‹ La psychologie objective;Chapitre 47 sur 145 · Ziehen. Leitfaden der phys. Psych.,l° éd., 1906, p · texte numérisé non relu

Ziehen. Leitfaden der phys. Psych.,l° éd., 1906, p

bien directe qu'éloignée, se produisant parfois dans une région simplement connexe à la première.

L'apparition du système nerveux rend possible la différenciation des facteurs externes et entraîne, à son tour, une complication des processus réactifs. La lumière, la chaleur, les excitations mécaniques qui, chez les espèces inférieures produisaient une seule et même réaction, commencent maintenant d'agir d'une manière différente, ne portant que sur des régions déterminées. Les excitations mécaniques agissent d'une manière spéciale sur la surface cutanée, les excitations lumineuses sur la rétine, les excitations sonores sur le limaçon, etc., etc.

Mais la spécificité des excitants ne diminue en rien l'étendue des réactions. Au contraire, de ce côté-là on remarque des complications nouvelles. Les réactions s'étendent à des organes plus éloignés ; ainsi, par exemple, une excitation de la matrice produit des vomissements, une excitation de l'appareil auditif retentit sur les mouvements du cœur, etc., etc. Les réponses directes ne se limitent pas à un seul mouvement, mais prennent la forme d'actes composés (de défense, de fuite, etc., etc.).

L'extension du processus réactif s'observe déjà chez les astéries dont les rayons rentrent l'un après l'autre, selon la force de l'excitation. Il en est de même pour les lys marins qui se contractent sur une étendue plus ou moins grande selon la puissance de l'excitant.

En ce qui concerne les astéries, on sait qu'elles se servent de tentacules pour éviter les obstacles qui se présentent sur leur route. Si on retourne une astérie, elle reprendra, d'elle-même, la position normale. Mais un rayon d'astérie détaché de l'anneau central, tout en restant susceptible d'exécuter des mouvements réflexes, ne peut plus éviter les obstacles. Il reprend encore la position normale, mais lentement et avec moins de régularité.

Parmi les faits de ce genre, rappelons encore l'observation de Preyer qui mettait une capsule de caoutchouc sur la patte d'une ophédie et constatait que cette dernière l'enlevait à l'aide

des autres pattes. Preyer voyait ici un acte psychique, tandis que Ziehen le qualifie de purement automatique. Pour nous, de psychisme il ne peut être question, étantdonnée l'absence d'une expérience antérieure, et le phénomène rentre tout simplement dans la catégorie des réflexes.

Revenant de nouveau à l'extension des processus réactifs, notons maintenant que chez les métazoaires elle va beaucoup plus loin. Chez les quadrupèdes vertébrés l'excitation d'une extrémité postérieure retentit, selon sa force, sur l'extrémité antérieure homonyme, sur les extrémités du côté opposé et même sur les muscles de la tête (Pflûger). Gomme observations relatives à l'extension des réflexes citons encore le fait qu'une grenouille décérébrée, étant posée sur le dos, reprend presque immédiatement la position normale, c'est-à-dire exécute un acte réflexe assez compliqué. Goltz a étudié ces phénomènes d'une manière plus systématique. Il a constaté qu'une grenouille privée d'hémisphères cérébraux ferme la paupière dès qu'on approche l'aiguille de la cornée. Une excitation plus vive détermine un mouvement de défense de la patte antérieure homonyme. Aux degrés suivants, elle détourne la tête, le tronc et finit par se déplacer tout entière. Les mêmes faits ont été constatés sur les chiens privés d'hémisphères cérébraux. Un chien décérébré commence par retirer la patte ; si on l'excite plus fort, il montre les dents et cherche à mordre dans la direction de l'excitant. Si l'action est encore plus vive, il hurle et se met en fuite.

Les réflexes les plus simples, comme, par exemple, le réflexe pupillaire, passent par les centres périphériques du système nerveux ; les réflexes cérébro-spinaux sont déjà relativement plus compliqués ; les plus complexes sont les réflexes sous-corticaux et corticaux. Mais quel que soit leur parcours, ils s'opèrent d'une manière également mécanique.

Somme toute, le réflexe est le produit d'une transformation de l'impulsion externe en réaction nerveuse. Celle-ci prend toujours la voie la plus directe et, si on empêche l'action des centres supérieurs par une section au-dessous de la moelle allongée, on peut prédire de point en point tout le cours du processus réactif.

