Dr Povarnine. Thèse (en russe), Saint-Pétersbourg, 190G
nature de l'organe récepteur, mais se montre strictement limité pour chaque organe. Par exemple, pour les impressions visuelles on a trouvé que les données les plus élémentaires, telles que le sont de simples points noirs, peuvent être retenues au nombre de 3 à 6 au maximum. Ensuite, plus l'objet est complexe, plus on voit ce nombre diminuer et le champ de l'impression se rétrécir. Dans les cas où l'objet dépasse les limites de la moyenne, les impressions cessent d'être simultanées pour devenir consécutives et — les expériences de Povarnine l'ont prouvé — quelque brève que soit l'exposition, ceci est toujours possible. En ce qui concerne les différences individuelles, les expériences en question ont permis de distinguer trois types principaux : 1° Chez les uns, le tableau de points s'imprègne tout en bloc. Dans ces cas-là l'impression s'accompagne toujours du processus d'identification. Ce mode d'impression ne se rencontre que là où le nombre des points ne dépasse pas 5. 2° Chez d'autres, les points forment des constellations, se rapprochant de figures connues : angles, courbes, etc., c'est-à-dire, se fondant avec les traces des impressions visuelles précédemment établies. Autrement dit, le tableau de points s'imprègne comme un ensemble de groupes. Ceci se produit le plus souvent lorsque cet ensemble forme un dessin ou lorsque les points sont disposés d'une manière très dense. 3° Enfin, dans le troisième cas, lorsque le nombre de points est plus grand que 10, c'est-à-dire dépasse de beaucoup l'étendue de l'impression, les points s'imprègnent comme une masse plus ou moins confuse où ne ressortent que 2 .ou 3 unités parmi les plus nettes L. A un autre point de vue l'impression peut être considérée
4. En ce qui concerne les erreurs, les mêmes expériences ont permis de distinguer les cas suivants : 1) certains points s'imprègnent d'une manière plus confuse ; 2) les contours de l'ensemble sont peu indiqués, comme recouverts d'un voile ou d'une gaze; 3) une partie des points ressort nettement, tandis que d'autres semblent amoindris, rapprochés et presque confondus ; 4) une partie des points s'imprègne sous forme de taches grises sur un fond grisâtre ; 5) une partie des points prend la forme d'une tache grise de contours incertains ; 6) une partie ou une autre de l'ensemble s'imprègne d'une manière incertaine ; 7) une partie de l'ensemble ou même le tout fait défaut.
comme un phénomène simple ou complexe; simple, lorsqu'elle provient d'une excitation tout à fait homogène, complexe, lorsqu'elle naît de plusieurs excitations à la fois.
Cette différence se manifeste nettement dans la réaction qui, dans un cas, est simple et, dans l'autre, comprend plusieurs effets simultanés. Ainsi, l'impression d'une couleur blanche, rouge ou bleue, doit être reconnue pour simple, caria réaction qu'elle produit ne comprend qu'un seul mouvement pupillaire, tandis que la perception d'un objet diversement coloré produit tout un ensemble de mouvements, comprenant l'adaptation de l'œil, la migration du regard sur la surface, etc., etc. Pour les mêmes raisons, l'impression d'un son isolé doit être jugée simple et l'impression que produit un orchestre, naturellement complexe.
L'expérience nous apprend qu'une impression qui n'est pas simple peut être décomposée en ses parties constitutives. Ainsi, par exemple, les expériences faites avec l'établissement du réflexe salivaire sur la production d'un accord musical montrent que chaque partie de cet accord produit chez le chien un réflexe partiel et que plus la sonorité de cette partie est vive, plus la sécrétion salivaire est abondante (Dr Zeliony).
Parmi les facteurs qui déterminent la puissance et l'exactitude de l'impression, il faut distinguer les conditions internes telles que l'état de concentration du sujet, l'habitude qu'il a de l'expérience, etc., et d'autre part les conditions externes, comme par exemple la durée de l'exposition, la netteté du contour, la vivacité du coloris et ainsi de suite.
A côté de cela il faut encore tenir compte de l'action que peut avoir, sur la netteté de l'impression, l'excitation d'un autre organe sensoriel.
Il y a déjà bon temps qu'on a reconnu l'importance du con-
Ces défectuosités s'observent principalement dans les cas où le nombre des unités dépasse l'étendue de l'impression et surtout lorsque l'attention du sujet se trouve déviée.
Outre cela l'examen des résultats portés sur le papier a permis de reconnaître des déformations d'un autre genre, résultant du rapprochement avec un autre schéma, plus ou moins familier au sujet, ou de la confusion avec les traces d'une impression antérieure.
trôle visuel pour les perceptions tactiles. On en a une preuve, entre autres, dans les expériences sur les aveugles dont le toucher est bien moins sûr que celui des gens qui jouissent de la vue, tandis que l'ouïe, chez eux, est au contraire bien plus exercée (Dr Kroguius).Les expériences plus récentes de Schaefer et Mannersurla mesure des poids ont montré que les réponses les plus justes sont faites par des enfants sourds-muets ; la seconde place appartient aux aveugles, et les enfants normaux ne viennent qu'en dernier lieu *.
Le rapport qui se manifeste ici entre les organes de perception est évident, mais la base en est encore peu claire. Rappelons pour terminer que les impressions externes ne présentent pas une certitude absolue pour la régulation des mouvements de l'organisme. Les erreurs sont toujours possibles à la suite d'un trouble de conduction nerveuse ou d'un défaut dans la formation même de l'impression. On connait une masse de cas où les impressions reçues n'étant pas contrôlées par les données des autres sens, aboutissent à des réactions tout à fait impropres.
Quelquefois cette désharmonie entre les impulsions externes et la réponse de l'organisme résulte des conditions spéciales du milieu (illusions physiques), en d'autres cas elle provient de l'imperfection des organes récepteurs (pseudoscopie et erreurs sensorielles) ; dans un troisième groupe de faits on trouve des troubles de conduction nerveuse (illusions psychiques) ; enfin la dernière catégorie est constituée par les déformations pathologiques du processus même de l'impression.
L'action des impressions externes sur les processus neuro-psychiques concomitants. — L'action des impressions externes ne se borne pas à provoquer ou à inhiber certaines réactions, mais peut avoir encore un retentissement sur d'autres côtés de l'activité neuro-psychique. On le démontre assez facilement à l'aide d'une lumière colorée ou d'une pièce musicale.
Dans notre laboratoire, le Dr Akopenko a fait des expériences