Wernicke. Der aphasische Symplomocomplex, p
2. H. Gutzmann. Sprachtorungen u. Sprachheilkunde. Berlin, 1908.
ne pouvant émettre que des sons dépourvus de sens comme « bi-li, bi-li » ou « ti-ti-ti », continuent de s'en servir chaque fois qu'ils veulent exprimer quelque chose.
Par conséquent, si la parole ne peut être identifiée avec la pensée, elle est, en tout cas, le principal instrument de cette dernière. Aussi peut-on dire avec assurance que les différentes étapes de son développement se trouvent en rapport direct avec l'évolution intellectuelle de l'humanité.
Nous allons même plus loin. L'étude du langage présente cet intérêt non seulement au point de vue de la psychologie générale, mais encore à celui de la psychologie comparée des différents peuples. Il y a là un terrain très riche pour les recherches futures.
Notons enfin que les manifestations musicales de la voix sont antérieures à la fonction du langage.
On sait que les enfants commencent souvent à chanter avant d'avoir appris à parler. D'après Preyer, un enfant de huit-neuf mois peut déjà reproduire correctement les sons musicaux et même saisir des mélodies. L'enfant de Stumpf s'est montré capable de reproduire une quinte aussi bien ascendante que descendante ; à l'âge de quatorze mois il chantait une double octave. D'après le même auteur, la fillette du compositeur Dvorjak chantait dès l'âge de un an et demi des morceaux assez difficiles, accompagnés de piano.
On connaît, d'autre part, les enfants-prodiges qui exécutent des pièces musicales et créent, eux-mêmes, de nouvelles mélodies. Un des cas les plus saillants de ce genre était celui de la petite Lehmann, d'une famille de musiciens de Zurich, qui à l'âge de trois ans (1899) exécutait des sonates et se livrait ellemême à la composition.
Du reste, la priorilé du développement musical de la voix se confirme aussi par la phylogénèse de cette fonction.
Les tendances musicales se manifestent nettement chez les insectes et se développent particulièrement chez les oiseaux, tandis que le langage de ces derniers reste tout à fait amorphe, se réduisant aux cris et au gazouillement.
BECHTEREW.
Le langage écrit. — L'expression verbale trouve chez rhommeun complément très important dans l'écriture. Celle-ci représente un système de réactions associées, tout comme les manifestations psycho-réflexes du langage.
Comme la plupart des hommes écrivent de la main droite, il se pose ici le problème général de la distinction en droitiers et gauchers.
La cause organique de cette différenciation reste jusqu'à présent très peu claire. Baldwin a fait là-dessus des recherches très intéressantes dès 1895. Les observations qu'il a faites sur ses propres enfants l'ont amené à conclure qu'à l'âge de 6-10 mois les deux mains sont employées indifféremment, saut lorsqu'il s'agit de faire un effort musculaire au-dessus de la moyenne. Dans ces cas-là il a constaté que la préférence était donnée à la main droite. Cette préférence il l'attribue à une cause purement physiologique, notamment à une différence dans le développement des hémisphères cérébraux.
F. Guddeckens divise., sous ce rapport, les hommes en trois groupes. Le plus grand est formé, d'après lui, par les individus qui ont la tension sanguine plus élevée dans l'hémisphère gauche ; le second, très peu nombreux, par ceux qui ont les deux hémisphères pareils et le troisième, de nouveau assez grand, par ceux qui ont la tension plus élevée dans l'hémisphère droit. A une tension sanguine plus élevée correspond, d'après lui, une plus forte innervation des muscles dans la partie opposée du corps, ce qui fait que les individus du premier groupe sont droitiers et les individus du troisième, gauchers1.
En fin de compte la différence se réduirait à la loi du moindre effort et à l'instinct de conservation que l'auteur considère avec Lombroso comme étant un facteur très important du psychisme enfantin.
Cette explication nous paraît assez nébuleuse, mais le fait même est certain que la prédominance de l'hémisphère gauche sur l'hémisphère droit au point de vue de la tension sanguine,