‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 14 sur 92 · II.-VLK · texte numérisé non relu

II.-VLK

81. Organe delavue. — Enregardanlles yeux (l'unindividu vivant, on s'aperçoit immédiatement qu'ils préscnlent deux parties bien

PERGEPTITITÉ DE LA SEI^SATION 51

parlie blanche se continue par la surface non visible de Tœil pour former la cornée opaque^ membrane assez épaisse pour proléger Torgane de la vue. La où finit la partie blanche ou cornée opac]ue sur le devant commence la cornée transparente^ qui présente une convexité plus prononcée ; on peut voir, en fermant les yeux, comme elle s'étend au-dessous des paupières. La cornée opaque ne laisse passer qu'une lumière très intense mais peu distinctement ; la cornée transparente, au contraire, est pure et translucide pour donner passage aux rayons lumineux. Au delà se trouve une chambre pleine d'un liquide qui est V humeur aqueuse ; au delà se trouve Virh avec son ouverture la pupille. L'une et l'autre s'aperroivent à travers la cornée, et sont colorées, hsx couleur de la pupille vient du fond de rœil, celle de l'iris des éléments pigmentaires qui sont la continuation de la choroïde. L'iris peut se dilater ou se rétrécir au moyen de muscles spéciaux. En avançant, derrière l'iris, on trouve le cristallin ou lentille cristalline, tissu fibriilaire assez compact, ayant la forme d'une lentille biconvexe. Ensuite vient le corps vitré, substance gélatineuse qui remplit le reste de la cavité de l'œil. Dans cette cavité ce qui se présente d'abord c'est la rétine, membrane qui s'étend dans toute la cavité sous forme de réticules, d'où son nom de rétine. Sous la rétine se trouve une seconde membrane, la choroïde, qui est en contact avec la cornée opaque; elle est composée de cellules pigmentaires qui sécrètent la couleur noire qui la rend obscure.

Dans l'ensemble, l'œil ressemble à la chambn^ noire du photographe. La lentille est constituée par tous Ic^s milieux réfringents à travers lesqmils pénétrent les rayons lumineux ; les parois noires sont représentées par la choroïde ; le verre du fond, (fest la rétine sur laquelle se réunissent comme à leur foyer les rayons visuels.

Le rôle de toutes les parties de l'œil est celui d'un appareil d'optique ; la pupille, la lentille, la choroïde, le corps vitré sont d(»s milieux purement physicfues, destinés à faire pénétrer la lumière dans de certaines conditions. Le noir de la choroïde est nécessaire pour empêcher la diffusion des rayons lumineux qui seraient tous réfléchis dans la cavité oculaire même , tandis (ju'il sont ainsi absorbés et permettent à l'organe sensible, la rétine, d'accomplir son rôle. Les albinos, hommes et animaux, ont une vision imparfaite ; la sécrétion pigmentaire leur fait défaut non seulement dans les poils, mais encore dans l'a^il dont le fond nous apparaît rouge, comme à l'endroit de l'iris, par suite des vaisseaux sanguins de la ivtine.

La rétine mérite une plus ample description ( lig. 13). Elle», s'unit au nerf optique qui s'introduit dans Ta^il à p(Hi près vers le centre; elle est une expansion de c(; nerf, c'est-à-dire qu'elle n'est (|ue la partie teinninale du n(îrf s'<'»tendant avec une forme, spéciale ï>our constituer un appareil sensible;. Elle est formée de nombreuses

PSVCBOI.OGIB PHVSIOLOGIQUK

couches dénatura nerveuse, fibrilles etcellules, qui vont se terminer à l'extrémité en quelques libnienls en forme de bâtonnets et de conea et désignés par ces noms, et que l'on regarde comme les parties sensibles ù la lumière. Au point d'entrée du nerf ces bâtonnets manquent, et à cet cndi'oit le nerf n'est excitable en aucune fa^-on ;

le nerf oculo-moteur commun, 3** paire des nerfs cérébraux, la 4* et la 7^ paire qui leur permettent de se mouvoir dans les directions diverses.

