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DU MÉCANISME INTELLECTUEL

SIGNES ET GRADATION DE l'iNTELLIGENGE.

Signes de Tintelligence.

Il importe qu*avant tout nous sachions bien reconnaître les opérations de Inintelligence à ses manifestations. Rien n'est plus facile, tout choix, toute division d'une émotion première ayant évidemment pour conséquence la multipHcité et la diversité des émotions. Or, nous constatons les émotions qui nous concernent à nos sensations, et celles des autres à leurs expressions. On reconnaîtra donc les opérations de l'intelligence toutes les fois que, s'observant soi-même, on sera l'objet de sensations multiples et diverses succédant à une impression unique, et toutes les fois qu'observant les autres, on les verra être l'objet euxmêmes d'expressions diverses à la suite d'une seule impression.

La diversité des sensations, tel est donc le signe d'observation personnelle auquel il nous est permis de constater les opérations de Tintelligence ; la diversité des expressions, tel est le signe d^observation objective nous permettant de les reconnaître chez autrui. A ces deux signes, il doit nous être possible de suivre pas à pas les problèmes du mécanisme intellectuel, et tout d'abord d'en observer

Téclosion et la gradation élémentaire dans la série des êtres animés.

L'intelligence dans la cellule.

Toute cellule organique, qu*elle soit animale ou végétale, est un être animé, c'est-à-dire qu'il est lé foyer d'une force intérieure distincte de sa matière, un foyer de force, qu'avec le langage de tout le monde nous pouvons appeler Vâme,

Les expressions de cette force sont d'abord d'ordre exclusivement végétatif et se reconnaissent aux seuls phénomènes de la segmentation et de la multiplication des cellules. Je ne vois pas bien^ dans les descriptions qui sont données de ces phénomènes sous le nom de caryocinèse^ les signes effectifs d'une organisation distributive assimilable à de l'intelligence. Ce sont des phénomènes d'attraction ou de répulsion toujours identiques, rapprochant ou éloignant des parties de cellules. Et, pourtant, je me prends à songer que les mouvements de matière qui se produisent à l'intérieur de la cellule, sont une sorte de sélection, de triage, et partant, en somme, une opération d'intelligence. Gela me paraît surtout évident dans les mouvements très réguliers et typiques qui naissent dans les ovules par le fait de leur fécondation. Il y aurait là le premier indice d'une véritable intelligence interplastidulaire présidant aux rapports entre les unités constituantes ou plastidules de la cellule.

L'intelligence interplastidulaire apparaît avec toute netteté dans les infusoires supérieurs, et voici comment. On sait qu'il est, à côté des protozoaires immobiles, à côté de ceux dans lesquels les forces intérieures provoquent des mouvements localisés au lieu du choc (mouvements irrita-

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tifs du protoplasma), à côté des cellules que les forces entrainenten un mouvement de masse outropisme,àcôté^ enfin, des êtres unicellulaires animés de mouvements spontanés toujours identiques à eux-mêmes; on sait, dis-je, qu'il est des infusoires doués des expressions les plus diverses. Ces animaux vont et viennent en tous sens; on les voit, dans le champ du microscope» avancer , reculer, marcher à gauche et adroite, tàter d'un ohjet et s'y arrêter ou hien s'en éloigner. Tant de manifestations différentes sont la preuve indéniable d'une utilisation varice et partant d'une distribution non moins variée des émotions qui animent ces êtres. Les infusoires supérieurs sont donc, non seulement animés, ainsi que toutes les cellules vivantes, mais encore ils sont doués d'une organisation intellectuelle développée qui assure à la force des emplois divers. Ce n'est point présumer sottement, que d'affirmer l'existence, dans leur intérieur, d'une disposition des plastidules analogue à celle des cellules et des fibres dans le système nerveux des êtres pluricellulaires.

Cette affirmation marque le terme de ce que nous savons, à cette heure, de Tintelligence interplastidulaire, et il est réservé aux investigations microscopiques de l'avenir d'en analyser le mécanisme. Quant à nous, nous ne pouvons qu'effleurer un pareil thème et nous en rapporter à la lumière des faits plus facilement abordables qui appartiennent au domaine des relations intercellulaires.

L'intelligence entre les cellules.

Après les protozoaires unicellulaires, la science décrit, dans les « métazoaires » , des colonies ou associations de cellules groupées en individus. Les plus élémentaires sont dénuées ou presque dénuées de variété dans leurs mani-

L'INTELLIGENCE. t4|

festations expressives, et sont donc certainement très inférieures en intelligence ; puis cette faculté va en progressant, et il est possible d*en marquer pas à pas les étapes. ESlle a^ pour premier point de départ, les différenciations qui ne tardent pas à s*établir entre les cellules suivant leur position dans la colonie et les modifications de structure et de fonctionnement qui en sont la conséquence.

Les premières différenciations cellulaires se résument, au point de vue où nous sommes placés, à trois : i'^ à la surface, les épiihéliaies, exposées aux impressions directes de Textérieur, agents naturels de collection et de transformation des forces externes ; 2» dans la profondeur, les musculaires^ qui, ayant reçu ces impressions du dehors après leur transformation, en élaborent les effets soua forme de mouvement; 3^ enfin, les nerveuses ^ intermédiaires entre les précédentes.

Il faut relire, dans Ranvier (1), les pages remarquables consacrées à ce sujet. C'est d'abord, comme dans Thydre d'eau douce, où elle fut démontrée par Kleinenberg, U différenciation dans un même élément histologique : une partie capable de se mouvoir se sépare des autres, et l'on a une cellule à la fois épithéliale daps une de ses parties, nerveuse dans une autre et motrice enfin. C'est ensuite la, différenciation des trois cellules à noyaux distincts : la cellule épithéliale, la cellule nerveuse et la cellule motrice. Puis c'est la multiplication des cellules intermédiaires que Ton vient d'appeler cellules nervetises, et leur formation en un groupe, le ganglion nerveux. C'est, enfin, la différenciation très élevée qui apparaît avec les mollusques supérieurs et existe chez tous les vertébrés : des parties de ganglions se détachent et s'écartent de leur siège primitif

(1) L. Ranvier, Leçons sur VhUtologie du système nerveux^ 1. 1, p. 10. Savy, éditeur, Paris, 1878.

pour entrer en communication avec d*autres expansions semblables; le système nerveux central est né.

Pour nous qui considérons ici les faits morphologiques au point de vue exclusif de leur application mécanique intellectuelle, nous indiquerions comme suit les faits saillants de cet aperçu.

Nous noterions, en premier lieu, la distinction, une fois faite des cellules épithéliales d'avec les cellules motrices, leur mise en contact sous forme d'arborisation par lesquelles un même courant émotionnel se peut diviser et répartir à plusieurs cellules.

Nous marquerions ensuite l'apparition des premières cellules intermédiaires nerveuses, et, avec elles, Feutrée en jeu des foyet^s intellectuels.

Nous signalerions enfin la formation, parmi ces foyers, de groupements ganglionnaires destinés à relier, par des dérivations, les émotions nées en des points éloignés.

Trois fonctions intellectuelles répondent à cette triple organisation représentant les opérations fondamentales de rintelligence qui font l'objet de cette étude :

1° La distribution ou intellection des courants nerveux suivant leur tension respective et les résistances qu'ils rencontrent ;

2° Leur amplification aux dépens des foyers qu'ils traversent ;

3° Leur dénvation enfin.

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