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PREMIERE CLASSE : LES VALEURS

Déjà connue de Tétude de la couleur par une de ses faces, la sensation élémentaire de valeur obéit à la loi de relation logarithmique qui la relie aux impressions. Cette relation, expliquée au livre de l'Émotion, ne doit pas nous retenir; on traitera exclusivement ici des sensations harmoniques nées du concours des valeurs.

Le concours des yaleurs s*effectue dans les trois moments de rémotion, la puissance, le lieu et Tinstant; trois sortes ou familles de sensations en sont le fruit :

1* Les harmonies de Tintensité ;

2* Les harmonies de Tespace ;

3* Les harmonies du temps.

Famille I : les yaleurs de rintensité.

Intensité est le terme consacré pour désigner les degrés dans la gamme élémentaire de la force, quelle qu*elle soit, que Ton considère. Il s*applique couramment à la force nerveuse. Intensité de Témotion, intensité de la sensation, sont des locutions empruntées au langage courant.

L*organisme animal possède, à des degrés très différents, la faculté d'élaborer les harmonies de cet ordre. Plus que toute autre, la force pesanteur est favorisée. Nous y employons à la fois l'impression du contact à la surface de notre corps, celle que provoque la contraction de nos muscles, et enfin la sensation même de Teffort nerveux employé à cette contraction dans Tacte de soulever ou de supporter. Les relations naturelles des intensités de chaleur, de lumière, de son, d'odeur et de saveur, sont moins favorisées. Nous savons apprécier s*il fait plus ou moins chaud, plus ou moins clair, etc. /tirer, en d'autres termes, de nos impressions des harmonies immédiates, mais nous manquons des moyens physiologiques propres à élaborer ces résultats en des harmonies plus lointaines. L'instrumentation et le calcul y savent suppléer.

Genre 1 (unùés) : les quantités. — L'unité harmonique d'intensité a nom la quantité.

On délimite une quantité directement en l'isolant par

des indications suffisantes. Ainsi, une pomme, un sac de pommes, sont des unités.

Le gramme est T uni té habituelle des quantités de poids; on sait comment il est déterminé, c'est lui qui sert de base ou de point de comparaison pour toutes les autres.

Genre 2 [teintes) : les nombres. — Les harmonies nées du concours des quantités sont représentées d'une façon approximative par les adjectifs minime, faible, fort, énorme, etc., et parles adverbes peu, beaucoup, etc., dans lesquels on peut déjà reconnaître les ébauches des teintes de rintensité. En réalité, celles-ci sont plus précises. Nous les reconnaissons dans les nombres ou teintes proprement dites dans la famille des valeurs de l'intensité.

Harmonie représentant, par une sensation effective, les rapports des quantités, comme une teinte de couleur représente effectivement le rapport des hauteurs visuelles, le nombre est donc une teinte ou une mesure d'intensité, La preuve en est dans les observations pédagogiques de la première enfance r veut-on faire connaître les nombres à l'enfant*, on ne peut autrement que de lui en faire sentir les applications sous la forme de quantités répétées. La preuve en est aussi dans cette simple constatation : apparemment appHqué hors le domaine des quantités à des longueurs ou à des temps, le nombre comprend néanmoins, et quoi qu on fasse, un élément fondamental sousentendu de l'ordre des quantités. Une ou plusieurs longueurs sont toujours la longueur de quelque chose ; le mètre est une longueur du globe terrestre, le jour est une durée de rotation de la terre, et ainsi de suite en toutes circonstances.

