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IDÉE D ESPACE

dans nos idées de surface, de celles comprises dans nos idées de texture; enfin, des autres nombreuses impressions que représentent les termes de ductilité, flexibilité, élasticité, etc., tout cela rapporté à une seule place dans l'espace et dans le temps. » — « La perception du corps comme présentant des attril)uts statiques et statico-dynamiques est un état de conscience composé ayant pour éléments primaires les impressions indéfinies de résistance et d'étendue, inconditionnellement unies ensemble et avec le sig'et, dans des rapports de coïncidence dans le temps ou de contiguïté dans l'espace ; ayant pour éléments secondaires une série de rapports entre des positions résistantes, diversement unies entre elles dans des rapports de simultanéité et de séquence : ceux-ci pour la plupart dépendent condilionnellement de la nature de l'objet et des actions du sujet et tous sont unis condUioniiellemeHi avec les éléments primaires par des rapports de séipience. » dette perception a comme autres éléments secondaires certaines relations indéfinies (constituant les connaissances de grandeur et de forme) qui sont aussi inconditionndlcmvnt unies avec les éléments primaires et avec les autres éléments secondaires (1). »

Les attributs statiques, volume, figure et position, qui sont des attributs d'espace du corps, ne sont pas donnés par la vision seule, il faut encore le mouvement, comme on le voit par la perception de la distance, qui résulte des expériences musculaires. La rétine, par le moyen du mouvement, peut éprouver une série de sensations et ainsi l'élément primitif, par le(iuelse développe l'idée d'étendue visible, est une connaissance de la position relative de deux états de conscience dans une série d'un grand nombrt; d'états qui suivent après un mouvement subjectif. L'idée de l'étendue visible n'est cependant pas constituée par la relation entre des états de conscience successifs, mais elle est un symbole des perceptions musculaires et tactiles, parce que la notion d'étendue ne se développe i>as sans la mesure de la distance, et que celle-ci n'est pas possible sans les expériences du toucher qui donnent les Umites de la distance. Si on considère le processus par lequel un aveugle-né peut connaître les attributs de l'espace, la figure peut se résoudre dans les grandeurs relatives, lu grandeur dans les positions relatives, et toute position relative peut finalement être nimenée à une position relative entre le siget et l'objet (2).

Puisque la perception des attributs d'espace se résout dans des positions relatives du sujet et de l'objet et que ces positions peuvent être connues seulement par le mouvement, comment, par l'expérience de l'espace occupé, ou du corps, peut-on acquérir la notion d'espace ou d'étendue non occupée ? (Comment de la perception de position résistante passe-t-on à celle de position non résistante ? Oonmient est-il possible de séparer l'idée du corps de celle de position t — Puisque c'est par le mouvement que s'acquiert la perception de la position relative des objets, il en résulte qu'ilyaassociation, par l'expérience, cMitre le mouvement et la position ([u'occupe l'objet. Mais dans les expériences continuelles, de la vue par exemple, il n'y a pas toujours une perception de l'objet dans une position donnée : « Nous trouvons ({u'un certain mouvement d(* l'œil ((ui a été suivi une fois de la vue d'un objet noir est suivi maintenant dt^ la vue d'un objet blanc, puis d'aucune vue; il en résulte que l'idée de position particulière qui accompagne chacun de ces mouvements est, par l'accumulation des expériences, séparée des objets et impressions. 11 en résulte encore que, conmie de tels mouvements sont infinis, ces positions que l'on conçoit indépendamment des corps doivent être infinies. 11 en résulte ensuite

;i) Op, cit.. pp. IW'» cl 183. Trad. fram;. {i, Op. cit„ •; 328.

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que, comme dans le premier acte de i» perception el dans tous ceux qui solTent, chaque position est connue comme coeiislant avec le eiijet, il se produit une ronscience àe. ces positions cocxistanies, inlinies en nombre, c'esti-dire de l'espace [1). • Ce processus assigné par Spencer ï la perception t beaucoup d'analogie arec le processus aniljtique que J'ai «posé ping haut, et Je serais disposé à aucepler celte diiiocialion des objets et des impressloDS de la position, comme le mojen d'obtenir la séparation mentale de l'espace per^n dans les corps, de l'espace abstrait, devenu idée.

Ce mode d'euplîcaiion n'est pas encore complet pour l'espace. Par suite de la nature de la rétine qui est composée d'éléments capables d'être eicitét indépendamment, nous recevons simultanément plusieurs excitations, dont une petite partie seulement se font directement su point central, les antres sont latérales ; nous avons cependant une certaine conscience de ce* dernières, bien que cette conscience ne suit pas aussi claire que celle de la vision directe.

