Babkine, Thèse, St-Pétersbourg
Au commencement on a cru que celui-ci esty dès le début, spécifique et ne répond qu'à une excitation strictement déterminée, mais dans la suite les expériences ont montré que la loi de la différenciation progressive s'y applique également. Ainsi, par exemple, si le réflexe salivaire s'associe avec une excitation mécanique (grattement de la peau) à partir d'un certain moment aucun autre excitant ne produira cet effet, tandis que l'excitation mécanique peut encore se faire de diverses manières. Plus tard elle n'aura d'effet que si elle s'applique à un endroit déterminé de la peau.
Il en est de même pour les excitations auditives où la différenciation va, d'après le Dr Zeliony, jusqu'à 1/4 de son et, d'après le I>r Protopopoff, même jusqu'à 1/7.
En ce qui concerne les excitants thermiques, les auteurs, qui ont travaillé au laboratoire de J. Pawlow, croient que la localisation en est très peu précise. D'après eux, si le réflexe salivaire s'associe avec une sensation de chaleur ou de froid, la réaction se produit quel que soit l'endroit touché par l'excitant (Boldyreff lj Mme Voskoboinikova-Grandstrôm 2). Dans notre laboratoire à nous, l'association des excitants thermiques avec des réactions motrices a donné des résultats tout opposés. On a constaté chez les chiens une différenciation du sens thermique aussi précise que des autres sens (Dr Israelson) et nous croyons qu'il doit en être de même dans l'association avec le réflexe salivaire.
La même divergence d'opinions peut être constatée au sujet des couleurs. D'après les collaborateurs de J. Pawlow l'association des excitants lumineux avec le réflexe salivaire serait exempte chez les chiens, de toute différenciation. C'est-à-dire, le réflexe une fois établi, répondrait à une couleur, comme à une autre. Il en a même été conclu d'une manière générale que les chiens seraient indifférents aux couleurs (Dr Orbély). Chez nous les expériences avec les réactions motrices ont donné, de nouveau un résultat tout opposé (Dr Walker) et nous
1. Boldyreff. Bull, de la Soc. des méd. russes, 1904, p. 321, 1903-6, p. 198.
2. Voskoboinikova-Grandstrôm. Bull, de la Soc. des méd. î*usses, 1906, v. 73, p. 381.
affirmons que la perception des couleurs, chez les chiens, est également susceptible de différenciation.
Voici maintenant un trait nouveau, révélé par l'étude du réflexe salivaire, mais qui, d'après nous, a encore besoin de confirmation. Les expériences du Dr Pimenoff l'ont amené à conclure que lorsque l'association résulte d'une application non pas simultanée, mais successive des excitants, les réflexes ne sont ni spécifiques, ni strictement localisés К C'est-à-dire, si l'excitation associée est celle que produit le grattement, on peut gratter à un endroit même très éloigné ; si elle consiste dans un son, on peut prendre un son même très différent, etc. Pour l'atûrmer avec certitude, il faudrait, semble-t-il, refaire ces expériences avec d'autres réflexes, notamment avec les réactions motrices.
En ce qui concerne l'association du réflexe salivaire avec un excitant composé, c'est-à-dire avec deux excitations simultanées de nature différente, il a été trouvé que l'extinction de l'une, affaiblit notablement l'action de l'autre, mais que tout dépend, en fin de compte, des conditions générales de l'association. D'autre part le Dr Perelzwaig a montré que si on remplace l'action de l'acide par une excitation à la fois thermique et mécanique, l'excitant mécanique prime l'autre en ce sens qu'à lui seul il agit comme les deux ensemble, tandis que l'action de l'excitant thermique tout seul est presque nulle 2.
Pour en finir avec le réflexe salivaire disons encore quelques mots du processus d'inhibition. Ici on a relevé des différences très marquées. Parmi les facteurs susceptibles d'exercer une action inhibitrice on a trouvé que le plus fort est le grattement, ensuite le refroidissement jusqu'à 1-0°, réchauffement jusqu'à 50°, l'excitation lumineuse et, enfin, le refroidissement jusqu'à 4-5° 3. L'inhibition agissait non seulement sur le réflexe produit immédiatement après, mais encore sur les suivants. Le desenrayage des réflexes salivaires a été étudié d'une manière aussi précise par les Drs Zavadsky, Nicolaieff et