82. Ce qui met en excitation l'appareil visuel qui est renfermé dans la rétine, c'est la lumière. Tous ceux qui s'occupent de sciences physiques savent maintenant que ce phénomène de la lumière est, lui aussi, une manifestation de la force, comme tout autre phénomène naturel. Le milieu d'action et de propagation est Véiher appelé encore éiher lumineux, matière très subtile qui pénètre la matière et est répandue dans tout l'espace. Bien qu'elle ne soit pas coercible, et qu'on ne puisse faire sur elle d'expériences directes, on ne peut, qu'en admettant son existence, expliquer un grand nombre de phénomènes et notamment la propagation de la lumière depuis les espaces stellaîres et planétaires. Sans elle, la lumière des étoiles, du soleil, des planètes ne pourrait nous arriver en aucune façon, parce que la lumière se propage par ondes ou vibrations, analogues aux ondes de l'air qui produisent les sons, et les lois de leurs mouvements sont les mêmes que celles du pendule, comme pour les vibrations sonores.

La vitesse de propagation est merveilleuse ; c'est la plus rapide après celle de l'électricité, elle est de 192,000 milles à la seconde. C'est par ces ondes lumineuses d'une grande vitesse que la rétine est excitée ù la vision.

83. La lumière solaire, source de tous les phénomènes lumineux, est une lumière composée ; on l'analyse ordinairement au moyen du prisme. Limage colorée prismatique est le spectre, elle est analogue à celle qui se produit dans le phénomène de l'arc-en-ciel ou iris.

Le spectre est composé de sept couleurs. Le passage de l'une à l'autre se fait insensiblement, et elles semblent continues. Les couleurs sont, d'après leur degré de réfrangibilité, classées dans l'ordre suivant :

Rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

Malgré l'apparente continuité du spe(ître, il s'y trouve des lignes obscures dites lignes de Fraunhofer, du nom de celui (|ui les a découvertes; elles sont indiquées par les lettres de B à H (fig. 14).

Ane D Eb F a un

Kir.. )'i.

Le spectre ne se termine (cependant pas aux points indiqués par les lettres BetH ; ce spectre est visible ordinairement, mais en réalité il se continue par la partie ultra-rouge jusqu'à la ligne A, et par sa partie ultra-violette jusqu'en R ; <*es (*ouleurs sont quelquefois visibles grâce à certains artifices. La partie ultra-\ioiette s'appei'

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encore spectre chimique, par suite de sa grande action cliimique; l'ultra-rouge est continuée par le spectre calorifique et obscur, qui est très étendu et émet des rayoas caloriques bien plus nombreux que ceux du spectre coloré et visible.

Toute couleur spectrale diffère physiquement d'une autre par la longueur des ondes, et par le nombre des vibrations en une seconde. C'est ce qu'on peut connaître au moyeu des interférences, comme il résulte du tableau suivant, dans lequel le nombre des vibrations est exprime en billions à la seconde, ei la longueur des ondes en 0,00001 de millimètre.

Lignes. Longueur Nombre di^

des Mides. tltiralions.

! Rouge B 6878 450

Limite entre le rouge et l'orangé. C 6564 572

Jaune D 5888 526

Vert E 5260 589

Bleu F 4843 640

Indigo-bleu G 4291 722

Violet H 3928 790

L'ultra-rouge peut aller jusqu'à la ligne A avec des ondes longues de—ss m. m. et 412.000.000.000 de vibrations. L'ultra-vioiet à la ligne R donne 912.000.000.000 de vibrations, et des ondes longues de^JÎÎ^ m. m.

