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GENÈSE DES 0U£13RS

Mécanisme fondamental.

Organisation, — L'appareil auditif des écrevisses présente les premiers indices connus d'une organisation propre à différencier les impressions acoustiques de hauteurs différentes. Cette organisation consiste, d'après Hensen (1)^ en un développement très inégal des cils terminaux de la cellule épithéliale auditive. Il en résulte que certains cils résonnent seuls à certaines vibrations et d'autres à d'autres vibrations, ainsi quei l'on a pu s*en assurer par l'expérience. Mais ce n'est là qu'un rudiment et nous avons hâte d'en venir à l'organisation parfaite des animaux supérieurs.

Le type achevé de l'organisation acoustique réside dans un appareil remarquable placé dans l'oreille, à Tinlérieur de l'excavation osseuse appelée le limaçon. Imaginez un cône creux, plein de liquide et enroulé en spirale ; partagez ce cône, suivant la hauteur, par une lame allant du milieu de la base jusque tout près de l'extrémité^ vous aurez le limaçon et son organe essentiel, la lame acoustique du limaçon ou 7*étine cochléatre : une lame allongée, tendue sur le milieu du tunnel et atteignant presque jusqu'à son sommet.

La rétine cochléaire présente à étudier : i*^ une partie résonnante, la membrane basilaire avec ses annexes ; 2^ un

(1) Hensen, Studien ùbei' das Gehoerorgan der Decapoden (ZeiUckr. f. wiss. ZooLy 1865).

ses PSYCHOLOGIE INDIVIDDELLE.

épithélium ou organe de traasformatioa du son en coursai neireui ; 3* enfin, des terminaisons nerveuses.

Partie rétonnante : La membrane basilatre est de structure fibrillaire. Les fibres dont elle se compose sont rariées de longueur et d'épaisseur.

Sur elle sont dressés une série de dii mille arceaux, teti orgattet de Corti, formés de deux piliers écartés à leur base, rapprochés et articulés par le sommet, formant en-

Fig. ii — Rtlmn socUléiire et orgine ds Corli (d'après lUaint).

semble une longue arcade voûtée qui va de l'orifice à l'extrémité du limaçon.

Une mince et délicate membrane, la membranule réticulatVe.émane perpendiculairement des piliers de Corti pour aller recouvrir les cellules épithéliales. Elle a la structure d'un réseau à mailles annulaires dont les vides sont remplis par une presque imperceptible pellicule,

Êpithilium : L'épilhélium sensoriel est représenté par de grandes cellules ovataires, séparées les unes des autres et soutenues par les cellules dites de soutènement; leurs

extrémités libres sont ciliées et correspondent chacune à l'espace d'une maille de la réticulaire. Leur extrémité profonde est en contact avec les terminaisons nerveuses. Il y en a trois en dehors des piliers de Corti et une en dedans. Communément rangées au nombre des cellules nerveuses, les cellules ciliées peuvent être considérées comme appartenant à Tépithélium par leur fonction qui est bien évidemment de transformer, comme il sera exposé tout à rheure, le mouvement vibratoire en courant nerveux.

Terminaisons nervemes : Nous considérons comme telles les formations fibrillaires qui constituent, dans les interstices des cellules de soutènement, le plexus spiral de Elanvier(l). Elles ont leur corps cellulaire et leur noyau dans les cellules nerveuses, annexées au nerf cochléaire et groupées sous le nom de ganglion spinal. Ces cellules sont les homologues des cônes et bâtonnets de la rétine. Les homologues des grains de la rétine et ceux des grandes cellules multipolaires sont à chercher dans le cervelet où nous savons qu'il existe en abondance des uns et des autres.

Fonctionnement* — Voyons maintenant ce qui a lieu quand un son vient à frapper Toreille : 1^ il transmet ses vibrations au liquide du limaçon et, par lui, à la membrane basilaire ; 2^ les diverses parties de celles-ci résonnent chacune pour un son donné, en raison de Tépaisseur et de la longueur des fibres dont elle est composée en ce point ; 3® elles communiquent leur mouvement aux piliers et, par eux, aux anneaux ou mailles de la réticulaire qu'ils animent d'un mouvement de va-et-vient ; 4° enfin, par l'intermédiaire de la pellicule tendue dans les mailles de

(1) Ranvier, Traité technique dt histologie^ p. 1016.

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celle-ci, un frollement est exercé sur les cils de la cellule épithéliale sensorielle.

Remarquons lobliquilé des piliers de Gorti et leur articulation, disposées de façon à transformer en oscillations latérales les vibrations perpendiculaires de la membrane basilaire.

Remarquons encore que deux tentes, la tecloria et la membrane de JReissner (nous n'avons pu la figurer), surmontent tout le système et le protègent contre les vibrations autres que celles de la membrane basilaire.

Cette disposition remarquable a pour résultat la sélection des vibrations sonores et leur transmission isolée à autant de cellules nerveuses différentes.

Il reste maintenant à chercher l'explication du mécanisme par lequel le frottement communiqué aux cellules terminales donne naissance au courant électrique nerveux. La question se confond avec le problème de la transformation électrique du mouvement traitée antérieurement à propos de la théorie du toucher au chapitre de l'émotion (p. 210).

Diverses hypothèses ont été émises. Il suffit de rappeler la principale. On a cru pouvoir rapprocher les transformations nerveuses du mouvement de celles de la chaleur dans les piles thermoélectriques en assimilant l'inégale compression de milieux hétérogènes à l'inégal échaufifement de ces mêmes milieux. Un exemple frappant de cette transformation mérite d'être remémoré, c'est celui de l'expérience de Ranvier montrant les décharges provoquées dans les poissons électriques par le plus subtil attouchement de leurs cellules nerveuses cérébrales.

