‹ La psychologie objective;Chapitre 48 sur 145 · Loven. lbid.} p · texte numérisé non relu

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tissement devenait de règle et persistait longtemps après l'arrêt du courant1.

Novitzky, par des expériences analogues à celles de Naumann, a reconnu que, chez les hommes faibles et anémiques, le pouls, ralenti au commencement, subit ensuite une accélération passagère. Chez les hommes forts et bien portants, l'accélération devient durable. Sous l'effet des vésicatoires les vaisseaux périphériques se contractent, amenant une diminution du volume de l'extrémité 2.

D'après Sewal et Sandford qui ont étudié les réactions vasculaires de l'avant-bras, les excitations qui ne dépassent pas une certaine limite s'accompagnent d'une dilatation des vaisseaux, celles qui sont plus fortes, déterminent la constriction. Plus l'excitation est vive et spontanée, plus l'effet est net. La force et la durée de la réaction dépendent de l'état du centre vaso-moteur.

Schmeller et Wolkenstein disent d'une manière générale que les excitations cutanées déterminent une accélération du pouls. Rehrich et Simanovsky distinguent, comme les auteurs précédents, entre les excitations fortes et faibles ; les dernières produisent, d'après eux, une accélération du pouls avec constriction vasculaire, les premières, naturellement, d'effet opposé. Vigouroux rapporte, au sujet d'excitations particulièrement violentes, qu'elles déterminent un arrêt momentané du cœur avec accélération consécutive du pouls.

Bezold, Ludwig et Thiry constatent, comme effet d'une excitation des nerfs sensoriels, une élévation de la pression sanguine. Schiff reconnaît au commencement une certaine constriction et, ensuite, une dilatation des vaisseaux périphériques. Heidenhein et Grutzner, Dastre et Morat, Fr. Frank, Wertheimer, Ostrooumoff, Tchirief et autres ont trouvé une dilatation des vaisseaux cutanés et une constriction de la région abdominale.

On voit combien les auteurs, pris textuellement, divergent

1. Naumann. Prager Vierteljahresschr . f. praki. Heilk., 1867.

2. Novitzky. De l'action disturbante des excitations cutanées. Thèse, Saint-Pétersbourg, 1880.

BECHTEREW.

entre eux sur ce sujet. Mais ces divergences s'expliquent en fin de compte par l'inégalité, en force, des excitations, par les inexactitudes de mesure et, aussi, par les différences individuelles des sujets.

Dans les cas où les excitations étaient à peu près de même force, les résultats ont été concordants. D'une manière générale on peut dire que les excitations de nature douloureuse, faibles ou moyennes, produisent une constriction vasculaire et une accélération du pouls, tandis que les excitations plus fortes produisent l'effet opposé.

En ce qui concerne les variations de l'effet, il importe de relever l'observation de Hirsch, notamment que l'organisme s'habitue à la douleur et réagit alors plus faiblement J. L'affaiblissement des réflexes vasculaires s'observe surtout lorsque les excitations s'appliquent à intervalles réguliers au même endroit ; moins, lorsque les intervalles sont irréguliers ; encore moins, lorsque les intervalles sont irréguliers et les excitations portent tantôt sur un point, tantôt sur un autre.

D'autre part il faut prendre en considération l'effet de la fatigue. Nous avons là-dessus les observations très intéressantes de Sarah Amitin, qui montrent que, dans l'état de fatigue, les réactions vasculaires se produisent beaucoup plus facilement 2.

Outre les excitations mécaniques plus ou moins fortes, on on peut indiquer toute une série d'excitations sensorielles, visuelles, auditives et autres, qui ont une action sur le système vasculaire et la respiration.

Ainsi, les recherches de Gonti et Charpentier sur les animaux curarisés ont montré que sous l'effet d'excitations visuelles, auditives, gustatives ou olfactives, l'activité cardiaque se trouvait nettement accélérée ou ralentie et, simultanément, la pression sanguine dans la carotide subissait une élévation ou un abaissement. Gomme un sectionnement du nerf vague ne retentissait aucunement sur les phénomènes vasculaires, on

4. Hirsch. Des variations du pouls et de la respiration. Thèse (en russe) Dorpat, p. 48.

2. Sarah Amitin. Ueber den Tonus d. Blutgefâsse. Z. f. Biologie, 4897.

était sûr que ce n'était pas un contre-coup de l'activité cardiaque. L'ablation de l'écorce cérébrale avait, par contre, pour résultat de les supprimer totalement !.

Hallion et Compte ont étudié à l'aide de leur plethysmographe les variations du volume des extrémités et du pouls dans la radiale. Ils ont trouvé des phénomènes de constriction aussi bien sous l'effet d'excitations mécaniques que sous l'effet de bruits, d'odeurs, etc.

La simple attente de l'excitation déterminait déjà une constriction des vaisseaux dans l'extrémité. Ce phénomène était généralement suivi d'une dilatation ; quant à la dilatation directe, elle n'a pas été observée une seule fois.

Chez les malades qui avaient des anesthésies provenant de la syringomyélie ou d'une lésion de la moelle allongée, dans les régions anesthésiées les réactions vasculaires faisaient défaut ; chez les hystériques elles se produisaient d'une manière normale2.

Binet et Sollier, ayant étudié l'action du bruit sur le système vasculaire, ont montré que l'effet est pareil à celui qui se produit sous le coup d'une profonde aspiration, notamment : constriction vasculaire et diminution du pouls, suivies de dilatations vasculaires et d'un relèvement de ce dernier. Dans le volume du cerveau les variations étaient plus nettes que dans le volume du bras3.

Istomanoff s'est servi du plethysmographe pour étudier l'action des divers excitants d'après leur qualité sensorielle, et a trouvé que les aliments sucrés et les parfums agréables produisent une dilatation des vaisseaux périphériques, tandis que les matières qui ont un goût ou une odeur désagréables produisent l'effet opposé. La seule approche d'une écorce de citron à la bouche suffisait pour déterminer une vasoconstriction.

D'autre part il a vu que les bruits violents et les sons musi-

1 Gonti et Charpentier. Rech. sur les effets cardio-vasculaires. Arch. d. Phys., 1877.

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