84. La sensation de la lumière et des couleurs se produit dans certaines conditions particulières. La lumière entre par la pupille et pénètre par la lentille dans le corps vitré d'où elle arrive à la rétine. Ces milieux, dans lesquels pénètre la lumière avant d'arriver à la rétine, sont plus ou moins absorbants et réfringents ; ce qui fait que la

une image des objets lumineux qui viennent Texciter, laquelle image a une durée en rapport avec l'intensité de l'excitation, et cède ensuite la place à d'autres qui viennent lui succéder. L*image formée sur la rétine est renversée pour la mi^me raison que celle qui se produit sur la plaque sensible du photographe. Les i*ayons qui viennent d'un objet lumineux, en passant au centre optique de la lentille, s'unissent au foyer où ils sont disposés en sens inverse, comme le montre le schème suivant : A B est l'objet, la lentille avec son contre 0 représente le cristallin, ab le fond de la rétine où se forme l'image de A-B (fig. 15).

L'œil peut être regardé comme un système de divers milieux réfringents; selon quelques-uns, il faudrait le considérer pour la commodité comme un système de trois milieux, dont le i>remier est la cornée et les deux autres seraient représentés par la lentille avec ses courbures différentes.

En réalité Tindice de réfhiction de ces milieux est différent, de même que le rayon de courbure des deux faces de la lentille. Selon Brewster, Thumeur aqueuse a, n égalant 1,3358, un indice de réfraction marqué par 1,3366, le corps vitreux 1,3394, la partie antérieure de la lentille 1,3767, la partie moyenne 1,3786, le petit noyau 1,3839.

Les points cardinaux de Taxe optique qu'il est nécessaire de connaître pour déterminer la direction des rayons lumineux dans l'œil sont au nombre de trois : les deux points focaux, les deux points principaux et les deux points nodaux, parce que l'œil n'est pas une lentille à épaisseur négligeable. Le premier point focal est à 12, 8326 m. m. en avant de la cornée, le second à M, 6170 derrière la surface postérieure de la lentille. Le premier point principal est à 2, 3746 m. m, le second à 2, 5721 m. m. ilerrière la surface antérieure de la cornée.

Le premier point nodal est situé à 0,7580 m. m, le second à 0, 3602 m. m. en avant de la surface postérieure de la lentille.

Les deux points nodaux ainsi que les deux points principaux étant l'un près de Tautre, Listing les réunit en un seul et étal)lit ainsi un point principal et un point nodal. C'est ce système simplifié qui constitue Pœil rvduit de Listing.

Il place l'unique point principal à 2,31 18 m. m. derrière la surface antérieure de la cornée et le point nodal à 0, 1761 m. m. en avant de la surface postérieure de la lentille. L'œil réduit est considéré comme ayant une seule surface courbe réfringente avec un rayon de courbure de f',1218 ni. m. (1).

L'excitation sur la réiine est une première impression qui ne s'arrête pas aux couches rétiniques, mais qui se propage par les neifs optiques jusqu'au contre psychique oii la sensation se perçoit dune façon analogue à toutc^s les autres sensations.

Celle propagation se fait dans un espace de temps, temps physiologique, que l'on [)eut déterminer, bien que d'une façon approximative seulement, au moyen des chronoscopes.

8.5. La réiine présente une ex(ûtabilité variable dans ses différentes parties. La tache jaune est la partie la plus sensible, ensuite vient la portion qui lui est voisine ; I(»s parties latérales sont moins sen-

M) Cfr. Hclmholtz, op. cit. Wundt, Lchrbnch der Physiologie,, 3 aufl. pag. 576 et seq. — Vùllner, Lehrbuch de Expcrimeutalphyuik ; die Lehre von Licthy 3 aufl. I.eip, pp. 309-?.18.

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sibles. En nuire, il se trouve un point qui n'est point du tout sensible au\ excitalioas lumineuses ; il est situé à rentr<>e <ln nerf optique et s'appelle point aveugle. On peut l'observer en se mettant dans certaines conditions. Il appui-alt alors comme un point noir projeté sur un objet. La forme de ce point aveugle a été parfaitement décrite par Hrlmholtz.

