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ËTUDIÉË DANS LA COULEUR

PROLEGOMENES.

Gonleurs-radiations et couleur-sensation : x^^\*-^ et yi^ôoL,

Le mot couleur est employé dans deux acceptions différentes :

L'une, de physique externe, concerne Jes radiations lumineuses, ou espèces différentes de lumière que le prisme parvient à dissocier dans Jes foyers lumineux. Les physiciens les désignent de trois manières : 1^ par la longueur d'onde de chaque radiation supposée appartenir à un système déterminé d'ondulations ; 2^ par la position de chaque radiation dans le spectre solaire relativement aux raies noires que Ton y dislingue toujours à la même place et que Ton sait être dues à l'absorption de la lumière par la vapeur dont est entouré notre astre lumineux; 3° par les sensations les plus marquantes qui nous les font connaître. Le tableau suivant est le relevé comparatif de ces diverses désignations.

Longueur d'onde (\), 7 6 5,5 5 4,5 4

Raies spectrales |AB| C | D | E | F | G |

Sensations Rouge. Orangé. Jaune. Vert. Bleu. Violet.

L*autre acception du mot couleur est de physique interne ou psychologique. Elle est Teffet des radiations lumineuses sur notre pensée ou « les sensations lumineuses», un phénomène absolument distinct du précédent et qui est loin de concorder d*une façon constante avec les indications sommaires du physicien relevées dans le tableau ci-dessus.

G*est à tort, en effet, que Ton vit couramment dans la persuasion d'une concordance exacte entre ces deux ordres de phénomènes. On croit que les rayons appelés bleus par le physicien sont ceux que nous devons toujours voir de cette couleur, et ainsi des autres. Rien n^est si peu vrai. Je n'en veux, à celte place, citer qu'une preuve. Prenez un objet quelconque et faites-le représenter en peinture ; le peintre le rendra indifféremment vrai avec des couleurs très différentes suivant qu'il l'aura « enlevé >» sur un fond d'une ou d'autre teinte. C'est dire que le même objet éclairé par le même soleil pourra éveiller des sensations fort différentes ; en d'autres termes, qu'une même lumière peut se présenter sous des apparences divei*ses.

Deux notions d'ordres différents sont donc comprises sous le nom de couleur : l'une de physique externe, concernant les radiations lumineuses; l'autre, de physique interne ou psychologique, concernant les effets de celles-ci sur notre pensée ou les sensations lumineuses.

Pour bien marquer la différence entre les couleurssensations et les couleurs-radiations, il serait utile d'user de termes distincts pour les désigner, et Ton ne peut s'em-

(1) Exprimée en dixièmes de millionième de millimètre.

pêcher d'approuver les physiciens de laisser à la pffcbflK logie le vieux langage pour se contenter des dénorninatîoiit de leur domaine empruntées aux raies du spectre ei à la longueur d'onde. Nous les suivrons en ceci d'une façon systématique et réserverons formellement le mot couieur à la psychologie pour lui substituer, en physique, le néologisme chromicitê. Les phénomènes de chromicité toot qualifiés couramment chromatiques et chromiques^ "PP^ lations qui méritent d'être conservées et nettem«nt consacrées. Je propose d'affecter aux phénomènes coBeermuit la sensation de couleur la qualification chrotque^ àm grec Xpo^, qui exprime l'apparence de la couleur i^le teint) ci désigne, par conséquent, son acception psychologique, par opposition à XP^H''^ 0^ teinte), plutôt appliqué â fat matière colorante et accaparé, avec juste raison, par la chiniie et la physique.

Définition psychologicpie de la coolenr.

Pour nous, qui ne considérons que le problème psychologique, il est bien entendu que l'appellation couleur r^ être employée dans le seul sens psychologique et désigner le jeu interne ou de la sensation lumineuse,, toal comme les mots saveur, odeur, chaleur, bruit, tMtcher (pourquoi ^àsoueur et toucheur?) désignent les sensailioBs qui leur correspondent.

Toute sensation de lumière est donc de la couleur. Nous ne connaissons pas d'impression lumineuse incolore,, pas plus qu'une odeur inodore ou une saveur insipide.

Les artistes tiennent le même langage que nous : peintres, ils parlent couramment de dessins coloré», qui, cependant, ne sont pas coloriés, mais faits de noir et ie blanc habilement ménagés ; sculpteurs, et réfractaives

aux lois de la polychromie, ils disent néaDmoins faire de la couleur Tohjet principal de leurs efforts par la seule disposition de saillies et de retraits où la lumière joue en provoquant alternativement des clairs et des ombres profondes ou portées ; architectes, ils étudient dans le même sens la couleur des monuments. Gela revient à dire que les artistes appellent couleur toutes les apparences ou sensations lumineuses, consonances ou dissonances, harmonies ou contrastes, qu'elles soient ou non teintées des couleurs de Tarc-en-ciel. Si les artistes, qui sont les vrais coloristes, pratiquants et savants de la sensation de couleur, parlent de la sorte, c'est qu'ils pensent de même et qu'ils connaissent, en réalité, une science de la couleur différente de celle des traités de physique : une science de sensation ou psychologique, celle-là même que nous poursui\ons.

Division da sujet.

Cette étude s'est attachée d'abord à déterminer et à classer les sensations de couleur.

Elle en poursuit ensuite l'explication mécanique intime qui est la théorie de la vision.

Elle en expose enfin la gradation, c'est-à-dire la croissance et les déchéances (1).

Trois livres se partagent donc cette partie d'ouvrage :

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