Mais, et ici je demande que Ton suive attentivement l'ordre des faits, mais Thomme apprend de l'expérience et de rinstruction à distinguer les notions à^unité et àeplu-

raliié d'aTec l'objet qui les provoque. En langage plus précis^ cela signifie qu'il apprend à isoler la sensation harmonique d'avec les sensations élémentaires. Yoici comment cela se passe généralement :

On présente à Tenfant un, deux, trois fruits, en lui faisant entendre les locutions un, deux, trois; on lui présente ensuite d'autres objets, et l'on répète les mêmes locutions ; puis on le frappe autant de fois et Ton répète encore ; et ainsi de suite. A la fin, l'enfant, qui a rencontré le même rapport attaché au même son dans les circonstances les plus diverses, a appris à le connaître. Il perçoit la sensation harmonique pour elle-même, indépendamment des émotions élémentaires qui la produisent, et n'en continuent pas moins à gagner, chacune pour leur compte^ le domaine de la connaissance. L'enfant a appris, en d'autres termes, à sentir à part l'harmonie mathématique du nombre^ à l'abstraire, en un mot.

C'est avec ces réserves et en expliquant en quoi consiste l'abstraction, que nous pouvons nous rallier à la formule de Newton, qui définit le nombre : « Le rapport abstrait d'une quantité à une autre quantité de même espèce. »

En fait, le nombre n'est donc jamais abstrait dans le sens qu'on attribue à ce mot lorsqu'on l'oppose à « concret». Etant une harmonie, il est une émotion, c'està-dire un phénomène bien certainement concret. On l'appelle aussi un rapport « mathématique », et j'aime mieux cette définition, le mot [xiOiQfjia signifiant chose pensée (du radical man, penser, ou math, agiter). Le nombre étant une harmonie, est en effet un phénomène ou mouvement de pensée pure évoluant en dehors du contact immédiat des impressions qui lui ont donné naissance.

Genre 3 {nuances) : les expressions mathématiques. — Fixées par des images auditives et aussi visuelles ou tacti-

les, les harmonies mathématiques élémentaires de nombre deviennent elles-mêmes Tobjet d*opérations harmoniques appelées calcul^ et plus précisément calcul mathématiqite ou de pure cogitation.

On appelle sommes les harmonies nées de la répétition de quantités similaires, et différences celles de quantités contraires. Ce sont les similitudes et les contrastes des quantités. L*opération qui procède aux premières a nom V addition; celle qui préside aux différences a nom la soustraction. Habilement combinées, ces deux opérations aboutissent aux admirables développements purement mathématiques qui sont les nuances des nombres et constituent la science mathématique. Leurs groupements représentent des harmonies complexes embrassées sous le nom commun à^ expressions mathématiques.

Famille II : les valeurs de Tespace.

Espace est le terme commun sous lequel sont comprises toutes les notions harmoniques de lieu.

Deux émotions quelconques frappant en des lieux différents la surface de notre corps produisent une harmonie de cet ordre. Mais Torganisation en est très diversement perfectionnée suivant les impressions que Ton considère.

Dans Tordre des impressions mécaniques, tandis que le sens de l'ouïe permet à peine de distinguer la direction et la distance des lieux d'où les sons émanent, le sens du toucher est au contraire remarquablement développé à ce point de vue. Il est à son apogée dans la main, organe remarquable, et par sa richesse en cellules nerveuses terminales et par son extrême mobilité. Tantôt saillante, tantôt creuse, digitée à volonté ou serrée en masse, faite d'éléments opposables, opposable tout entière, portée enfm

des limitations de trois ordres : la ligne, la surface et le volume. Il est, par conséquent, des unités dans ces trois catégories. La notion de longueur convenablement applilée sert à leur détermination.

On sait que le mètre est Tunité accréditée de longueur Ton sait aussi comment toutes les autres lui sont rap- ►rtées.

Genre 2 [teintes) : les formes. — Des harmonies supé-

ires naissent de la combinaison des longueurs dans les

les, les surfaces et les volumes. On les appelle des

xes. Peut-être se souvient-on encore des exemples très

lies par lesquels ont été démontrés sans peine (p. 14)

iccords de tierce, quarte, quinte, et leurs dérivés en

id nombre représentant des formes fondamentales, des

\es composées, des styles, enfin, qui sont comme les

tes simples et composées de la forme. « Une ligne toute

n'a pas de signification, il en faut une seconde pour

lonner de l'expression. Grande loi. Exemple : dans les

»rds de la musique, une note n'a pas d'expression, deux

semble font un tout, exprimant une idée. » (Eug. Dela-

lix.)

