moins profondes qui les séparent, ils
nous paraissent présenter tous cette propriété commune, la conductibilité, dont nous voulons faire l'objet de la présente étude.
M. Pierre Janet, dont la haute compétence en cet ordre de questions est universellement connue, rendant compte dans la. Revue philosophique1 du livre du Dr Baréty. Le magnétisme animal étudié sous le nom de force neurique, reconnaissait que la question du magnétisme animal, bien que tranchée d'ordinaire par la négative, n'avait jamais été scientifiquement résolue, et qu'elle se posait encore à l'examen des chercheurs ; il avouait que certains phénomènes d'attraction, d'anesthésie, etc., produits sur des sujets en dehors de toute suggestion apparente par le seul contact ou la seule présence des opérateurs, l'avaient souvent frappé, qu'il avait remarqué comme particulièrement suggestif le phénomène de la chaîne dite magnétique, mais il ajoutait aussitôt que, s'il fallait reprendre l'étude de tous ces faits, c'était à la condition de ne pas suivre les errements des anciens observateurs
1. Revue philosophique, 1888, p. 91. « Il n'est pas douteux que sur bien des points ce retour au passé ne soit parfaitement légitime et que l'auteur n'ait eu raison d'appeler l'attention sur des observations méconnues ou ridiculisées. Tous les observateurs ont eu fréquemment l'occasion de constater des phénomènes analogues, et quant à moi, j'ai été frappé depuis longtemps par certaines anesthésies sensorielles survenues à l'approche de mes doigts et par les effets curieux de la chaîne magnétique. Mais n'estil pas nécessaire, quand on recommence une œuvre déjà plusieurs fois comdamnée, de ne pas la refaire exactement comme ses devanciers, et d'éviter les écueils sur lesquels ils ont succombé ?...» Peut-on dire que M. Baréty ait accompli cette condition indispensable ? Malheureusement il ne semble pas qu'il en soit ainsi. » Et plus loin dans le même article : « L'étude du magnétisme animal n'était pas complète tant que l'on n'avait pas réuni et discuté les faits qui avaient fait naître la théorie du fluide magnétique... Les théories de M. Baréty et de ceux qui s'occupent comme lui des phénomènes de polarité doivent contenir beaucoup de vérité, et un livre comme celui-ci aura toujours un résultat, c'est de réveiller l'attention sur des phénomènes importants qu'on était trop disposé à négliger. » Les prévisions de M. Pierre Janet ne semblent guère s'être réalisées, et si l'attention du public et des savants a été réveillée par le livre de M. Baréty, il faut avouer qu'elle s'est bien vite rendormie.
et de leur appliquer une méthode nouvelle plus rigoureuse et plus précise.
Cette méthode, nous nous sommes efforcés d'en donner les principales règles dans un précédent chapitre et nous prenons la liberté de les reproduire ici en les expliquant.
1° Expérimenter toujours et exclusivement avec des personnes à l'état de veille.
2° Mettre les sujets dès le début et pendant toute la durée des expériences, dans l'impossibilité absolue de voir ce qui se passe autour d'eux en leur bandant hermétiquement les yeux.
3° Observer, avant et pendant toute la séance, le silence le plus rigoureux en imposant même cette loi aux aides et aux assistants.
4° S'abstenir scrupuleusement de tout contact avpc le sujet. Il ne faut pas que le sens du toucher puisse suppléer chez le sujet le sens de la vue et de l'ouïe et lui permette de soupçonner ce qui se passe autour de lui.
5° Enfin combiner les expériences de telle façon que l'opérateur lui-même, au moins la première fois où il les fait, ne puisse pas prévoir quel en sera le résultat et n'en soit informé que par l'insue.
Toutes ces précautions ont pour but d'isoler complètement le sujet à la fois au point de vue physique et au point de vue mental. Il faut qu'il ignore absolument la nature des expériences qu'on veut tenter sur lui de façon qu'il réagisse autant que possible, comme le ferait un instrument de physique.
Il y a en effet, dans tout cet ordre de recherches, quatre causes principales d'illusions et d'erreurs contre lesquelles les observateurs et expérimentateurs ne sauraient trop soigneusement se tenir en garde et qui sont d'autant plus redoutables qu'elles s'unissent entre elles et se renforcent dans presque tous les cas.
