ASSOCIATION ET CONTRASTE DES PERCEPTIONS
ressés, et la sensation est une résultante de Toxcitation cutanée et de l'excitation musculaire, non discernables, jusqu*à une certaine limite, ou mieux indivisibles à Tétat conscient. Ces excitations peuvent être réellement simultanées, et produire des courants parallèles, et des états simultanés dans la conscience.
D un autre côté, plusieurs sens peuvent être excités par un seul objet, par exemple, la vue et le toucher, ou la sensation de résistance qui accompagne la pression, ou la sensation de température. Un objet poli sur la surface apparaît luisant à la vue ; et, de fait, la vue d*un objet semblable rappelle la sensation de poli déjà éprouvée. La résistance et la forme d'un solide, la mobilité d*un liquide et la facilité de déplacement des parties, la température d'une flamme et la vue de son éclat, la vue de la glace ou de la neige et la forme ou la blancheur de ces objets, toutes ces choses sont des associations connues et ordinaires.
On peut avoir des associations plus complexes entre trois on quatre sens. Un objet odorant, une fleur peut être perçue par la vue, par le tact ou la pression et par Todorat ; un objet doué de saveur peut l'être par quatre sens : vue, tact, odorat, goût. Une orange est, en général, perçue par quatre sens qui s'associent sur un objet unique et par des états contigus dans la conscience.
L'organe de la vue n'est pas source d'une seule sensation, mais d'un grand nombre de sensations variées. La couleur, la forme, la grandeur, la distance, la situation, le mouvement des objets sont des perceptions visuelles. Or, on peut associer une ou plusieurs de ces perceptions du sens de la vue à celles qui dérivent des autres sens.
259. Il est plus difficile de concevoir comment est possible Tasso* dation entre des perceptions qui se rapportent à des objets diflérents. La base de cette association est la même que celle des associations pour un objet. Etant admis que la reproduction est une condition indispensable du phénomène, et qu'il reste des traces des perceptions dans la persistance des impressions, dans le cas d'association pour un objet unique, on a la répétition du tout ou d'une partie du phénomène composé, et par suite la reconnaissance de l'objet perçu par des excitations contigues, puisque, suivant la loi énoncée par Bain, les sensations et les états de conscience en général se rappellent quand ils ont été associés dans leur production. L'association et la reproduction sont donc inséparables , comme le dit Spencer , et comme Tadmet Bain. Sans la reproduction point d'association des perceptions, et vice-versa. C'est seulement par une analyse artificielle, et pour en donner une idée plus claire, qu'on peut les séparer.
Quand les objets sont différents, c'est-à-dire quand ils n'ont pas toutes leurs qualités phénoménales semblables, le processus ultime et plus développé de l'activité perceptive, c'est-à-dire le processus
analytique ou d'idéation, peut seul donner les conditions de l'association, tandis que, dans le premier cas, l'état d'image sensationnelle pouvait suffire. Dans le cas de plusieurs objets divers présentés à on ou plusieurs sens, on a donc d'abord une analyse des éléments de ces objets et la représentation partielle de l'objet analysé ; puis vient le processus d'association. Ce processus se fait, en réalité, et simultanément, entre des parties et un tout; entre des parties, parce que c'est seulement dans quelques éléments sensationnels, déjà séparés comme idées, qu'on trouve la ressemblance et la contiguïté associatives ; les autres éléments restent étrangers, et comme disparates. On a association du tout de l'objet avec une seule partie, parce que, en réalité, la séparation n'est pas possible ; on a donc un ou plusieurs états de conscience obscure pour le tout, tandis qu'on en a un distinct pour quelques parties contignës avec d'autres parties d'un objet diiTérenl.
En d'autres termes, on a des associations composées d'associations simples ; ces dernières sont pour un objet unique et im seul sens, ce sont les plus simples ; puis viennent celles pour plusieurs sens et un seul objet ; la plus grande complexité se trouve dans les associations dérivées de plusieurs sens et de plusieurs objets. Les sensations si complexes se réduisent à des associations de relations, qui sont des résultats de nouvelles analyses et de nouvelles synth(>ses perceptives (t) ; on a, en effet, un processus séparatif des éléments sensationnels diiTcrcnts dans un objet particulier, puis la relation perçue entre les idées ou l'élément séparé et individualiste mentalement, et enfin l'association de ces relations que l'on peut rapporter aux objets mêmes; de là vient la rolaiîon spéciale.
Une des assoftiations de relation de contiguïté, c'est cellede coesis-