Genre 3 [nuances) : les conformations. — Des harmofies complexes naissent de la combinaison des formes : relief et la symétrie. Nous les avons étudiées (p. 22) sous le nom de conformations^ un terme qui mérite d'être maintenu, et dont je n'ai pas à expliquer à nouveau le développement. Je rappelle qu'il a été facile d'y retrouver lies jeux réflexes des contrastes exactement comme dans les nuances proprement dites de la couleur. Les simiiiides n*y sont pas moins aisées à rencontrer.

Famille III : les yalenrs du temps.

Temps est le terme universel qui sert à désigner les rapports ou harmonies des instants.

Les sens sont très diversement organisés pour l'élaboration des harmonies de cet ordre.

D'une manière générale, tous les sens chimiques y sont fort peu appropriés. On en connaît à peine dans les saveurs et les odeurs; dans les couleurs, il n'est question que des successions lentes telles qu*en offre la nature aux levers et couchers du soleil, ou telles qu'on a tenté d'en obtenir dans les fontaines lumineuses. Aussitôt que Ton a recours à des changements plus rapides, on n^obtient que la fusion des émotions en une sensation unique.

La cause de cette infériorité du sens chimique est dans rinévi table durée de la réaction* moléculaire qui sert d'intermédiaire entre Timpression et le courant nerveux. Cette durée empêche les limitations franches et rapides du temps, les brusqueries de l'impression, qui sont la condition indispensable de ce genre d'harmonies.

Les sens tactiles sont, en revanche, très aptes aux distinctions et aux harmonies de temps. Ici nulle réaction chimique ne paraît s'interposer entre le toucher provocateur de rémotion et la naissance du courant qui en est le résultat (voir p. âtO à 212). Le facteur intermédiaire chimique faisant défaut, il en résulte une plus exacte limitation des temps et la possibilité pour des chocs successifs de donner lieu à autant d'oscillations électriques nerveuses exactement parallèles.

On parle, et ce sont là des harmonies tactiles de l'ordre des temps, des caresses voluptueuses du velours et des âpres rugosités de la laine. Tout le monde connaît les sub-

tîlités harmoniques du toucher huccal : le corps des vins, le Telouté du potage, le grenu de certains aliments, autant d'harmonies qui représentent les successions plus ou moins rapprochées d'un même contact.

Le perfectionnement ultime des harmonies de temps est obtenu par le sens tactile de Touïe, ou deux circonstances «n viennent favoriser le jeu. G*est,d*une part, Tadmirable appareil de transmission des sons parle tympan, les osse» lets et le clavier terminal appelé organe de Corti, C'est, d'autre part, la disposition de la rétine auditive suivant une ligne tendue en profondeur le long de la rampe du limaçon. Cette disposition donne aux divers sons des longueurs différentes à parcourir pour atteindre le lieu de rimpression ; elle entraîne nécessairement des différences dans la durée des transmissions qui doivent faciliter le fonctionnement et la Umitalion des temps.

Ces diverses dispositions font de Toreille Torgane par excellence des harmonies de temps; elles la rendent au contraire très impropre aux appréciations de l'espace pour lequel un grand développement en surface était nécessaire. Il en est résulté cette différence essentielle entre la vue et l'ouïe, deux sens également développés, mais en directions inverses : l'un, l'ouïe, est l'apanage suprême des harmonies de temps ; l'autre, la vue, celui des harmonies de lieu.

Genre i {unités) : les durées. — L'instant représentant le moment du temps où s'opère, dans le foyer de la connaissance, le changement de tension qui est le propre de l'émotion, on dit de la durée qu'elle est l'intervalle entre deux instants consécutifs. Psychologiquement, nulle émotion harmonique ne saurait naître de deux moments sans contact; la durée, harmonie élémentaire, limitation ou unité dans le temps, ne représente donc pas une émotion

née du concours des deux émotions qui marquent ses limites^ mais bien Tensemble des émotions survenues dans cet intervalle. Une durée est, par exemple, relative à Tannée, au jour ou aux fractions déterminées de jour que Ton appelle heuregy minutes, secondes, et qui sont les temps courants estimés au mouvement delà terre même qui nous supporte, c'est-à-dire à notre propre mouvement autour du soleil.