Ces excitations simultanées ont un rapport avec les excilalJons en série. Supposons la série de A i Z, laquelle se présente successivement à b rétine; par suite de la rapidité de la succession, cette série successive se manifeste comme simultanée, attendu que l'excitation Z commence avant que l'eiciutioa A ait cessé, et pour un moment la série entière A-Z reste en même temps en un état d'excitation. Supposons maintenant que l'œil est tourné vers une ligne d'une longueur égale i la série A-Z, il en résulte que cette excitation difiêre de la première, en ce qu'elle est persisranle et non accompagnée de la sensation du mouvemenL II suit de là, par suite, en vertu de la loi d'association, que la série entière d'un )(rand nombre d'états tend i se roiuolider en un état anique. Ce qui est vrai pour la ligne, l'est aussi pour la turfaer, et pour l'espace i Iroii dimensions, lequel constitue une conscience complète des positions relatives. De li dérive une conscience naistante d'une ioQnilé d'autres positions, une conscience qui est naissante dans le même sens quo la conscience des divers objets qui sont situés hors du centre du cbamp visuel. Le mouvement fait tout le reste.

La difficulté que l'on pourrait trouver i concevoir comment, pour une notion

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de Pinluition de l'espace, laquelle est reconnue comme étant nécessaire. Cette conception repose sur le principe d'éTolution et sur celui d'hérédité, par suite desquels nous avons une structure nerveuse douée d'une prédisposition à hi perception d*espace. L'auteur pense ainsi concilier la théorie de l'expérience avec l'harmonie préétablie de Leibnitz et le transcendantalisme de Kant. • En admettant que les données de l'intelligence sont a priori pour l'individu et a posteriori pour la série entière des individus dont il est le dernier terme, nous échappons aux difficultés des deux hypothèses telles qu'on les présente communément (1). »

235. L'idée d'espace se convertit en celle de coexistence. Selon l'école anglaise, Mill, Bain, Spencer, la coexistence dérive de la succession. Toutes nos perceptions n'arrivent que successivement à la conscience ; il ne s'en présente qu'une seule à la fois dans le champ de la conscience, bien qu'évidemment un grand nombre arrivent simultanément. C'est le mouvement qui joue le principal rôle dans la succession, laquelle est un ordre sériel de sensations obtenues par le mouvement; il en est de même dans la coexistence, où le fait est plus complexe, la succession devant se changer en une série continue et coexistente. La façon dont se fait cette transformation est ainsi décrite par Spencer : c La consolidation {unification) si souvent décrite d'une série d'états de conscience en un état presque simple ne constitue pas la totalité du procédé qui donne naissance à nos idées de coexistence et d'étendue. C'est une propriété des séries tactiles et visuelles qui concourent à la genèse de ces idées, de pouvoir non seulement être transformées en un état composé dans lequel les positions successives deviennent des positions simultanées, mais encore de pouvoir être renversées. La chaîne d'états de conscience de A à Z produits par le mouvement d'un membre, ou d'un objet sur la peau, ou de VœW le long des contours d'un objet peut avec une facilité égale passer de A à Z. Tout différents de ces états de conscience qui constituent notre perception de séquence, et dont Tordre n admet aucun changement, ceux qui constituent notre perception de coexistence admettent que leur ordre soit renversé, suivent aussi facilement une direction que l'autre. > Et plus loin, après avoir démontré que nos perceptions sont successives dans la conscience, il se demande comment nous pouvons connaître la coexistence de deux choses qui ne sont pas visibles ensemble. < Quand un adulte, après avoir vu un objet A, voit un autre objet B, il affirme d'ordinaire leur coexistence sur le fondement de cette simple observation. Il est évident que ce qui le rend apte à cela, c'est une accumulation d'expériences «intérieures, d'où il a tiré rinduction que certains groupes de phénomènes sont persistants. Mais qu'entend-il par persistants ? Il veut dire que les phénomènes sont de telle sorte qu'il peut de nouveau en avoir une conscience

(1) Op. cit., S 331-332.

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aussi vive qu'auparavant. Il pense qu'en retournam la léle. l'objet A lui causera une impression nouvelle telle que celle qu'il lui a cuusée d'abord.

