Molotkoff. Thèse, St-Pétersbourg
aussi mécaniques que les réflexes simples et ne peuvent pas être inhibés par un effort volontaire, ce qui permet de s'en servir pour contrôler le fonctionnement des voies conductrices et des centres cérébraux. Cela peut être utile d'une part pour vérifier l'exactitude des témoignages, d'autre part, pour remplacer l'interrogatoire dans les cas pathologiques de négativisme, de simulation, etc., etc.
Rôle des réflexes associés dans l'activité personnelle de l'individu. — Il va de soi que les réflexes associés jouent un grand rôle dans l'activité personnelle de l'individu.
Au fond, toute l'expérience que donne la vie, consiste en réflexes associés qui restent inhibés dans les centres nerveux. Toute notre pensée se réduit à des réflexes de ce genre, principalement de nature verbo-motrice, se rattachant les uns aux autres par des transmissions successives. Pour s'en convaincre il suffit d'enlever l'inhibition interne et proposer d'exprimer les pensées tout haut: nous nous trouverons en présence d'une série de réactions verbo-motrices, s'enchainant les unes aux autres comme les pensées correspondantes.
La psychologie expérimentale est assez riche en recherches sur les associations verbales, mais malheureusement^celles-ci sont, pour la plupart, compliquées d'analyse subjective qui en fausse les résultats. On dit généralement au sujet : « Lorsque vous verrez ou entendrez le mot inducteur répondez ce qui vous viendra dans la tête», et celui-ci, au lieu de réagir d'une manière immédiate, se met à s'analyser, à chercher dans un sens ou dans l'autre et, involontairement, donne à la réponse une direction déterminée. C'est pourquoi nous aimons mieux renoncer totalement à cette méthode et préférons demander au sujet de prononcer, lui-même, les mots qui viennent dans sa tête, nous bornant à relever les temps de réaction à l'aide d'un chronomètre. Ou bien nous lui demandons de choisir les mots dans une sphère déterminée, parmi les noms d'animaux, de couleurs, d'ustensiles de ménage, etc., etc.
Voici quelques recherches qui se rapprochent plus ou moins des nôtres et peuvent être utilisées par la psychologie objective.
Association des réflexes dans les associations mentales. — J. Jastrow écrivait au tableau le mot inducteur et demandait aux sujets d'écrire les 5 premiers mots qui leur viendraient dans la tête l. L'intérêt de l'expérience consistait à déterminer le rapport de ces derniers au mot inducteur. 11 a trouvé que le plus souvent c'étaient des mots de la même catégorie (par exemple chien-chat) ; puis venaient les mots qui réprésentaient l'action correspondante (plume-écrire), ou la qualité de l'objet (arbre-vert), les mots choisis par assonance verbale (rampelampe), les noms correspondant aux verbes (écrire-plume), les noms d'objets répondant à la qualité (bleu-ciel) et, enfin, les mots qui formaient le tout dont l'inducteur était une partie (bleu-couleur).
B. Bourdon prononçait un mot ou une lettre, ou nommait une couleur pour voir quelle serait la réponse du sujet et regardait ensuite si c'est un mot coordonné à l'inducteur, un mot subordonné, une qualité, etc., etc. 2.
De cette manière il a fait ressortir quelques traits individuels et surtout la distinction des sujets en types observateurs et types imaginatifs.
Guicciardini et Ferrari demandaient au sujet de trouver un mot qui rimât avec le mot inducteur, et notaient le temps que prenait cette opération3. Les résultats ont montré que durant les 5 premières minutes les sujets trouvaient 3 fois plus de mots que durant les 5 minutes suivantes. Les hommes trouvaient, dans l'espace de 10 minutes, près de 30 mots, les femmes près de 27, les personnes âgées au-dessus de trente ans, 41 mots, les personnes plus jeunes, 33. En ce qui concerne le sens des mots, c'étaient le plus souvent des substantifs, ensuite des adjectifs et des verbes. Les bouts rimés étaient choisis le plus souvent par assonance, ensuite par similitude d'inscription, plus rarement avec concordance du contenu et encore plus rarement à l'aide de symboles visuels ou moteurs.