Mécanisme d'accommodation.

Si nombreux que soient les piliers de Gorii dont on compte, disions-nous, dix mille, si nombreuses aussi que soient les mailles de la réticulaire et les cellules ciliées elles-mêmes, il n'en semble pas moins impossible qu'ils

Adduction Accommodation Impression

CD

Rampe veslibulaire

Limaçon

Lame acoustique Rampe tympamque

Fig. 24. — Schéma de l'oreille.

puissent expliquer les trente ou quarante mille hauteurs différentes que Ton a distinguées dans les sons, ni surtout les variétés presque infinies qu'apporte aux instruments, €t par eux à l'audition, l'accord sur tel ou tel diapason. Il existe pour l'expliquer un appareil musculaire d'accommodation par lequel la membrane basiiaire peut être à

37t PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE.

volonté comprimée ou relâchée, ce qui équivaut, me semble-t-il, à un mécanisme de tension et de détente. Voici en quoi consiste ce mécanisme.

On connaît la disposition qui place le limaçon immédiatement en contact avec une sorte de tambour, appelé Voreilte moyenne^ caisse pleine d'air, obturée extérieurement par la membrane du tympan et intérieurement par les fenêtres membraneuses de l'oreille interne. L*une de ces dernières, la fenêtre o?;ile, est reliée au tympan par une chaîne d'osselets articulés entre eux et actionnés par deux muscles antagonistes. G*est là le mécanisme accommodateur.

Des deux muscles antagonistes qui agissent sur les osselets, Tun est le muscle du marteau, l'autre le muscle de rétrier. Le premier attire en dedans et tend la membrane tympanique ; en même temps et par Tintermédiaire de la chaîne des osselets, il refoule la fenêtre ovale et comprime le contenu du limaçon. Le second attire en dehors la fenêtre ovale, détend le contenu du limaçon et, par la chaîne des osselets, repousse en dehors et détend également le tympan externe.

Des deux muscles, l'un, celui du marteau, est donc l'organe tenseur du système; l'autre, celui de Fétrier, en est Torgane relaxeur. Tous deux combinés représentent le muscle accommodateur de Toreille.

Construisez en imagination un piano dont toutes les cordes pourraient être proportionnellement et simultanément tendues ou détendues par quelque pédale accessoire. Il en résulterait pour l'instrument la faculté de s'accommoder instantanément au la de tous les diapasons, au lieu d'imposer le sien à l'orchestre. Notre appareil accommodateur acoustique représente un instrument semblable ayant beaucoup plus de notes que lui, et» richesse

extrême, s'accommodant instantanément à tous les diapasons.

L'accommodation auriculaire est un réflexe de l'excitation acoustique exactement comme l'adaptation de l'œil aux distances, par l'intermédiaire du cristallin, est un réflexe de l'excitation visuelle. L'analogie est du reste frappante entre les deux sortes d'accommodation. L'accommodation oculaire assure la mise au point du système, de façon que, projetés sur la rétine^ les rayons lumineux reproduisent de façon fidèle et nette l'image des objets. L'accommodation auriculaire assure aussi la mise au point du système et lui permet de reproduire de façon fidèle et précise les groupements ou successions des sons^ tels que les produit la nature extérieure.

HARMONIES DES OUEURS.

Genre 1 (unités) : échelle des hauteurs.

Les hauteurs musicales croissent et décroissent en raison directe du nombre de vibrations des sons qui les provoquent. Le parallélisme est entier entre les deux phénomènes, fait déjà signalé et expliqué par l'absence de l'intermédiaire chimique de transformation (p. 21 i). Il permet de substituer, en toutes circonstances, aux hauteurs effectives de courant nerveux appréciables par la seule sensation, la mesure objective du nombre de vibrations, singulière facilité donnée à cette étude.

La pratique de la musique a fait choisir pour la mesure des hauteurs, une échelle spéciale conforme aux facilités de l'harmonie : Téchelle dite des hauteurs musi-

cales. Elle est déterminée par la relation des notes avec Tune d'elles serrant de point de départ ; deux principes lui ser?ent de guide : le principe des divisions octayiennes et celui des di?isions intercalaires.

Divisions octaviennes. — Une progression géométrique du nombre des vibrations de raison =: 2, fait Téchelle des octaves comprenant douze termes à partir du minimum sensible de seize vibrations. Yoici cette échelle :

Vibrations. 16.32.64.128.256.512.1024.2048 4096.8192.16384.32768.65536 OcUtm..,. I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII

Le nom à^octave provient de la division qui en est faite ensuite en huit notes.

Divisions intercalaires. — La tradition et l'usage commandés par les nécessités pratiques de rinstrumentation musicale et le charme de solutions harmoniques plus variées et plus imprévues ont fait fractionner les intervalles d'octaves^ non plus suivant le principe de la progression géométrique, mais d'après la progression suivante, qui représente les notes dans chaque gamme musicale divisionnaire.

Do Ré Mi Fa Sol La Si Do

Octave Seconde. Tierce. Quarte. Quinte. Sixte. Septième. Octave inférieure. supérieare.

Entre lesquelles sont les relations suivantes :

9/8 iO/9 16/15 9/8 10/9 9/8 16/15

•o «a «o ns «o ns 79

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