La première, dont on a peut-être exagéré l'importance, est la simulation des sujets, frauduleuse ou complaisante, volon-
taire ou involontaire. Seulement pour simuler, pour truquer les expériences, il faut que les sujets sachent ou devinent les phénomènes qu'on attend d'eux, soit qu'ils les aient déjà vus présenter par d'autres sujets, soit que les opérateurs les annoncent eux-mêmes avant d'essayer de les provoquer. C'est pourquoi les expériences de suggestion proprement dite se prêtent en général à la simulation (comme l'école delà Salpétrière l'objecte très justement à l'école de Nancy) ; c'est pourquoi aussi les expériences de magnétisme, pour être probantes, doivent être combinées de telle façon que les sujets ne puissent pas savoir d'avance quel genre de phénomènes on désire produire ou observer ; d'où la nécessité de garder en leur présence un silence absolu et de les mettre, en les aveuglant, dans l'incapacité de savoir ce qui se passe autour d'eux.
La seconde cause d'erreur, dont on ne saurait au contraire exagérer l'importance, c'est la suggestion, à laquelle les sujets sont extraordinairement sensibles et que les expérimentateurs exercent bien souvent à leur insu, non seulement par leurs paroles, mais encore par leurs gestes, leurs regards, leur manière habituelle et personnelle de conduire les expériences, etc., etc.
Sur ce point, l'école de Nancy ajustement reproché à l'école de la Salpétrière de s'être trop peu défiée de la suggestion. Mais comme dit le proverbe, un homme averti en vaut deux. Pour couper court à toute possibilité de suggestion verbale, il suffira, ce semble, que les expérimentateurs s'imposent à euxmêmes et imposent aux assistants la loi du silence absolu avant, pendant et après les expériences. D'autre part, si on a vraiment rendu les sujets incapables de rien voir, et si on s'abstient rigoureusement de les renseigner même parle plus léger contact, les voies ordinaires de la suggestion indirecte se trouvent ainsi fermées, et il ne reste plus qu'à varier à chaque fois l'ordre et la nature des expériences (au moins dans le détail) pour être assuré que, si la suggestion peut intervenir encore, ce n'est plus en tout cas que sous forme
d'auto-suggestion. Mais il est impossible que les auto-suggestions des sujets concordent constamment et précisément avec les actions exercées sur eux à leur insu par les expérimentateurs. D'ailleurs, les sujets, étant éveillés et dans leur état normal, sont par cela même beaucoup moins suggestibles que lorsque l'on expérimente sur eux en les mettant préalablement en état d'hypnose.
La troisième cause d'illusion et d'erreur, c'est l'extrême sensibilité des sujets, leur hyperesthésie qui leur fait percevoir des impressions absolument insaisissables à une sensibilité ordinaire. Ainsi, dira-t-on, lorsque présentant votre main à quelques centimètres de la peau du sujet, vous constatez, après trente ou quarante secondes une anesthésie, une contracture ou quelque autre modification plus ou moins anormale dans la partie que vous avez visée, vous auriez tort d'en conclure que votre main envoie une radiation d'espèce encore inconnue, cause présumée des effets que vous observez : tout s'explique par l'hyperesthésie du sujet qui a senti la chaleur de votre main, et s'est suggéré, peut-être inconsciemment, l'anesthésie et la contracture. — S'il n'est pas possible d'écarter entièrement l'objection a priori, on l'affaiblira du moins singulièrement en faisant remarquer que Fhyperesthésie des sujets n'existe en général que dans les états hypnotiques, et qu'il n'y a pas lieu par conséquent de la supposer chez les sujets sur lesquels on expérimente, ceux-ci étant éveillés et dans leur état normal ; qu'il est d'ailleurs facile de se rendre compte expérimentalement qu'elle n'existe pas chez eux, attendu qu'abstraction faite des phénomènes spéciaux déterminés par l'action personnelle des expérimentateurs, leur sensibilité se comporte à tous égards comme celle d'une personne ordinaire ; qu'en particulier tandis que certains expérimentateurs provoquent constamment sur eux ces phénomènes, certains autres, opérant dans les conditions identiques, ne réussissent jamais à les provoquer, — à moins qu'ils ne se mettent en contact avec les précédents; par où on entrevoit déjà comment cette singulière conductibilité de la
force psychique peut servir à en prouver l'existence et à en contrôler les véritables effets.
Enfin la dernière cause d'erreur, et non la moins redoutable,, c'est l'extrême perspicacité des sujets, ce qu'on pourrait appeler leur hypereslhésie intellectuelle, qui leur fait deviner à des indices souvent presque imperceptibles ou même, si Ton admet la possibilité de la télépathie ou suggestion mentale, sans l'intermédiaire d'aucun signe, d'une façon en quelque sorte immédiate, les intentions cachées des opérateurs.
