W. Bourmakine. Thèse, p
viande que celui-ci happait lui-même avec la langue. Par là le danger des stomatites a été écarté, mais en même temps l'excitation est devenue encore plus complexe. Elle comprenait maintenant une action sur l'odorat, un contact de la langue avec la tablette, l'effort musculaire pour happer la poudre, etc., etc. Il est clair que les objections précédentes se trouvent maintenant encore renforcées.
De notre côté nous avons proposé une autre modification. Pour éviter la stomatite, nous avons proposé de faire, dans la mâchoire supérieure de l'animal, une fistule latérale et d'y introduire un tuyau avec deux conduites, une pour l'acide et l'autre pour l'eau. De cette manière l'action de l'acide était réduite au minimum et ce dernier pouvait être immédiatement enlevé par l'eau. Ensuite nous avons exigé que la température des deux liquides fût égale à celle de la cavité buccale.
Et malgré cela le réflexe salivaire donne beaucoup moins que les réactions motrices ! Nous ne parlons déjà pas du fait que ces dernières sont beaucoup plus variées, comprenant les réactions personnelles et la symbolique verbale qui est la partie caractéristique du psychisme humain. Le réflexe salivaire tel qu'on l'étudié chez les chiens, s'est montré en outre bien moins constant. Il dépendait beaucoup plus des facteurs individuels et de l'état momentané de l'organisme, ce qui a fait dire à Popelsky que, pour être plus ou moins exact, on ne peut comparer que les résultats obtenus avec le même animal1.
Revenant à la théorie générale des réflexes associés nous voudrions ajouter maintenant qu'on peut étudier encore le seuil de ces derniers au sens où le comprend la psycho-physique. On sait que ce terme désigne le minimum d'excitation nécessaire pour obtenir le réflexe. On peut comparer le seuil de certains réflexes chez différents individus ou chez le même individu dans différentes conditions. Dans notre laboratoire on a trouvé que le seuil des réflexes associés correspondait à celui des perceptions subjectives autant qu'on peut s'en remettre au témoignage des sujets. Les deux sont naturellement susceptibles de
1. Popelsky. Ueber die Gesetze der Speicheldrusenthâtigkeit. Arch. f. die ges. Psych., Bd 127.
différenciation et peuvent être abaissés jusqu'à une limite très peu élevée, comme le prouvent, entre autres, les expériences du Dr Frenkel . Ce dernier a montré notamment qu'un réflexe peut répondre, par association, à une hachure si légère sur les lèvres qu'il suffît d'humecter celles-ci pour la rendre imperceptible.
Les expériences du Dr Molotkoff ont permis de mesurer également le seuil différentiel des réflexes associés1. Il y a réussi très bien, du moins pour les excitants lumineux . Pour les impressions lumineuses simples le seuil différentiel a été trouvé égal à 0,015 d'une bougie. Pour les réflexes associés il a été trouvé que lorsqu'ils répondent à un excitant lumineux de la puissance de 0,235, ils ne répondent plus à un excitant de la puissance de 0,250 d'une bougie. Le seuil différentiel était donc égal à 0,015, tout comme pour les réflexes simples.
Enfin, les organes pourvus d'une surface réceptrice ont permis d'établir un minimum non seulement d'intensité, mais aussi d'extension. Nous avons déjà dit que les réflexes associés à une excitation tactile répondent à l'excitation d'un autre endroit de la peau, mais seulement dans les limites d'une région concentrique au premier. L'expérience montre qu'après un certain exercice ces régions se rétrécissent, mais de nouveau jusqu'à une certaine limite. Nous avons tout lieu de penser que le minimum coïncide ici avec les cercles tactiles de Weber, mais les régions mêmes s'en distinguent par leur inconstance, ce qui leur fait attribuer une nature plutôt physiologique qu'anatomique. Il suffit notamment de ne pas soutenir l'association par l'excitant direct, pour que les régions correspondantes s'étendent d'une manière notable. La renforce-t-on une ou deux fois, que les limites se rétrécissent de nouveau jusqu'au minimum. Un élargissement se produit aussi après l'ablation des centres récepteurs dans la région postérieure de la circonvolution sygmoïde, mais dans ce cas-là, malgré l'exercice et certaines compensations, ils ne reviennent plus aux anciennes limites.
Pour terminer, rappelons encore que les réflexes associés sont