• Le contenu total de cette assertion : .\ et B roexistCDt, c'est que les états de conscience que chacun produit en lui, il peut tes ailomer aussi souvent qu'il lui plait. Mais laissons la coexistence qui est connue par infcrence : nous ne devons nous w-ouper iei que de ces expériences primordiales (|uî produisent en uous la notion de ooexislence. Pour une intelligence naissante, des impressions produites par deux objets A et B, vus successivemeni, ne peuvent paraître diiTéi-er <;n persistance de deux sons entendus l'un après l'autre. Dans les deux cas, il n'y a rien qu'une s(>queiice d'f'-tats de conscience. Comment donc l'un des deux rap|>orts vient-il à se distinguer de l'autre? Simplement par ceci : c'est qu'on trouve que tes teimes de la seconde séquence ne peuvent èlre conçus dans un ordre inverse avec une égale clarté, tandis que, pour la première, on le peut. On trouve pareillement que, tandis que certains états de conscience peuvent se suivre avec; une facilité e( une clarté égales, dans une direction et dans la direction <^ontraire (A, It ; B, A), d'autres ne le peuvent pas ; et de là résulte la distinction du rapport de séquence et du rapport de coexistence (1). >

Ce n'est pas, d'après Spencer, la simulLanéité des sensations qui donne naissance à l'idée de coexistence, mais une inférenee dérivant de l'inversion de la série obtenue par expérience du mouvement avec les sensations tactiles et visuelles. Ce n'est donc pas une notion immédiate de l'expérience, mais une noUon médiate, parce qu'elle dérive non seulement de l'expérience d'une séiie invertie et susceptible d'Otre invertie, mais encore de la connaissance de l'inversion.

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qui n'admettent pas qu'on puisse avoir deux sensations simultanées, parce que Tattention de la conscience ne peut se porter que sur une seule. Bien qu'il soit possible que des impressions extérieures se produisent simultanément, et de la part de divers sens, il ne Test cependant pas que nous portions notre attention sur un grand nombre. Laissant de côté, pour le moment, cette question générale qui sera traitée en parlant de la conscience, je dis, pour me restreindre au phénomène de la coexistence de Tespace, qu'il y a et qu'il peut y avoir simultanément deux perceptions ayant rapport à l'extension dans l'espace, et dont lune peut être claire et distincte tandis que l'autre est moins claire et moins distincte que la première. Le phénomène se produit de cette façon dans la vision, dans laquelle on a la vision directe qui donne la conscience claire, la conscience avec attention, et la vision indirecte qui donne la conscience obscure ou sans attention.

Et cen*est pas là une simple hypothèse, mais unfaitd*expérience; au moment même où nous avons le regard lixé sur un point d'un objet, nous voyons aussi les parties latérales et les contours de ce même objet, c'est-à-dire que nous voyons une série de points disposés et placés dans un certain ordre, et coexistant avec le point principal que nous fixons parla vision directe. Quand nous voulons porter notre attention sur un autre point de la même série, nous mouvons Tœil, en dirigeant le regard sur ce point ; ce point devient alors le point de la vision directe et de la conscience claire et dis* tincte, et le premier, s'il n est pas en dehors des conditions de la vision, est visible indirectement, comme je Tai montré dans la figure 33 (pag. 200). De la combinaison de la vision directe avec la vision indirecte, ou, en d'autres termes, de la combinaison de la conscience claire ou avec attention, avec la conscience obscure ou sans attention naît une perception composée qui est celle de coexistence. A l'état adulte, et après une longue série d'expériences, cela est possible, même quand le regard est immobile ; mais originairement, et pour constituer Texpérience, le mouvement est nécessaire ; d'où il suit que la coexistence est formée non seulement par la simultan(4té décrite, mais par la succession de la simultanéité même, avec le passage de la conscienci» claire à la conscience obscure, et de celle-ci à la première, et, pour m'en tenir à la vision, du passage de la vision directe à la vision indirecte du même point, et de la vision indirecte à la vision directe d'un autre point de l'objet visible. De telle sorte qu'on a la succession dans la simultanéité des penreptions, et la coexistence dans la succession. Je crois possible de cette façon la ronsolidation de la perception d'espace considérée dans la coexistence.

Toutefois l'inversion admise par Bain et Spenc(T de la série successive a une grande influence pour consolider la notion de coexistence ; mais, au lieu de la considérer, comme le moyen unique

Sergi. 15

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pour acqu«-rir celle nolion qui se trouve déduite de la possîbOiu et de la racilité de l'inversion, je dis qu'elle est un des moyei* secondaires pour l'acquisition de la notion de coemtence, parce qu'elle aide principalement à vérifier le fait de la perception simultanée et successive que nous venons de décrire.

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