F. Guddeckens. Rechts- und Linkshândigkeit, 1У
rend plus facile l'innervation des mouvements du côté opposé.
Nos propres observations sont tout à fait d'accord avec celles de Baldwin, notamment en ce que dès la moitié de la première année se manifeste une prédominance de la main droite, lorsqu'il s'agit de faire un effort musculaire, par exemple de soulever un objet.
Nous y voyons aussi le résultat d'un plus grand développement des muscles du côté droit, déterminé par la prédominance de l'hémisphère gauche, notamment par de meilleures conditions de la circulation sanguine. Et inversement, chez les gauchers, l'emploi constant de la main gauche doit être ramené au développement de l'hémisphère droit ou peut-être, en dernier compte, au fonctionnement de la carotide et des artères sous-claviculaires. Naturellement, ce n'est qu'une hypothèse qui a besoin, pour sa confirmation, de recherches plus exactes que celles qui ont été faites jusqu'à présent. Dans certains cas l'emploi de la main gauche peut aussi se ramener à l'éducation.
L'écriture peut être objet d'une étude très minutieuse.
Le mieux est de donner un thème, par exemple « le fleuve », « la forêt », « le printemps », « l'été », etc., en demandant d'exposer sur le papier tout ce qui viendra dans la tête pendant un quart d'heure. L'épreuve permettra de juger, en même temps que la richesse des associations, les particularités de l'expression graphique : les erreurs, les omissions et la forme même de l ecriture.
Il est bon de comparer aussi la copie avec l'écriture sous la dictée. Là aussi on peut trouver des erreurs ou des omissions très caractéristiques. Des plumes spéciales permettent enfin de mesurer le degré de pression sur le papier.
En ce qui concerne la forme même de l'écriture, il faut noter que, d'après les recherches d'Ufer, la plupart des particularités qui se rencontrent dans les manuscrits des adultes, peuvent déjà être relevées chez les enfants, à l'état, pour ainsi dire, embryonnaire. La distance entre les lettres, leur position, leur grandeur, la distance entre les mots, l'irrégularité des mots,
les crochets, les paraphes, etc., tout cela peut être relevé chez les enfants et ne fait avec le temps que s'accentuer ou se développer.
Gomme recherches sur les erreurs d'écriture des écoliers on peut citer les études de Sikorsky, d'Offner et de Bielitzky (de notre laboratoire). Offner divise les erreurs d'écriture en quatre groupes. Dans le premier il comprend celles qui proviennent d'une confusion de lettres : par exemple, Feh, comme résultat d'une confusion de Fec avec Weh. Dans le second, celles qui proviennent d'une inversion : par exemple, Sparch, au lieu de Sprach. Dans le troisième, celles qui ont pour origine une différence de dialecte : par exemple, Stam, dans le dialecte du Haut-Palatinat, au lieu de Stamm. Enfin, dans le quatrième, celles qui proviennent d'un lapsus de la plume, c'est-à-dire d'une direction erronée de l'innervation.
Sikorsky a également divisé les enfants d'après leurs erreurs d'écriture en plusieurs catégories, croyant pouvoir juger d'après cela de leur développement intellectuel, mais les expériences faites chez nous par Bielitzky n'ont pas donné de résultats concordants l.
Le dessin comme mode d'expression graphique chez l'enfant. — Le dessin présente aussi un mode d'expression graphique et, comme tel, offre un intérêt incontestable chez l'enfant. Aussi, a-t-il attiré maintes fois l'attention des psychologues, malheureusement pas toujours d'un point de vue objectif.
Ament a distingué ici le simple gribouillage du dessin schématique et du dessin individualisé. Sully distingue aussi trois étapes dans le développement du dessin. Comme première étape il comprend les gribouillis tout à fait informes, comme seconde, les dessins schématiques, par exemple celui d'un cercle en forme de lune pour représenter la figure humaine ; dans la troisième étape le dessin devient imitatif, tout en restant encore loin de la reproduction exacte de la nature (par
1. Bielitzky, dans le Recueil publié à l'occasion du jubilé de Bechterew (en russe).
exemple, le cavalier est représenté ayant les deux jambes du même côté du cheval)1.
D'après Lukens le développement du dessin se divise aussi en trois étapes, mais de nature un peu différente. La première qui s'étend jusqu'à l'âge de -45 ans, est caractérisée par l'intérêt passif de l'enfant pour les dessins déjà faits ; l'activité qu'il déploie à ce propos se limite à la conduction du crayon, n'allant pas jusqu'au désir de reproduire quelque chose. La seconde étape est remplie par les reproductions schématiques où l'on voit quelquefois plus que l'objet ne présente en réalité. C'est quelque chose d'analogue aux « illusions esthétiques » de Lange. Dans la troisième étape qui coïncide avec l'âge scolaire, l'enfant devient un imitateur obéissant, mais imparfait de la nature2.
Schreuder distingue aussi trois étapes dans l'évolution du dessin. La première est caractérisée, d'après lui, par la simple production de lignes dépourvues de toute signification. La seconde, par l'effort que fait l'enfant pour leur donner un certain sens. La troisième, par l'adaptation du dessin au monde extérieur.
En ce qui concerne le contenu des dessins, on a reconnu que l'enfant a une prédilection marquée pour les figures humaines, en diverses positions, de profil ou de face, debout ou à cheval, etc. Puis viennent les animaux, les maisons, plus rarement les objets de l'entourage ou les plantes, encore plus rarement les figures géométriques ou ornementales. Dans cet ordre d'idées on peut signaler encore les recherches de Pappenheim 3, O'Shea4, Brown5, Hogan 6, Gotz7, Perez8, Ricci9 et, parmi les