‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 18 sur 92 · IV. — GOL'T ET OKOHAT · texte numérisé non relu

IV. — GOL'T ET OKOHAT

105, Organe du goût. — Le goilt it^side prin<^ipalenient dans la langue, et le nerf qui sert à la sensation est le glossophar\'ngien. Les extrémités des nerfs se terminent dans la langue en papilles en forme de calices, dans lesquelles on a dw-ouverl des apiKintils lemiinaux qui ont piis différents noms ; ils ont lîté nounués par ScliuItKe calices r/ii goût. .\ ces éléments s<! joignent les papilles eu forme; de feuille qui se irouvcnt chez quel<iues maimuifèri-s connue cliex l'homme.

Fii;, ■;■,'. — Organe ilu^î'ifll liaprt-s Entiolniiinn.

Le nombre des nr^'anes tei-minaux est très considérable (3).

Leur bmgueur est d:uis llioimne de 11,0810 à (1,1170'.)""". Leur paroi

est formée de cellules i)lates, lancéolées l.lig. i'J ) , qui sont

;li Ij-iSihx ri rlHMlinfHfr. \i. 1 II.

;. Voir pour Ifï Jirniùres i-xpêriFncPS Ikmniiliimi. Iti-iraii-li u» thr Inaprriiliirr-iriui: in Mjmi. april 1885.

■3| ScIiwiUm' a rtii-nlu' à ili^liTOiiiirr Cl- niiiiilirc. I^ iiapilli- ruliLiriinin' ilu moulun f D uiinlii-iil IM. lu l>nK>U- t'iili<>r>-, avi-i: si-s 20 iju|iillcs, f ji u '.M>JU. Ihius If vi^u. on rn tniuvr l.TiiO |iar lupilk, le qui ilonni- un tnlal ùi- jrj.SOO. — Cfr. Frev, ffûttilogir. S 305.

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ftituées verticalement les unes à côté des autres comme les sépales du calice d'un bouton de fleur. Ces cellules de revêtement convergent à leur extrémité supérieure ; h leur partie inférieure, elles se terminent par des prolongements en forme de rubans qui entrent dans le tissu muqueux et semblent s'unir avec les autres éléments de l'épithelium.

Au centre de ce calice gustatif, on voit un faisceau allongé formé de cellules gvstativen. Le corps de la cellule, avec le noyau, a la forme d'un fuseau et se termine en haut par un bâtonnet, en bas par un filament. Au-dessous de ces calices, on voit un réseau de tubes nerveux, blancs, avec de la moelle.

Outre la langue on dit que le palais a aussi la sensibilité du goût; mais cela est très incertain, bien que certaines observations attribuent cette faculté aux parties molles du palais, et même à la luette. En somme, la raison de toutes ces incertitudes, c'est qu'on n'a pas fait jusqu'à présent, sur cet organe qui a aussi son importance, toutes les recherches désirables.

106. L'organ<! du goût est excité par les substances solubles, qui peuvent être rangées en cinq catégories: les douces, les salées, les terreuses, les acides, les amèrcs.

Les recheri^hes de Graham sur la dialyse ont montré une condition nécessaire de la sensation de goût ; c'est qu'il ûiut que les substances soient de la classe des corps cristalloîdes. Ces corps sont représentes par l'amidon, la gomme, le tannin, l'albumine, la gélatine, les matières extractives animales et végétales. La raison est que les colloïdes ne se traversent que lentement et avec difiiculté, tandis qu'un corps cristallolde les traverse très promptement. Les membranes animales étant de la classe des colloïdes sont facilement perméables

un autre qui communique à la langue cette propriété: c'est le nerf lingual, f On ne sait pas encore si ce nerf contient en même temps les fibres de sensibilité générale et les fibres gustativcs (i). > De toute façon, il est certain quun corps sapide étant donné, nous avons de lui non seulement la sensation de saveur, mais encore crelle de sa forme, celle de résistance, etc., comme pour le lact et la pression; et il est certain aussi que nous localisons de la même façon les deux sensations, de goût et de tact, dans la partie de la langue excitée. Les sensations du goût s'associent naturellement à celles de Todorat.

107. Organe de Vodorat, « L'organe de lolfaction se compose des deux fosses nasales et d*un système de cavités secondaires qui communiquent avec ces dernières. > L'organe entier , à l'exception des deux parties supérieures des deux fosses nasales, ne prend pas une part directe à l'olfaction ; il prépare plutôt cette sensation, et constitue simplement un organe de tact (Frey).

La cavité du nez est formée de trois conduits tapissés d'une membrane muqueuse et nommés cornets. Le conduit inférieur et le conduit supérieur, pour une partie, prennent le nom de région respiratoire, parce qu'ils aident à la respiration. Le conduit supérieur et une partie du conduit moyen s'appellent, selon Todd et Bowmann, région olfactive, parce qu'ils sont aptes à recevoir les excitations olfactives. Cette partie de la muqueuse a pour caractère une coloration brune ou jaunâtre, qui est plus accentuée chez les adultes ; mais elle est peu développée chez l'homme (Frey).

