‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 56 sur 92 · IXCOXSCIKNCK DANS LES PROCESSUS PSYCHIQUES CENTRAUX · texte numérisé non relu

IXCOXSCIKNCK DANS LES PROCESSUS PSYCHIQUES CENTRAUX

montais à Broiigham Bridge. C'est-à-dirc qu envîrou à ce moment, j*ai senti fermé le (*ourant galvanique de la pensée; et les étincelles émises par lui furent hîs équations fondamentales entre t, j, /f, exactement comme je les ai employées depuis ce temps. Je lirai de ma poche le portefeuille qui existe encore, Qif écrivis sur le moment même, je pensiû que ce serait un travail digne de m'occuper pendant dix ou quinze années dans l'avenir. Mais il est facile de dire que cela arriva, parce que je sentais qu'un problème avait été résolu en ce moment, problème qui se présentait continuellement à moi depuis quinze ans(l). >

Cet exemple montre clairemcmt que l'inventeur des Quaternions pensait toujours à la solution d*un problème, et que ce problème exigeait des équations fondamentales entre certaines valeurs, lesquelles é(}uations n avaient pas encon^ été posées. Or, à un moment inattendu, quand l'auteur n'y pi^isait pas, les équations qu'il recherchait entre t, j , /f , lui sont apparues (;lairement, et il s'en est ensuite servi invariablement.

Hamilton rapporte le cas suivant (|ui correspond à la seconde des sept circonstances que nous avons indiquées, c 11 arrive quelquefois que nous voyons une idée s'élever immédiatement après une autre dans la conscience, sans que nous puissions ramener cette succession à une loi d'association. Or, en général, nous pouvons dans ces cas découvrir par une observation attentive que ces deux idées, bien ({u'clles ne soient pas associées entre elles, sont chacune associées à certaines autr(îs idées ; de sorte que la série aurait été régulière, si ces idées intermédiaircîs avaient pris dîins la conscience leur place entre les deux idées, qui ne sont pas immédiatement associées. Supposons par exemple trois idées A, li, C; supposons que les idées A et C ne peuvent se suggérer immédiatement Tune par l'autre, mais que Tune et l'autre sont associées à l'idée B, en sorte que A suggère naturellement B et que B suggère C. 11 peut arriver alors que nous ayons conscience de A, et immédiatement après de C. (k>mment expliquer cette anomalie 1 On ne peut le faire que par le principe des modifications latentes i2). »

29G. Le problème sur le phénomène psychologique est le suivant : Pourquoi les séries intermédiaires, tant dans le lien d'association qu'entre les prémisses d'un raisonnement et la conclusion, entre une question à résoudi*e ou un(^ recherche à faire et la délibération et la résolution ne viennent-elles pas à la conscience, alors que d'autres fois quelques-unes s'y sont présentées, et que les autres sont de telle nature qu'elles peuvent devenir conscientes?

Hamilton admet que les états dits par lui latents sont de trois degrés. La première espèce comprend toutes les parties de notre

(1) Op.cit,,p.h27,

C^) Si. Mill, la Philosophie de Ilamillotu p. 328, cb. xv. Trail. franc.

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connaissance auxquelles nous ne pensons pas pour le moment. ■ Je connais une science, une langue, non seulement au moment où j'en fais usage, mais je la connais parce que je peux m'en servir quand je veux. Ainsi une quantité immense de nos richesses mentales sont toujours hors de la sphère de la conscience, cachées dans les retraites les plus obscures de l'esprit. > — (La seconde espèce d'étau latents comprend les systèmes de connaissance, ou les habitudes d'action que l'esprit poss<>de sans en avoir conscience à l'étal ordinaire, mais qui se révèlent à la conscience dans certains moments d'exaltation extraordinaire de ses fucuités. > Mais ces deux espèces ou de^p^ que reconnaît Hamilton ne sont pas en réalité des états latents de l'esprit, ce sont des choses différentes, comme le dit Alill avec raison. Ce ne sont pas ù la vérité des états de l'esprit, mais seulement des connaissances aptes à le devenir [1).

Le troisième degré ■ comprend des modjGcations de l'esprit, c'està-dire des états actifs ou passifs de l'esprit, dont nous n'avons pas conscience, mais qui manifestent leur existence par des effets dont nous avons conscience >. — i Je n'hésite pas à affirmer que ce dont nous avons conscience est compose de ce dont nous n'avons pas conscience ^3) . •

Je ne discute pas ici l'opinion de Hamilton, mais je dis nmplement que la critique qu'en fait J. Mill ne me semble pas entièrement juste quand il veut réfuter l'ai^ument tiré du minimum visibile et audibile, c'est-à-dire du minimum perceptibite. L'argument s'appuie, en substance, sur l'inconscience des processus psychiques, idée à laquelle Mill lui-même adhère enfin, bien qu'en lui donnant une forme différente. > Néanmoins, écrit Mill, bien qu'Hamilton n'ait donné aucune raison valable pour préférer son hypothèse à celle de

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