Notons bien^ cependant, qu'il n'est pas, en réalité, d'émotion durable^ si l'on attache à ce terme l'idée de continuité. On a démontré, en effet, que Témotion est, en ellemême, essentiellement passagère, et il suffit, pour le rappeler, de redire la définition de l'émotion qui est un changement d'état. Il ne peut donc être question de durée que dans le sens d'une succession rapprochée d'émotions répondant, par exemple, aux vibrations sonores qui, elles aussi, se succèdent et ne sont pas continues.

Les durées prennent^ dans le langage harmonique musical, le nom de mouvement. Gela provient du fait qu'elles sont marquées, dans les exécutions musicales, par les mouvements de l'artiste exécutant ou dirigeant, et plus essentiellement du fait que le temps est, par lui-même, une entité mobile.

Mesure, temps et valeur, sont les noms donnés par les musiciens aux unités de durée qu'ils emploient. La mesure musicale est l'unité par excellence ; sa durée est déterminée d'une façon toute générale par les indications vagues : Im^go, adagio j andante, allegretto et allegro. Le temps musical est une unité fractionnaire de la mesure que l'on divise en deux^ trois, quatre^ six, huit et douze parties ou temps. Les valeurs musicales sont, enfin, les unités divisionnaires de la précédente. On distingue la valeur ronde représentant le temps entier, la blanche ou demi-temps.

la croche ou huitième, la double croche ou seizième, la triple croche ou trente-deuxième, la quadruple croche ou soixante-quatrième, la quintuple croche, enfin, ou cent yingt-huitième partie du temps. Représentant des silences, ces valeurs sont appelées : pause^ demi-pause, quart de pause ou soupir, etc.

Genre 2 (teintes) : les rythmes. — Les combinaisons des valeurs dans le temps et celles des temps dans la me* sure, représentent les accords ou teintes du mouvement, et sont les analogues des formes de l'espace. Il y en a de simples et de composées, exactement comme il y a, encou» leur, des teintes simples ou fondamentales et des teintes composées ou dérivées.

Songez, en effet, à toutes les manières possibles par lesquelles se peuvent juxtaposer, dans une même mesure de deux, trois, quatre et jusqu'à douze temps, les fractions de temps, 1/2, J/4, J/8, i/16, 1/32, 4/64, 1/128. Gela représente une variété de combinaisons très grandes oi tout à fait analogues aux rapports de tierce, quarte, quinte^ et à leurs dérivés que Ton retrouve dans toutes les sortes de relations harmoniques. La musique réussit à multiplier encore cette variété par les combinaisons de triolet et de sextolety où trois unités fractionnées occupent la va? leur de deux, et six la valeur de quatre.

Elle l'augmente aussi par cette combinaison qu'on appelle la syncope et qui est le chevauchement de deux mesures par l'intermédiaire d'une valeur appartenant à toutejsi deux.

11 doit être facile de reconnaître, dans ces combinaisons, des mouvements complémentaires dont l'association par deux représente l'équilibre et caractérise le mouvement d'une musique comme la composition du blanc caractérise la palette d*une peinture. Il existe donc un blanc de mouvement ^homologue du blanc de couleur et du blanc de hauteur musicale, que nous apprendrons bientôt à connaître.

Genre 3 {ntsances) : les figurations rythmiques. — Une succession de mesures musicales unies en un tout harmonique parle fait de leur groupement et par Tinteryention accessoire des harmonies de hauteur représentant une mélodie (voir chap. suivant), on SLppeWe figuration rythmique la combinaison de deux ou plusieurs mélodies simultanément frappées. Les harmonies complexes qui en résultent naissent du conflit des rythmes comme les nuances de couleur du conflit des teintes de cette sensation. Elles obéissent aux mêmes lois d'équilibration expliquant les contrastes simultanés et successifs des mouve* ments comme de la couleur.

