HÔ
r le rouge l'orangé
le jaune
le bleu
le violet (2)
ai2
Fechner a formulé les lois de l'intensité de la sensation lumineuse, et, dans le chapitre iv, nous avons déjà parlé de ses lois psychophysiques. La loi fondamentale pour la sensation lumineuse est exprimée ainsi matliéniatiquement :
S est la sensation, II l'intensité quand elle ne sort pas de certaines Imites très étendues, A est une constante. La formule intégrée devient :
S = \ log.H -h C.
il) Helnihollz, op, cU»^ p. III.
U; Gfr. Wundl, op. cit. y p. 3H:j.
64 PSYCHOLOGIE l'IlïSIOLOGIÛUK
€ est une auli'c constante.
d S représente des dilTérences égales de la sensation H ; si par l'intensité h on représente le degré d'intensité correspondant à lu sensation S, on aura :
S — s = log, -r,
formule qui mesure et dctermine la sensation dilTérentielIe par le degn': d'intensité.
Fechner a montré que cette manière de mesurer les intensités a exercé une influence déterminée sur la classification des étoiles par grandeur. Les étoiles ont été classées d'après l'impression qu'elle,s produisent sur l'œil, et non par des mesures photomcttiques ; celles-ci n'ont été faites qu'ensuite. Pourtant Fechner a compare ses lois aux détei-minations photométriques de Herscbcll et de Sleinheil, et il a trouvé que pour, les mesures d'HerschclI, la grandeur G, qui détermine la classe d'une étoile, est exprimée par la formule :
G = 1 — 2, 85^0 log. H, et pour les mesures de Sieinhel,
G = ?, 3114 — 2, 168 log. H, formules qui sont d'accord avec les précédentes. La loi de Fechner concorde d'une fai;on satisfaisante avec l'observation.
La loi que nous venons de citer n'est valable que pour des intensités dont la valeur n'est ni trop petite ni trop gi'ande ; Fechner expUque ce Tait par les troubles qui peuvent dériver des circonstances difTérentes; e'csi-ù-dire, l'épuisement de l'œil pour une lumière trop intense, et l'inllnence de la lumière subjective de l'œil pour une intensilé très faible. Pour cette raison, les formules l>euvent subir une modification ; cependant, et Helmhoitz hii-n
rétine sur laquelle se dépeint le cercle, sont excités par la répétition rapide de Timage du point blanc qui parcourt le cerc^le. Cette impression, qui semble continue, ne pouvant être aussi forte que si elle provenait d*une lumière blanche, l'anneau qui se forme est gris et non blanc, parce qu'il se mêle au noir qui frappe la rétine en même temps. Si, au lieu d'un point, on en a deux situés à la même distance, tous les deux formeront un cercle et se confondront ; il en est ainsi s'il y a trois ou plusieurs points situés à la même distance du centre de rotation. Si donc on suppose des cercles tracés sur un tel disque, de façon que leurs centres soient sur l'axe de rotation, tous les points de chacun de ces cercles, pris isolément, donneront dans la rotation l'image d'un cercle éclairé imiformément, et toutes les images de chacun d'eux se réuniront en une image commune sur la rétine. On peut donc donner la loi suivante pour ce phénomène : Chaque cercle du disque dont le centre est sur Vaxe de rotation, apparaît comme si toute la lumière qu'émet chacun de ses points se distribuait uniformément sur la circonférence entière de ce cercle. Cette loi est applicable aux cas de lumière monochromatique, et de lumière composée.
La loi applicable à l'action de la rétine peut s'énoncer ainsi : Quand un point de la rétine est impressionné par une lumière qui subit des variations périodiques et régulières j et que la durée de la période est suffisamment courte, il se produit une impression continue, semblable à celle qui se produirait si la lumière émise dans chaque période était distribuée dune manière égale pendant toute la durée de la période. Plateau, Fick, Dove, Helmholtz ont, par des expériences variées, confirmé cette loi énoncée par le dernier de ces expérimentateurs (l).