A ce point de vue là, parmi les réflexes simples on ne peut faire qu'une seule distinction : de ceux qui se répètent sans changer et de ceux qui s'affaiblissent par l'exercice. Les premiers peuvent se répéter un nombre indéfini de fois. Tel est le réflexe pharyngien, les réflexes tendineux et un grand nombre d'autres, encore plus simples. D'autres réflexes s'affaiblissent à la répétition et finissent par s'abolir, quitte à reparaître après un temps de repos. Dans ces cas-là, il s'agit, au fond, d'une inhibition interne.

En ce qui concerne leur extension, les réflexes se divisent, comme nous avons déjà vu, en immédiats et éloignés. Le même réflexe peut entrer dans l une et dans l'autre catégories, selon les conditions dans lesquelles il se produit. Ainsi, par exemple, le réflexe salivairc, lorsqu il répond à une excitation de la bouche, est un réflexe immédiat, et, lorsqu'il répond à une excitation olfactive, est un réflexe éloigné. La localisation des réflexes permet de les diviser en superficiels et 'profonds. La première catégorie comprend ici les réflexes cutanés, la seconde, les réflexes tendineux et osseux.

Enfin, d'après leur rôle biologique, les réflexes peuvent être divisés en défensifs et agressifs.

Ceci ne veut pas dire qu'ils aient, comme les actes personnels, un but déterminé de préhension ou de défense. Les réflexes sont trop directs pour être adaptés à leur but. On peut dire d'une manière générale que les excitations quelque peu violentes produisent un mouvement de défense, tandis que les excitations modérées ou tout à fait faibles produisent un mouvement de préhension. Cela fait que leur adaptation n'est qu'apparente et que, pratiquement, les réflexes peuvent être non seulement inutiles, mais même nuisibles.

Par exemple, lorsqu'il s'agit de réduire une fracture de la jambe, l'immobilité la plus complète est de rigueur, et, cependant, les réflexes défensifs se produisent comme s'ils avaient un but utile.

Rappelons, pour terminer cet aperçu, que les réflexes éloignés se distinguent entre eux d'après l'étendue des transmissions centrales. La transmission peut se faire à l'aide des

centres secondaires ou des centres supérieurs de l'axe cérébro-spinal. Ces derniers étant réunis par des fibres associatives, l'excitation passe quelquefois à des régions très éloignées. Ainsi, par exemple, l'excitation d'une extrémité inférieure peut aboutir à un mouvement de l'extrémité supérieure ou des muscles de la face. Ce qu'il importe de relever ici, c'est que les lois de cette transmission ne sont pas les mêmes pour différentes espèces animales. Les lois qui ont été établies pour la grenouille comme animal sautant, ne s'appliquent pas aux quadrupèdes qui marchent, ni encore moins aux bipèdes.

Les réflexes internes. — A côté des réflexes dont nous avons parlé jusqu'à présent, il existe aussi des réflexes internes comprenant un mouvement ou une altération des organes internes. Ces derniers sont moins étudies, mais la plupart en a une importance biologique considérable.

La première place appartient ici aux réflexes vasculaires sur lesquels nous nous arrêterons maintenant un peu plus en détail.

Mantegazza avait déjà constaté l'hyperhémie de certaines parties du corps sous l'effet d'excitations mécaniques violentes ou douloureuses. La nature réflexe des phénomènes vasculaires était nettement prouvée par le fait que si le nerf conducteur faisait défaut, l'excitation douloureuse ne s'accompagnait d'aucun effet vaso-moteur1.

Loven a trouvé que sous l'effet d'excitations douloureuses les battements du cœur se ralentissaient, tandis que la pression sanguine montait considérablement. D'autre part il notait un abaissement des ondes respiratoires et un élargissement local des artères

Naumann, ayant étudié l'effet des excitations électriques, a constaté que les courants de force moyenne appliqués pendant deux minutes et demie déterminent une accélération du pouls avec abaissement des ondes. Ces phénomènes persistent même après l'arrêt du courant. Dans un cas le pouls s'est montré, au contraire, ralenti ; sous l'effet d'excitations plus vives le ralen-

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