On appelle « figuration par le contrepoint » ou contrepoint, Tassociation à une mélodie fondamentale d'une ou plusieurs autres mélodies évoluant dans les limites de son mouvement.

On appelle a figuration fuguée » ou fugue^ Tharmonie de deux ou plusieurs voix chantant la même mélodie commencée à des moments diflerents. Le canon en est le type élémentaire.

Gradation des valeurs.

Gradation progressive, — Le progrès harmonique de Tordre des valeurs peut être suivi pas à pas dans les espèces animales.

On sait que la quantité est connue très certainement de beaucoup d'animaux, et pour le prouver, je n*ai qu'à rappeler les approvisionnements des fourmis, des abeilles et autres. Quant au nombre, on sait les expériences faites sur des oiseaux, des pies, si j'ai bonne souvenance, arrivées à compter Irdis chasseurs cachés dans un affût, mais n'allant pas au delà. Cet exemple est le plus remarquable d'une numération improvisée par un animal à l'état sauvage (1). L'homme, au contraire, a obtenu progressivement une extrême perfection dans ce domaine, consignée dans l'histoire de la physique et des mathématiques.

Les longueurs sont connues des animaux^ et cela est prouvé par l'appréciation souvent très exacte qu'ils font des distances dans la préhension ou la marche et le saut. Les harmonies de forme apparaissent dans la régularité architecturale de leurs constructions diverses (oiseaux, insectes, castors, etc.). Quant à Thomme, on sait que le sens des formes est allé, chez lui, se développant dans chacune des étapes de la civilisation. L'ornementation grecque a mis en jeu des harmonies plus complexes que l'ornementation des Égyptiens et des Assyriens ; l'architecture romane en ses voûtes et coupoles, la gothique en ses dentelles de clochetons et de rosaces, ont trouvé des nuances harmoniques méconnues des Grecs, et il en est de même dans le meuble dont les courbes gracieuses sont de date relativement récente.

Les durées et mouvements sont, enfin, connus des animaux. J'en vois une preuve éclatante dans leurs expressions vocales, depuis le rythme du grillon jusqu'aux

(1) G. Leroy (?). D'antres exemples sont cités par J. Lubbock {Sens et Instincts des animaux). Je les trouve beaucoup moins intéressants,, parce qu'ils concernent les résultats d'une éducation artificielle par l'homme.

nuances mélodiques des oiseaux. Uhomme a été plus loin dans les combinaisons remarquables de la parole, du cbant et de la musique instrumentale.

Dégradation, — L*histoire des déchéances individuelles dans Tordre des sensations harmoniques de valeur, emplit la pathologie mentale où elle est connue sous le nom gênérique d'aphasie. La parole parlée ou écrite étant le moyen essentiel par lequel les hommes se renseignent mutuellement sur le fonctionnement de leurs pensées, c'est en elle que se manifestent tout naturellement, de la façon la plus distincte, les troubles et lacunes concernant le domaine des harmonies; de là le nom d*apkasie.

Deux grandes catégories doivent être distinguées : 1® les obnubilalions; 2° les suppressions.

Aux obnubilations appartiennent tous les troubles provoqués par le mal-fonctionnement des harmonies élémentaires ou étages inférieurs de l'intelligence.

Aux suppressions appartiennent, en revanche, les lacunes de la connaissance qui accompagnent les destructions du plan supérieur ou de Técorce cérébrale. Nous en avons observé un exemple frappant concernant les harmonies de la forme : un homme qui voit les traits les plus fins des caractères d'imprimerie, incapable de les harmoniser pour en faire des lettres. D'autres exemples pourraient être relevés concernant les quantités et nombres : des sujets lisant les chiffres, les nommant isolément, mais incapables d'en saisir l'harmonie de dizaine, de centaine ou plus élevée. Des exemples encore sont à trouver concernant les harmonies du temps dans la disparition du sens mélodique, du rythme ou même de la simple durée : aujourd'hui, hier, demain, etc.

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