D'autres expériences ont été faites pour mesurer la durée de l'impression sur la rétine ; et pour (îola on emploie des disques colorés que Ton peut mouvoir avec une vitesse variable et mesurable. Les couleurs diverses semblent pn'scnter des différences dans la durée de leur persistance. Plateau fit tourner, à la lumière ordinaire du jour, un disque qui avait douze secteurs blancs ou colorés, et douze secteurs noirs de la même étendue. La durée du passage d'un secteur noir était, par suite, la 24*^ partie de la durée de la rotation du disque. La durée du passage, pour que le disque produisît un effet uniforme, était suivant Plateau :
pour le blanc 0. 101 de seconde
— jaune 0.199
— rouge 0.232
— bleu 0.295
et suivant Emsmann :
;i) Helmholtz, op, cit., pp. 115-53.
Sergi. o
66 TSTCHOLOGIE PHTSIOLOGIQCE
pour le blanc 0.25 de seconde
— jaune 0.27
— rouge 0 .24
— bleu de 0.22 à.... 0.29
Ces nombres semblent rclativcmeni grands à Helmhoitz.
Selon ses expériences, pour un disque couvert de secteurs noirs cl blancs d'égale largeur, à la lumière d'une lampe très forte, le passage d'un secteur noir ne doit pas durer plus de -^ de seconde, cl ne doit pas dépasser -^ pour une lumière très faible, comme celle de la pleine luue. Avec des disques qui ont des secteurs de formes diverses, et eu mesurant une période entière de variation, pendunt le passage d'un secteur blanc et d'un noir, Helmholu a trouvé -^ de seconde pour une forte lampe et -^ pour une lumière faible. Lissajous a trouvé -^ de seconde en observant le parcours d'un point très lumineux qui suivait les oscillations d'un diapason (1). D'après cela, il est clair que la mesure de la durée de l'impression lumineuse dépend de beaucoup de conditions, intensité de la lumière, mode d'expérimenlalion, diversité de lumière, c'est-à-dire lumièi-e blanche ou chromatique, et, de plus, de certaines dispositions individuelles qui ne semblent pas avoir encore été introduites dans le calcul.
En terminant le paragraphe relatif à la mesure de la durée de l'impression, Helmhoitz fait cette observation très importante: i 11 résulte des faits que nous venons d'exposer, que la lumière, en excitant la rétine, produit dans l'appareil nerveux visuel une première action qui se iransfoi'mc eu sensation dans les instants qui suivent. La gnmdt'ur de la modification primitive, produite par une impression lumineuse momentanée, ne dépend que de la quantité de lumière qui est venue sur la partie de la rétine excitée ; elle est
PERCEPTIVITÊ DE LA SEÎfS.VTION 67
De ce que rimprcssîon dure plus longtemps que la présence de Tobjet, il résulte un phénomène, très important à noter, du reste très commun, c'est celui des images accidentelles. C*est ce phénomène par lequel, après avoir reçu sur la rétine une impression dune durée et d'une intensité plus ou moins grandes, si on tourne les yeux, en les y fixant, vers un fond noir ou gris, ou blanc, on voit limage du même objet, ou bien encore, en fermant les yeux et en les recouvrant, sans presser, de manière à avoir une obscurité complète, on fait reparaître la dite image. Je ne développerai ici ni les différents moyens d*expérimentation, ni la variété des images qui résultent des expériences variées ; si on veut étudier ce fait en détail, on peut recourir principalement à Helmholtz. Je dirai seulement que ces images sont positives et négatives, et qu*il faut distinguer les images de lumière blanche de celles de lumières chromatiques ou colorées.
Helmholtz donne des images accidenteUes {Xachhilde) les définitions suivantes. Les images positives aux(iuelles on peut appliquer plus spécialement le nom d'images persistantes, sont celles oii les parties claires et les parties obscures de robjet apparaissent respectivement claires et obscures; Icsimngcs négatives, celles oh les parties claires deviennent obscures et les obscures, claires, Wundt objecte que, dans l'image accidentelle d'une surface blanche ou colorée, la clarté du contour est déterminée seulement par le contraste. 11 propose don(^ une autre définition. En général, les images positives peuvent s ol)tenir, quand l'excitation lumineuse (\u\ j)art d'un objet a une durée très courte, un tiers de seconde pour Helmholtz ; les images négatives, au contraire, quand l'excitation dure beaucoup plus. Lorsque lobjet est coloré, la difiërence des deux images ne consiste pas seuh^ment dans la place respective des parties claires et obscures, mais encore en cela, que les images peuvent être de couleurs ou identiques ou complémentaires, qu'elles soi(*nt positives ou négatives.
Wundt en donne le tableau suivant :