Ordinairement la rétine est excitée par le spectre coloré que l'on appelle pour cela spectre visible. Mais l'extrême rouge, ligne A, et l'ultra-violet, lignes L-B, sont invisibles ; ces couleurs peuvent ^tre distinguées dans ccilaines conditions préparées par l'observateur. On a cherché des causes diverses pour expliquer ce fait, mais Helmholtz l'altribueà l'insensibilité de la i-étine pour ces rayons(l).

Ce qui veut dire qu'il y a des limites d'excitabilité de la rétine, limites qui varient entre la minima et la maxima, comme pour l'ouïe. Des ondes plus longues, cl des vibrations moins nombreuses que celles du rouge visible, n'excileut pas suffisamment la rétine, pas plus que des ondes plus courtes ou des vibrations plus nombreuses que celles du violet.

Il y a en outre des limites de visibilité. La visibilité, comme aussi le degré d'exactitude que peut présenter la vision, dépend de la grandeur des éléments de la vision qui sont indirectement excités par la lumière. On a fait il re sujet des expéricuccs variées, tant pour la vision de l'objet le plus petit que pour celle de la plus petite dislance. Pour citer un exemple, Hooke a trouvé que deux étoiles, à la distance apparente de 30 secondes, paraissent comme une seule étoile, et, sur cent personnes, une à peine peut distinguer deux étoiles d'une distance apparente inférieure à 60 secondes. D'autres observateurs ont trouvé, mais non pour des étoiles, une limite d'exac-

longueur peu considérable de façon qu'on puisse voir en même temps toute son étendue. Les couleurs sont alors, pour la sensation, au nombre de quatre selon Helmholtz, le rouge, le vert, le bleu, le violet, parce que, dit-il, le contraste fait disparaître les couleurs intermédiaires ; et on devra séparer, dans un spectre d'une plus grande longueur, une couleur d'une autre pour voir distinctement les intermédiaii*es et les gradations. C'est par une observation attentive faite sur le spectre que Ton trouve que les couleurs passent insensiblement de Tune à l'autre (1). Wundt ('2) veut, au contraire, aux couleurs indiquées par Helmholtz substituer le rouge, le jaune, le vert, le bleu en excluant le violet à cause de son affinité avec le rouge. Mais si les couleurs doivent être distinguées par la sensation qu'elles produisent, il me semble que Helmholtz a raison, comme il résulte des expériences que chacun peut faire ai que j'ai répétées moi-même. En réalité on trouve qu'entre le rouge et le vert, en i*cgardant attentivement le spectre, on voit le jaune, ce que Helmholtz lui-même a déjà observé ; alors il y aurait cinq couleurs principales, et non pas quatre, et la divergence ne portei*ait que sur le violet. Le violet, pourtant, apparaît très net, et ne donne lieu à aucun doute.

87. Depuis Newton jusqu'à Helmholtz on a voulu comparer les rouleurs simples du spectre à la gamme musicale. Helmholtz, dans le spectre qu'il reproduit, pose comme échelle d(?s couleurs les nombres relatifs à l'échelle musicale. Si l'on considère le spectre au point de vue du nombre des vibrations et de la longueur des ondes, il semble que la comparaison puisse se faire; mais si l'on observe avec Wundt que les deux couleurs extrêmes du spectre, le rouge et le violet, ont de l'aftinité, qu'elles forment par leur mélange le pourpre, et qu'il y a entre elles gradation comme entre deux couleurs voisines du spectre, par exemple entre le rouge et l'orangé, le bleu et l'indigo, alors cette comparaison du spectre; avec l'échelle diatonique ne se soutient pas. Et, au lieu d'être représentées par une ligne ascendante, les couleurs spectrales peuvent l'être plutôt par une ligne courbe, par un cercle dans lecpiel les différentes couleurs sont placées d'après la sensibilité de différence minima. C'est-à-dire qu'une couleur peut changer de ton par suite d'une augmentation relative de longueur des ondes ; cette augmentation est variable avec les couleurs. Et il est nécessaire de faire usage de la sensibilité de différence à peine perceptible, puisqu'il n'y a pas d'intervalles définis pour les couleurs. Ainsi, c'est le jaune qui offre les changements de tons les plus sensibles, c'est dans le vert qu'ils le sont le moins. Mandelstamm a trouvé ces relations numériques pour les tons des couleurs.