La muqueuse olfactive est recouverte de cellules épithéliales cylindriques ; Schultze les a nommées cellules olfactives. Elles présentent des allongements en forme de bâtonnets, et des prolongements filiformes semblables à des fibres nerveuses ; et il est probable que ces derniers se réunissent au nerf olfactif. Ce nerf sort des lobes olfactifs, qui sont des gonflements situés dans les hémisphères cérébraux et suffisamment distincts des autres renflements (fig. 23).

108. L'excitation de la muqueuse nasale, dans les parties qui constituent la région olfactive, se fait par des substances aériformes. « Les substances odorantes ont en général une grande affinité pour Toxygène ; par exemple l'hydrogène sulfuré, unci des odeurs les plus fortes, est rapidement décomposé à l'air par l'action de l'oxygène ; les carbunîs d'hydrogène, corps odorants, sont tous oxydables, comm(î les ahrools, les étliers, les huiles essentielles, qui constituent la substance active des parfums aromatiques. Les gaz non odorants ne sont pas attaqués par l'oxygène à la température ordinaire ; par exemple, le gaz des marais (protocarbure d'hydrogène) qui n'a aucune odeur. Or ce qui prouve qu'il n'a pas la propriété de s'oxyder à l'air, c'est que le professeur Graham a pris au fond d'une mine du gaz qui y était enfermé depuis les temps géologiques, et il l'a trouvé

(1) Bernstein, Les Sens, p. 255.

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mêlé à de l'oxygène pur ; c« mélange n'aurait pu durer aussi longtemps si les deux gaz avaient eu la moindre affinité. L'hydrogène n'a aucune odeur dans les circonstances ordinaires ; aussi il ne peut se combiner avec l'oxygène à une température supportable à l'homme, bien qu'à une température très élevée, il se combine avec lui pour former de l'eau.

« De plus, à moins qu'un courant d'air contenant de l'oxygène ne

bien que saturéo d'odeur, comme le serait une e^u de Cologne très piquante, ne peut exciter la muqueuse nasaU\ En fait, il a rempli complètement son nez de cette eau et il n'a éprouvé aucune odeur. C'est que le liquide empêche le courant d'oxygène de l'air, et, par suite, la combinaison de l'oxygène avec la substance odorante.

109. La sensibilité olfacîlive est bien plus diirérentielle que celle des autres sens ; cela veut dire qu'il faut une particule bien plus petite que dans les autres sensations pour exciter la sensation olfactive minima. Valentin a fait des expériences importantes à (*e sujet, il a trouvé que Thydrogène phosphore peut exciter la muqueuse à la quantité de — de gramme ; l'hydrogène sulfuré à celle de ^^ ; le brome, à celle de ^„ ; l'huile de résine, à celle de ^^j;^,.

Une simple trace d'huile essentielle de rose vaporisée suffit pour nous procurer une odeur agréable, et une quantité infiniment p<aite de musc donne aux habits une odeur (|ui persiste longtemps. Valentin a calculé que nous pouvons percevoir l'odeur de ^^—353 de milligramme de musc. Mais cette sensibilité si grande est dépassée de beaucoup chez quelques animaux, comme le chien par exemple.

110. Il n'est pas facile de faire une classification des odeurs, tant elles sont nombreuses et variées. Beaucoup ont tenté d'en donner une. Bernstein veut les ranger en deux catégories : odeurs agréables ou parfumSj et odeurs désagréables, ou mauvaises odeurs. D'autres, comme Bain, préfèrent la division de Linnée rapportée par Longet dans sa physiologie. Selon cette'division, les odeurs se ramènent à sept classes principales : 1*^ les od(?urs aromatiques, comme celle du laurier; 2® les odeurs fragranles, comme celle du jasmin; 3® les odeurs ambrosinques, exemple le musc; 4** les odeurs alliacées j agréables pour les uns, désagréables pour les autres ; ce seraient (•elles de l'assa-fcrtida et celle de la gomme résineuse ; .V les odeui's fétides, par exemple (!elle du bouc, de la valériane ; G** les odeurs vireuses, et 7** les odeurs nauséeuses.

Il résulte de TobscTvation qui», outre les s(»pt espè(;es d'odeurs indiquées, il y en a d'autres que souvent l'on ne peut désigner par un nom correspondant à la sensation qu'on éprouve : (îcla vient de la grande variété de sensations, et aussi de la relativité du plaisir ou de la répugnance que produisent les odeurs.

11 n'est pas douteux qufc les sensations d'odorat et de goîit ne soient perceptives. C(»pendant (;elte perceptivité ne serait pas très claire pour le sens du goût si le sens du tact n'était pas aussi développé dans la langue. La perceptivité de l'odorat est plus vague, et pourrait induire en erreur s'il n'y avait pas d'autres sens agissant simultanément et su(rcessivement. Os deux sortes de sensations sont cependant Tune et l'autre très importantes pour la vie; organique, et on pourrait même dire qu'elles sont propres à celte vi(» organique si, dans le processus évolutif, (»lles n'avaient pas d<'jà été rappro<rhées des sensations de la vie de relation, avec lesquelles elles ont en commun

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l'origine et le. développement, par les sentiments d'ordre intellecluel qu'elles suscitent. Et même, comme on le dira d'une façon plus détaillée, ces deux sens, et surtout l'oIËtction, provoquent des sentiments esthétiques assez définis.

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