‹ La psychologie objective;Chapitre 110 sur 145 · Meynert. Psychiatrie, p · texte numérisé non relu

Meynert. Psychiatrie, p

4. Th. Ribot. La psychologie de l'attention, 1889, p. 19. Paris, F. Alcan.

tion volontaire a pour moyens auxiliaires la reproduction des mouvements associés et l'inhibition de ceux qui ont un caractère différent.

Mérillier s'oppose un peu à la tendance de tout réduire au mouvement1. Ce dernier est, pour lui, une condition, mais non pas l'essence même de la concentration. Il proteste aussi contre l'hypothèse d'une origine exclusivement périphérique et croit nécessaire de faire ici une part à l'interaction des centres cérébraux.

Exner attribue une grande importance à la conduction des réflexes nerveux (Bahnung) et déduit la concentration nerveuse des rapports entre la conduction et l'inhibition2.

Comme le montre cet aperçu, la nature objective de la concentration se fait jour de deux côtés : du côté de l'adaptation des organes récepteurs et du côté de l'inhibition des réflexes accessoires. La concentration interne n'est qu'une reproduction de l'autre, sauf en ce que l'adaptation est plus faiblement exprimée ou détournée de la perception ; aussi est-elle souvent remplacée par la parole intérieure. Les contractions musculaires qui se produisent dans le premier cas envoient des impulsions centripètes et entretiennent dans les centres cérébraux l'état de tension nécessaire ; dans le second cas ce dernier est entretenu par l'articulation intérieure.

Maintenant il est clair que la concentration nerveuse ne se réduit pas à ces seuls processus moteurs.

Elle comprend aussi les variations circulatoires et trophiques qui les accompagnent dans le cerveau.

Les processus d'impression, comme l'ont montré certaines expériences de notre laboratoire, s'accompagnent dans les centres corticaux d'un développement de l'énergie électrique ; les expériences faites sur les animaux permettent de constater une élévation de la température corticale et l'accomplissement de certaines réactions chimiques ; enfin tout travail mental s'accompagne d'un afflux du sang et d'une sécrétion plus abondante des phosphates comme l'ont prouvé les expériences

1. Mérillier. Sur le mécanisme de l'attention. Revue phiL. XXVII.

2. Exner. Entwurf zu exner phys. Erklarung d. psych. Ersch., 1903.

bechterew. 24

avec la balance de Mosso. Gela fait supposer dans la concentration nerveuse une quantité de phénomènes concomitants : électriques, circulatoires, trophiques, etc. D'autre part, l'inhibition des réflexes voisins fait supposer un état passif des organes récepteurs et des régions correspondantes du cerveau.

Cet état de tension localisée doit être entretenu par l'afflux continuel des impulsions, périphériques ou centrales : dans le premier cas, fournies par les contractions musculaires et l'activité de l'organe récepteur, dans le second, par la sphère personnelle et l'activité associative du cerveau.

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