Rouge (C) Vert-bleu (b-F)

(1) Op. cit., p. 317.

(2) Physioiogische Psychologie, p. 379,

l>SVCROI.oniF. PHTSIOUWIQl'P.

Jnunc (D) Bleu (F)

Jaune-Tert (D-E)

Indigo-bien (G) (1)

Vert (E) Les nombres manquontpnurlevinlrl.

, l>!ir suite du peu de EÙrclô qu'offrent li's

^7; dûlermlnatloni.

La liftne dps couleurs selon Wundt sérail ainsi disposée : Le jaune occupe l'arc le plus {^nind; du cAté opposé est le bleu ; c'est le violet et le rou^ qui occupent l'arc le plus petit, puis vient le vert, ce qui représente graphiquement la sensibilité aux différences de tons des couleurs spectrales (2).

les couleurs qui, mélangées dans un certain rapport, donnent le blanc. Parmi les couleurs du spectre-, sont complémentaires:

Le rouge et le bleu-verdûtre.

L'orangé et le bleu (de Prusse).

Le jaune et le bleu indigo.

Le jaune-vert et le violet.

Le vert n*a pas de couleur complémentaire simple, m«iis il en a une composée, le pourpre.

Maintenant le mélange d'une couleur simple avec une quantité plus ou moins grande de lumière blanche produit une sensation particulière qui, attribuée à la couleur comme une de ses propriétés, constitue la saturation. Les couleurs spectrales elles-mêmes ont en mélange des pouvoirs colorants divers ; on peut dire qu'elles ont des degrés divers de saturation. Le violet est le plus saturé, les autres peuvent être ensuite rangées dans Tordre suivant :

Violet Bleu indigo Rouge Bleu (Prusse)

Orangé Vert

Jaune (1)

On peut dresser une table de saturation des couleurs selon les proportions où elles sont mélangées avec le blanc. On construit ordinairement, à cet effet, une figure triangulaire, dans laquelle les couleurs sont disposées de telle sorte qu'elles occupent par rapport au blanc des positions dont la distance soit proportionnelle a leurs degrés de saturation. Le blancs représenterait le centre de gravité vers lequel viennent coïncider les lignes droites qui coupent le triangle, et qui indiquent les couleurs complémentaires.

La mAme figure montre que les couleurs fondamentales sont au nombre de trois, le rouge, le vert et le violet, placés aux sommets des angles.

(1) Op. ctY.,p. 367.

60 PSVCROLOCIB PBTSIOLOGIQrK

89. Les ciiulenrs fondamentalps sont celles de la romposilion desquelles résultent toutes les antres. Newion arait considéré comme telles, le muge; le vert et le bleu ; Young avait substitué le violet au bleu. Helmhollz a suivi d'abord Young, puis Maxwell qui avait rétabli le bleu, il s'est enfin décidé pour le violet (I).

Y^oung d'abord, puis Helmhoitz qui a donné une explication plus développée des phénomènes sensilifs des trois coalenrs fondamentaies, ont admis :

1° Qu'il existe dans l'œil trois espèces de fibres nerveuses dont l'esi^ilation donne respectivement les sensations du rouge, du vert et du violet.

