‹ La psychologie objective;Chapitre 10 sur 145 · Messmer. Philos. Studien, Bd. XX · texte numérisé non relu

Messmer. Philos. Studien, Bd. XX

5. Lange. Les lois de la perception (en russe), Voprosy philos, i psych.,

6. L. Nikitine. Contribution à l'étude des perceptions visuelles. Vestn. Psych., II, p. 112.

tage revenait aux groupes inférieurs. En ce qui concerne la marche du processus d'impression, certaines particularités ont été mises en évidence par les recherches du Dr Nikitine et de M1Ie la Dresse Gromika. Ces dernières avaient pour objet la perception de différents dessins. Les expériences étaient faites à l'aide dutachistoscopedeWundt dans lequel on introduisait des dessins collés sur un carton. Le temps d'exposition ^dépendait de la largeur de la fente, de la hauteur de chute du dessin et de la vitesse de celle-ci. Le sujet était placé dans une chambre obscure avec une ouverture dans la cloison par où il fixait l'écran du tachistoscope placé à une distance de 15 centimètres. L'écran et le dessin qui apparaissait à sa place étaient éclairés par une ampoule électrique. Les dessins faits à l'encre de Chine sur fond blanc étaient au nombre de 72, de dimensions à peu près égales. On n'en montrait que 12 par séance et chaque séance durait de quarante minutes à une heure.

La lenteur de l'expérience s'explique par la complexité du devoir qui incombait au sujet. Ce dernier était tenu à faire trois choses : 1° à fixer immédiatement sur le papier la forme qu'il avait saisie, 2° à décrire en détail tout ce qu'il avait éprouvé et 3° à comparer le résultat avec le dessin même, en notant les traits de ressemblance et de différence.

Les résultats ont montré que la première étape de l'impression ne comprend que le fond du tableau. Dans les cas où le dessin n'avait que peu de lignes, le fond était tout à fait blanc, mais à mesure que le nombre de lignes augmentait, il devenait de plus en plus foncé.

La seconde était marquée par l'apparition de quelques traits noirs, mais sans forme, ni direction précise. Dans la suite, ces traits prenaient une forme définie, droite ou courbe, mais leur position — verticale, horizontale ou inclinée — restait encore imprécise. Enfin, on commençait à percevoir des contours, mais ces derniers ne marquaient que des parties isolées de l'objet et ne formaient aucun ensemble.

Avec l'apparition de l'ensemble, les détails s'évanouissaient pour la plupart, par suite de quoi l'impression devenait de nouveau moins précise que sur les dessins précédents. Enfin,

les détails revenaient et ressortaient de plus en plus jusqu'à ce que l'image devînt tout à fait complète.

Ainsi les expériences de Nikitine, tout en confirmant la formule de Lange, la corrigent en certains points, car on voit que dans la formation de l'image visuelle il y a un tournant où les détails déjà très précis s'évanouissent derrière l'apparition de l'ensemble. Une autre différence résulte des déformations successives de l'image qui se révèlent au cours de ce processus. 11 ressort de tout cela que Vimpression externe est loin d'être un acte simple et se compose d'une série d'impressions déterminées par la mise en action de V appareil musculaire de V organe récepteur.

La première impression, qui comprend une vision assez trouble de l'ensemble, est évidemment déterminée par la direction du regard sur le dessin, avant la mise en train de l'appareil d'accommodation. Dans la seconde période c'est l'action de cet appareil qui introduit quelques lignes, mais sans marquer les contours. Ces derniers ne commencent à s'indiquer qu'avec la mise en train de l'appareil musculaire des deux yeux. Ensuite, grâce à la transposition du regard d'une partie à une autre, ces dernières commencent à se détacher avec plus de relief. Enfin, lorsque toutes les parties ont été successivement examinées, c'est l'ensemble qui apparaît sous une forme plus ou moins différenciée.

Il est clair que l'image complète résulte de l'association de l'excitation primitive avec d'autres qui se rattachent aux mouvements musculaires de nature réflexe . Notons encore que chaque étape de l'impression était marquée par certaines déformations du dessin. Ces dernières provenaient évidemment de la fusion de l'image avec les traces des impressions antérieures. Les expériences de Mlle Gromika avec la perception des figures géométriques ont fait ressortir quelques autres particularités de ce processus de déformation. Ainsi, elle a constaté, entre autres choses, que dans une certaine période du développement de l'impression il se produit une dislocation de l'image, où chaque partie se trouve enregistrée séparément malgré que dans le modèle elles ne formassent qu'un seul dessin.

BECHTEREW. 4

D'autres recherches ont montré que la vitesse de l'impression est très variable et qu'elle dépend beaucoup de la complexité de l'objet. Plus l'objet est complexe, plus l'impression demande de temps pour s'imprégner dans le cerveau. Dans quelques expériences du Dr Povarnine avec le tachistoscope il a suffi d'une exposition de 0,004 sec. pour que le sujet perçût non seulement l'ensemble du dessin formé d'un grand nombre de points, mais encore quelques détails. D'après le Dr Nikitine le minimum de temps pour la formation d'une trace chez un homme déjà habitué aux expériences est de 0,0008 sec, tandis qu'au commencement il est deux et demi, trois et même quatre fois plus long.

Il ressort de tout cela que le processus d'impression ne se développe que graduellement, et n'atteint son maximum qu'au bout d'un certain laps de temps. Il en est de même pour la disparition de ces traces qui ne se faitque peu à peu. C'est ce qui explique l'action consécutive de certaines impressions qui peut être suivie d'une action négative, comme cela arrive pour les excitations lumineuses plus ou moins vives et prolongées (1/4-1/2 sec.) К

Etendue du processus d'impression. — La psychologie objective peut encore soulever le problème de l'étendue de l'impression ou du nombre des excitations qui peuvent être perçues simultanément. Hamilton a été le premier à l'étudier sur les perceptions visuelles. Ensuite nous pouvons citer les recherches de Gattel et de Povarnine, ces dernières faites dans notre laboratoire2.

Les expériences de Povarnine ont été faites d'une manière très exacte avec l'aide du tachistoscope de Wundt, le temps d'exposition ле dépassant pas 0,004 sec. Le sujet était tenu de fixer son impression immédiatement sur le papier. Malgré cela les chiffres obtenus étaient à peu près les mêmes que dans les expériences plus élémentaires de Cattel.

11 en ressort, d'une manière générale, que le maximum des impressions reçues simultanément varie en rapport avec la

L Bernstcin. Physiologie, p. 627.

Page 1