‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 44 sur 92 · ASSOCIATION ET CONTRASTE DES PERCEPTIONS S · texte numérisé non relu

ASSOCIATION ET CONTRASTE DES PERCEPTIONS S

sensations simples, isolées de cette manière, n'existent pas, et c'est une véritable abstraction de les considéi*er comme des faits ou des états de conscience. En général, nous éprouvons des sensations plus complexes, d'une durée plus grande, et variables quant à leur intensité. Alors l'état de conscience commence à montrer de la multiplicité et de la variété dans la série sensationnelle même, qui est perçue par l'être sentant, dans les divers passages, comme une succession de sensations appartenant à la même catégorie. Ce n*est pas seulement une certaine durée de sensation uniforme qui est perçue grâce au sentiment de tension, mais c'est une variété de la même sensation qui se présente successivement, comme divers états simples en composition. Mais ce fait peut encore être regardé comme simple, eu égard à la grande complexité des sensations diverses qui s'associent. Pourtant la propriété par laquelle les sensations et en général les phénomènes psychiques, non seulement ceux qui sont identiques, mais ceux qui sont semblables et même les différents, se composent en une série, est toujours identique à elle-même. Dans le phénomène plus simple, ou élémentaire, cette propriété est l'associabilité des éléments similaires inconscients, associabilité qui se manifeste à la conscience comme quelque chose d'indivisible et d'élémentaire ; dans le phénomène plus complexe, c'est l'association d*éléments conscients consolidée en une sensation ou en un autre phénomène psychique.

Cette même propriété se retrouve dans l'union de phénomènes distincts et divers. Dans ce dernier cas, pourtant, il y a une différence importante et essentielle, c est que les sensations différentes et les semblables ne se fondent pas en un acte indistinct, mais qu'elles s'associent, sans rien perdre de leur indépendance. L'état de conscience pour l'association est un phénomène plus complexe, pour lequel on a une série de faits distincts, que la conscience peut discerner, et qui sont reliés par l'association.

256. Toutefois, ce phénomène de la conscience ne se développe pas pour les perceptions qui se manifestent seulement en présence de l'excitation extérieure, sans laisser aucune trace ni aucun vestige de leur production ; par contre, les associations psychiques peuvent se développer grâce à une autre propriété des éléments nerveux, qui consiste dans la persistance d'une impression subite, même après que la cause excitatrice a disparu ; et c^st par cette propriété qu'on a des phénomènes conscients même en Tabsence d'une action périphérique. Cette propriété est la base de la mémoire et des phénomènes intellectuels plus développés, en commençant par l'élément le plus simple, qui est Tidée. Admettant ce fait dont je m'occuperai plus tard, je passe à l'analyse de la première propriété, ou propriété d association.

257. L'association peut s'expliquer par contiguïté. Bain a établi une loi de contiguïté ^iQSÎ formulée; Les actions, l^s sensations^ les

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états de teiuibilité qui »e prêtentent l'un avec l'a^Ure, ou immédiatement l'un après l'autre, tendent à alunir étroitement, à adhèrtr tvm à l'autre, de sorte que, quand lun d'eux se présente enratte â l'esprit, les autres sont susceptibles d'être rappelés à la pensée. Pour Bain, la conligulté est la base de la reproduction, il n'a aocuD doute sur ce lait ; pour moi, et seulement ici, je considère la contiguïté daus un sens plus restreint quand il s'a^t de la propriété associative des perceptions. Nous verrous ce qu'il y a d'exact dans ce que dit Bain.

Dans la conti^Ité, les impressions adhèrent l'une à l'autre pour former un état de conscience complexe. Cette contiguïté a lieu so^ pour la simultanéité des sensations ou autres états de conscience, soit pour une succession si immédiate que la première imprestion persiste encore quand arrive la seconde. C'est en cela encore que consiste celte contiguïté qui a été étudiée dans les perceptions vi- Buelles, et en général dans les états de conscience. L'adhésion de deux étals conscients en contiguïté est très grande. Deux ou pluûeurs impressions ont parallèlement, ou presque parallèlement produit deux ou plusieurs courants nerveux, et puis les états de conscience correspondants. Il s'est produit un lieu intérieur très fort, comme d'excitations qui dérivent d'une seule cause, et se dirigent par les mêmes voies. Mais une condition indispensable dn fait, c'est la répétition, comme le fait remarquer Baiu lui-même ; c'est par la répétition que s'acquiert la facilité dans les voies nerveuses, et que l'impression externe s'imprime plus fortement, de sorte qu'il reste une trace claire et distincte de cette impression, soit comme image sensationnelle, soit comme idée. En réalité, l'image sensationnelle est la première (race du phénomène sensible ; l'idée exige, comme on l'a vu, un tra-

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