2" Que la lumièn- objecUve homogène excite les trois espèces de libres avec une intensité qui varie avec ta longueur des ondes. Celle qui a les ondes les plus longues excite plus fortement les fibres sensililes au rouge ; celle dont les ondes sont d'une longueur moyenne, les fibres du vert ; et enfin celle dont les ondes sont plus petites, les fibres du violet. Pourtant il faut reconnaître, ajoutent-ils, que chaque couleur excite toutes les espèires de fibres, bien qu'avec une intensité difiérente. Et en construisant une figure schématique des couleurs, au point de vue des fibres, Helmhoitz arrive aux applications suivantes :

Le rouge simple excite fortement les fibres sensibles au rouge et faiblement les deux autres espèces de fibres ; sensation : rouge.

Le jaune simple excite modérfiment les fibres sensibles au rouge et au vert, faiblement celles du violet ; sensation : jaune.

Le vert simple excite fortement les fibres du vert, mais très faiblement les autres; .sensation : vert, etc., etc. L'excitation à peu près égale de toutes les fibres donne la sensation du blanc ou des cou-

PERCEPTIVITÉ DE h\ SEFfSATION 61

neux : noir, gris, blanc. L^abscncc de lumière pi*end le nom d'obscurité ; mais un corps visible qui ne reflète pas la lumière est dit noir y tandis que quand il difluse toute la lumière il est dit blanc. Un corps est dit gris, qui reflète en égale proportion tous les rayons lumineux ; et il est coloré s'il reflète en plus grande quantité la lumière d'une couleur que celle d'une autre. En ce sens, le blancy le gris et le noir sont des couleurs. D'après tout cela, il n'y a plus aucun doute sur la nature des sensations de couleurs. C'est-à-dire qu'un corps n'est pas coloré par soi ; mais il apparaît tel par la vision. Les corps absorbent par une propriété élective certains rayons ; ils en reflètent d'autres ; ou encore ils en reflètent plus fortement quelques-uns, d'autres moins, et cette absorption et cette réflexion deviennent plus considérables dans les corps qui sont plus denses ; de là dans ces corps une saturation plus grande que dans ceux qui sont moins denses. Ainsi, selon les observations d'Helmholtz, une lame de verre blanc reflète ^ de la lumière qui la frappe normalement; deux lames en reflètent^, et un grand nombre de lames reflètent presque toute la lumière.

La vision des couleurs dans les corps se fait conséquemment par ces ondes lumineuses réfléchies qui arrivent à la rétine (1).

c Si maintenant on tient compte de l'intensité lumineuse, on trouve que la qualité de toute sensation lumineuse dépend de trois grandeurs variables, Vintensité lumineuse, le ton et le degré de saturation. »

Cependant t pour déterminer complètement la nature objective d'une lumière mêlée, il faut indiquer quelle quantité de lumière de chaque longueur d'onde elle contient ; or, comme il existe un nombre infini de longueurs d'ondes difl'érentes, on doit considérer la qualité physique d'une lumière mêlée comme fonction d'un nombre infini d'inconnues. Au contraire, la sensation quune lumière mêlée quelconque produit sur l'œil peut toujours être considérée comme une fonction de trois quantités variables, qui peuvent être toujours exprimées numériquement ; ce sont : 1** la quantité de lumière colorée saturée ; 2^ la quantité de lumière blanche qu'il faut ajouter pour produire la même sensation colorée ; T la longueur des ondes de la lumière colorée (2). »

90. En prenant toutes ces choses en considération, on peut établir un système des couleurs, comme l'avait déjà fait Newton. En réunissant ensemble les diverses saturations, les intensités, les qualités des couleurs, on peut représenter le système par deux cônes, ou par deux pyramides, ou par une sphère, comme l'ont dc\jà fait beaucoup de physiciens. Wundt préfère la représentation au moyen

(1) Cfr. HelnihollA, op. cil., pp. 3<)2- 1,369. Tyndall, la Lumière, pp. 55, 255 cl se<{.