Il importe toutefois de distinguer ces deux sortes de perspicacité : l'une, admise universellement, pourrait s'appeler la 'perspicacité hypnotique ; l'autre, encore contestée par la grande majorité des savants, bien que les membres de la Société des Recherches psychiques soient disposés à la voir presque partout, la perspicacité télépathique.
En ce qui regarde la première, la méthode dont nous venons de donner les règles ne lui laisse qu'un champ d'action bien étroit, puisque les sujets sont et restent, comme on doit s'en* assurer de temps en temps au cours des expériences, éveillés et dans leur état normal, et puisqu'en outre, tous les indices auxquels leur perspicacité pourrait prêter un sens ne peuvent plus leur parvenir par les voies ordinaires de la vue, de l'ouïe et du toucher. Cette perspicacité même, il est possible et nécessaire de la mettre de temps en temps à l'épreuve en lui fournissant de faux indices, en essayant de l'engager sur de fausses pistes, comme nous l'avons fait nous -même plusieurs fois au cours de nos expériences personnelles ; et l'on se convaincra sans doute, comme nous, qu'elle est infiniment moins active et subtile qu'on s'est plu à le supposer, tout au moins si les conditions exigées par notre méthode sont rigoureusement remplies d'autre part.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter en détail le délicat problème de la télépathie et de la suggestion mentale. Si on admet que ce soit là un phénomène fréquent et pour ainsi dire usuel, il est certain que les difficultés de ce genre de recherches s'en trouvent considérablement accrues. Mais nous avons été
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frappé de ce fait que, chaque fois qu'on a essayé de prouver expérimentalement la suggestion mentale, les échecs ont été incomparablement plus fréquents que les succès, tandis qu'il faudrait au contraire supposer que ce même phénomène se produit avec la plus grande facilité, et pour ainsi dire à tout coup, dans des expériences où on ne cherche en rien à le provoquer.
En ce qui nous concerne, nous n'avons jamais réussi à suggérer une idée déterminée à aucun de nos sujets, quoique nous l'ayons essayé bien des fois, et que nous ayons pu en endormir et éveiller un par un simple effort de volonté, et nous n'avons jamais constaté non plus qu'aucun d'eux devinât spontanément nos pensées, nos intentions non exprimées. Cependant les cas où nous avons produit des anesthésies, des contractures, des attractions, etc. par la simple présentation de la main, dans les circonstances les plus variées et sur des sujets que nous voyions pour la première fois, sont relativement innombrables : par quel miracle aurions-nous dans tous ces cas réalisé, sans le vouloir et sans le savoir môme, ce phénomène de suggestion mentale que nous n'avons jamais produit ni observé nulle part? La perspicacité télépathique des sujets nous paraît donc jusqu'à nouvel ordre quelque chose de rare et d'exceptionnel, et il nous semble que, là où elle existe, un expérimentateur un peu exercé n'aura pas trop de peine à la soupçonner d'abord et à la reconnaître ensuite, car il aura appris à se défier des sujets avec lesquels toutes les expériences réussissent invariablement, de quelque façon qu'on opère. Mais comme il lui sera sans doute arrivé, ainsi qu'à nous-même, de voir souvent les faits ne pas répondre à son attente, même dans des expériences recommencées avec les mêmes sujets et dans des circonstances apparemment identiques, peut-être ne lui sera- t-il pas trop difficile d'observer la cinquième règle de notre méthode : Tâcher de conduire les expériences de telle façon que l'opérateur lui-même ne puisse pas prévoir quel en sera le résultat, et n'en soit informé que par l'issue.
Aucun doute ne pouvant plus subsister maintenant, sur la méthode par laquelle il convient, selon nous, de mener toutes les recherches relatives à la force psychique, il est temps d'aborder l'étude d'une des propriétés les plus générales et les plus importantes de cette force, à savoir sa conductibilité.
Au cours de cette étude, nous serons amené à citer nombre d'expériences encore inédites, que nous avons faites nousmême, d'après la méthode dont on vient de lire les prescriptions ; mais nous citerons en même temps d'autres expériences faites par d'autres chercheurs, dans des conditions peut-être moins rigoureuses, mais qui n'en sont pas moins intéressantes à cause de la concordance des résultats.
