‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 38 sur 92 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

IDI^JS D*ESPACE 219

Visible ou tangible, mais simplement un processus musculaire, soit des yeux, soit du bras, soit des autres membres, comme les jambes, qui sont propres à nous donner rcxpérience de la distance. Mais, en y réfléchissant bien, on trouve que retendue représente un processus musculaire se développant avec les sensations spéciales des sens représentatifs, tact, vue, etc. ; parce que, comme on Ta déjà vu, rétendue dérive d*une série ou d*une succession d*excitations contigurs. L'étendue n'est pas l'objet, mais la représentation se confond avec la propriété ou attribut de l'objet même, tandis que, dans la cas de la distance, la représentation d'espace montre clairement son origine qui vient du mouvement musculaire joint au sentiment dinnervation qui raccompagne. Quand le mouvement est libre, sans résistance, on a la perception d'espace vide. Cet espace est indéterminé, sans forme, sans figure et sans dimensions établies. La distance consiste dans cet espace vide. S'il a quelque dimension, c'est simplement la longueur ; il acquiert ensuite la forme, la grandeur et les dimensions, et par les limites de l'espace occupé, et parce que les attributs de cet espace sont transportés à l'espace vide et le déterminent. Ce fait suppose l'analyse primitive que nous avons indiquée, c'est-à-dire la séparation mentale de l'étendue de l'objet perçu comme étendu. Etant donné l'étendue pure ou abstrailCy ou ce qui est la même chose, étant donné Vidée de l'étendue avec ses modalités, celle-ci se transporte avec une grande facilité à lespace vide qui est, par suite, assimilé à une idée d'espace pur ou non occupé. C'est là un second processus dans l'évolution de l'idée d'espace, processus synthétique, avec lequel on a une représentation totale, une idée dans laquelle il n y a plus distinction entre l'espace vide et Tespace occupé ; on a par suite une idée d'espace mesurable, qui peut avoir toutes les formes possibles, et toutes les dimensions corporelles. L'idée d'espace est évidemment une forme abstraite de l'espace perçu par les sens, de la façon que nous avons exposée précédemment. Celle idée, que les philosophes et psychologues allemands appellent intuition (Anschauung) , a, selon l'expression heureuse de Wundl, trois marques caractéristiques, pluralité, continuité et homogénéité des dimensions (1). La pluralité se rapporte aux diverses dimensions que nous percevons, au nombre de trois ordinairement ; il y a continuité en tant que nous ne trouvons pas d'interruption dans Tespace, et la représentation de l'espace dans les corps est quelque chose de continu où il y a homogénéité, c'est-à-dire que les propriétés de l'espace ne changent pas, quelle que soit l'image superficielle.

233. Les philosophes se demandent si Tespace est objectif, c'est-à-dire quelque chose de réeU ou bien si c'est une simple forme subjective à laquelle

(1] Grundzûgey etc., pp. 685 et seq.

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rien d'exlérieur ne ['orrrspond. Cette question ne trouve liée ï une autre ; concevons- nous l'idée d'espace, on en avons-nous l'intuitinn, c'est-ï-dire crtte notion dériv«-t-elle de l'eitpérience ou est-etle une intuition aprioriJ Ce n'est pas ici le lieu d'examiner et de résoudre l«s difllcultés que soulève celte question, cela n'entre pas dans notre sujet: je crois bon cependant de rappeler seulement quels sont les philosophes qui ont émis des théories sur la question. En première ligne je mets KanI, qui a exercé une inOuence considérable sor la philosophie allemande, qui a été suivi en AnKlclerre par Hamiltou et qui refiarde l'idée d'espace cnninic une idée apriori, i.'onime une fornie subjective de la sensibilité, et lui reûise louie valeur objective. Voici comment il s'exprime: • L'espace u'est rien autre chose que In forme de tons les phénomène* des sens externes, c'est-ù-ilire la seule condition subjective de la seosibililé sous laquelle soil possible pour nous une intuition extérieure (1) -. Et ensidte: • Toutes les choses, en tant que phénomènes extérieurs, sont juxtaposées dans l'espace: celte règle a une valeur universelle et sans restriction. Notre examen de l'espace nous en montre donc la r/alitf (c'cst-â-dire la valeur objective) au point de vue de la perception des choses comme objets extérieurs; mais il nous en révèle aussi l'idéalité an point de vue de la raison considérant les choses en elles-mêmes, abstraction Tniie de la constitution de notre sensibilité, ^ons atHrmons donc la réalité nmpiriiiuf de l'espace (relativement à toute expérience antérieure possible), mais nous en affirmons aussi Vider tranurnânilalr, c'esi-1dlre la non-existence, dès que nous laissons de côté lesconditionsdeiapossihiliude toute expérience et que nous nous demandons s'il peut servir de fondement aux choses, en soi. • Hamilton qui soutient la théorie de l'espace a jiriori, a essuyé de très sérieuses critiques de la part de Hill et de Spencer (£).

Herbart, le créateur de la psychologie moderne en Allemape, est an contraire pour la théorie de l'expérience. Ses idées sont en très grande partie adoptées par Wulkmann, qui suit entièrement la doctrine berbanicnne (3}.

Ou peut dire, en général, que les idées de Kant ont encore une certaine intluence non seulement pn philosopliic, mais eni'oi-e dans les théories physiologiques de l'espace. Tuuternis la philosophie réaliste a gagné du terrain sur b

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