(2) Helmboltz, op. cit., p. 371.

&i PSVCnOLOGIE PHVSIOLOGIQVR

de la sphère, comme étant une figure plus simple. Sur le plan de réquateur de cette sphère sont les couleurs de plus grande satumlion, et les gfadations qui dérivent de leurs mélanges ; à un pôle, le blanc le plus clair, à l'autre le noir le plus foncé qui ne peuvent «■lianger pour croître ou diminuer d'intensité lumineuse. Des lignes divisent la sphère, indiquant les gradations du blanc absolu au noir(l).

91. On croit communément que nous voyons tous les couleurs de la même manière ; mais il est aujourd'hui sufllsamment établi qu'il y a des yeux qui ne distinguent pas les couleurs comme un œil normal. Ce défaut a pris le nom général de dyschromatopsie ou encore celui d'achromalopsie. Seebecli a montré qu'il y en a deux espèces, le défaut de ceu\ qui confondent des couleurs différentes et dont les sensations en présence de couleurs différentes ne diffèrent que sous le rapport de l'intensité ; et celui des autres qui reconnaissent les erreurs, ou la plus grande partie des erreurs de ceux de la prcmifere classe.

Sous le nom de daltonisme, de Dalton, célèbre chimiste anglais qui fut le premier à observer sur luî-m^me ce défaut dont il éuit aflligé, on comprend ordinairement le défaut de vision du rouge ; Gœthe l'a appelé anerythropsie (Anerythropsia). Ceux qui l'ont rentrent dans la seconde classe de Seebeck.

Ceux chez, qui ce défaut a pris un développement complet voient dans le spectre deux couleurs, le bleu et le jaune, comme ils le disent eux-mêmes. Dans le jaune ils font rentrer te rouge, Voraiigé, le jaune et le vert. Ils appellent gris le bleu-verdàlre, et bleu toutes les autres couleurs. Ils ne voient pas le rouge extn^me, quand il est faible, ils le voient quand il est intense. Parmi les couleurs des corps.

PERCEPnVITÉ DK LA SENSATION 63

d eux serait insensible à certaines excitations du specli*e, et, dans le cas le plus commun de Tanerythropsie, ce seraient les fibres du rouge. La théorie opposée, qui repousse Ténergie spécifique des éléments nerveux, imagine dans la rétine une sorte d*insensibilité aux excitations d^une couleur spectrale donnée.

92. La sensation lumineuse a encore une propriété, l'intensité. Il faut la considérer : 1^ dans les conditions où elle varie sans que la couleur soit modifiée (et d'ordinaire on fait cette étude sur la lumière blanche parce que les résultats sont les mêmes que pour la lumière monochrome) ; 2** dans les couleurs variées.

Quand on traite de la lumière objective, son intensité doit être égale à la force vive du mouvement de Téther ; et pour la lumière monochrome, polarisée en ligne droite, cette force est proportionnelle au carré de la plus grande vitesse des particules de Téther. Dans un mélange de lumières dérivant de différentes sources, et ayant des polarisations diverses, l'intensité totale est égale à la somme .des intensités partielles (1).

Il semble que la meilleure méthode pour étudier les sensations lumineuses soit celle de la plus petite différence de lumière perceptible. Dans ce cas il résulte des expériences pour la lumière blanche que la plus petite différence de lumière que l'œil puisse percevoir est de îiô à ai' Bougier a trouvé jf,, Fechner ^4, Arago j^,, par le moyen de mouvements qui aident à faire distinguer les différences les plus petites. Masson a trouvé, au moyen de cercles tourmmts, que des yeux faibles peuvent voir une difl'érence de-^^,» "^^^"^ H"^ d^s yeux excellents distinguent jusqu'à ~^, Helmholtz a pu voir des différences de ,-ja, de ,4 et même de ^^.

Pour la plus petite différence perceptible des couleurs spectrales, Laniansky a trouvé :

le vert

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