Si nous passons en revue les différents effets de la force psychique, depuis les plus simples et les plus ordinaires jusqu'aux plus complexes et aux plus exceptionnels, nous pouvons les disposer en une sorte de série dont voici les principaux degrés :
1° Phénomènes d'anesthésie, de contracture, d'attraction, etc ., produits localement dans des régions plus ou moins étendues de l'organisme et souvent accompagnés de sensations diverses, froid, chaleur, picotement, etc.
2° Développement de la suggestibilité du sujet, toutes les fois que l'action de la force psychique a été dirigée sur le cerveau ou qu'elle s'y est propagée.
3° Production des différents états hypnotiques, léthargie, catalepsie, somnambulisme, avec les différents caractères propres à chacun de ces états et en particulier avec celui que les anciens magnétiseurs appelaient « le rapport » et que l'on observe surtout dans le somnambulisme.
4° Extériorisation de la sensibilité (phénomène surtout décrit par M. de Rochas et M. le Dr Paul Joire, de Lille).
5° Phénomène de communication de pensée (throught-transference des Anglais, télépathie, suggestion mentale).
6° Action exercée sur des objets matériels, mouvement», bruits, lévitations, matérialisations, etc. (phénomènes dits spiritiques ou médianiques, habituellement produits par des médiums plus ou moins profondément imbus des croyances spirites) .
Cette énumération serait à peu près complète, si elle contenait les effets thérapeutiques de la force psychique (magnétisme curatif, médecine psychique) et les phénomènes de lucidité ou de double vue, mais nous les avons omis volontairement, d'abord parce qu'à raison de leur très grande complexité, ils se prêtent mal à l'analyse expérimentale et ne peuvent être étudiés que par la voie toujours obscure et incertaine de l'observation, ensuite parce que ce sont aussi ceux sur lesquels nous avons le moins d'informations personnelles et que leurs rapports avec la conductibilité de la force psychique sont encore pour nous indéterminés.
Ces deux ordres d'effets étant réservés, nous croyons pouvoir affirmer que tous les autres sont susceptibles d'être conduits, c'est-à-dire produits à distance au travers de certains intermédiaires, et qu'ainsi la puissance de les produire peut être transmise par ceux qui la possèdent naturellement à ceux qui en sont naturellement dépourvus.
Remarquons tout d'abord que les intermédiaires, par lesquels la force psychique peut être ainsi conduite, sont de deux sortes : les uns sont de simples objets matériels, par exemple un fil métallique de fer ou de cuivre, identique à ceux qui conduisent l'électricité dans le télégraphe ou le téléphone ; les autres sont des êtres vivants, des êtres humains; et c'est surtout ce second genre de conduction (conduction vivante ou organique) que nous étudierons ici, après avoir dit quelques mots du premier (conduction inorganique ou matérielle).
Nous avons raconté ailleurs J comment nous avons été amené à entreprendre une suite d'expériences méthodiques sur Faction de la main dirigée à distance vers diverses parties du corps d'un sujet. Celui sur lequel j'expérimentais alors, Gustave P., présentait cette particularité remarquable, que je n'ai pas retrouvée chez d'autres et que lui-même paraissait avoir perdue quelquesmois plus tard, que ma main droite et ma main gauche produisaient sur lui des effets différents ou même contraire. Présentée vis-à-vis du front à distance et plus ou moins longtemps, ma main droite le plongeait dans des états hypnotiques de plus en plus profonds ; ma main gauche le ramenait par degrés à l'état de veille, en dehors, bien entendu, de toute suggestion directe ou indirecte, les yeux du sujet étant hermétiquement bandés. Présentée dans les mêmes conditions vis-à-vis de quelque partie du corps, ma main droite y déterminait des mouvements attractifs plus ou moins énergiques, ma main gauche des picotements et des tremblements ; les deux mains présentées simultanément, la paume de l'une appuyée sur celle de l'autre, et les doigts dirigés perpendiculairement vers une partie du corps du sujet, ne neutralisaient pas leurs effets (ainsi que je m'y attendais lorsque je fis pour la première fois l'expérience), mais au contraire les combinaient et produisaient ce que le sujet appelait le gâchis, c'est-à-dire à la fois de l'attraction et du picotement.
C'est au cours d'une séance où j'avais pour assistant et pour aide un de mes collègues, M. Louis B..., professeur de physique à l'école Monge, plus tard au lycée Carnot, que j'expérimentai pour la première fois sur la conduction matérielle de la force psychique2.
« Nous prîmes, mon collègue et moi, un fil de cuivre isolé par la gutta-percha, comme ceux qui servent pour les sonneries élee-
4, Voir chap. vu.