ORIGINE ET ÉLÉMENTS DE LA VOLONTÉ
Une autre impulsion à Taction, c*cst l'excitation sexuelle : elle a en réalité et naturellement pour fin la conservation de l'espèce, mais cette fin n est pas connue, elle n'est considérée par Tindividu que comme un sentiment dont la satisfaction procure du plaisir. Toutefois l'impulsion de ce sentiment est si puissante, chez quelques-uns, qu'elle remporte, dans certaines conditions, sur le sentiment de la conservation ; elle est plus énergique et plus irn*sis* tible que celle de la faim. A ce point de vue, on peut ranger l'impulsion sexuelle parmi les éléments constants qui poussent à l'action.
450. Mais ces éléments constants, joints aux éléments variables, produisent dans l'activité psychique une oscillation entre un maximum et un minimum de déviation de la manifestation motrice considérée d'abord au point de vue de Vintemité, puis à celui de la qualité.
L'intensité d'un mouvement est facile h comprendre : c'est la rapidité et la force avec lesquelles il est produit. On sait que cette intensité varie avec les individus, et dans le même individu avec les circonstances ; elle varie, par suite, en oscillant entre deux points extrêmes opposés que l'on peut calculer et mesurer, étant donné les impulsions, les conditions physiologiques, et les circonstances extérieures. La qualité d'un mouvement dépend de la Un que se propose celui qui agit à la suite d'une impulsion à l'action venue du dehors. Il est bien entendu que la quantité et la (lualité sont deux propriétés de la volilion, comme elles le sont de la sensation, c'est-à-dire qu'elles sont inséparables, parce qu'on trouve dans toute volition un degré d'intensité et une forme qualitative qui constituent le caractère de ce mouvement.
Etant donné que les éléments constants et les éléments variables sont réunis, toute volilion varie ou ])eut varier entre les extrêmes, et en intensité, et en qualité.
4.') 1 . Si donc on admet que ràme,dans ses manifestations, et dans son activité, éprouve des oscillations pour les éléments constants et pour les éléments variables, il suit que la volition — qui dépend du concours des deux forces : la force externe ou excitation à l'action, (;t la force interne, qui est cette même force psychique qui oscille ainsi, — la volition, dis-je, est un phénomène psychique qui doit présenter la plus grande variété quant à l'intensité et (luant à la (lualité. Etant donné une excitation constante, ou mieux d'une qualité constante, il ne s'ensuit pas que la volilion doive avoir la même intensité et la même qualité dans deux individus, parce que nous avons déjà établi que l'excitation à l'action n'agit pas d'une manière absolue et indépendante, mais relativement, et d'après certaines conditions dv. l'activité psychicjue. Si cette activité était constante et invariable, une excitation unique devrait produire une volition unique quel que soit l'être agissant ; mais comme elle est variable, ou mieux qu'elle oscille selon les états divers du sentiment,
416 PSYCnOLOGIE PHTSIOLOCKIUR
il on rvsullp qu'il »> pi-oduit des volitions diflcrcntes •■ (^ti-csqui sonl «xcilés à ludion.
452. Mais ici se pose une aiiU'e quesiion. Quelle est la part que prend la force cxlérieure comme excitation ù l'action, quelle est celle de raclivilé psjcliique qui concourt à l'action ?
L'excitation étant ccmsidérfie comme une valeur conslaotc, el l'activilé psychique conmie une valeur vaiiablc, lu solutîun du proldèmc, lout cunipliiiué (pi'il esl, n'est pas difiicile.
La force psycliitjm? c-sl une force ({ue l'un peut considérer à divers moments que je nomme pour plus de simplicité : 1° états naturels; H" étals de coîlociiiion. Dans le premier moment, l'impulsion externe cxcitc! de cette force et en met en activité juste ce qui est néeessaii'e pour l'exéculioti d'un mouvement, ni plus ni moins. 11 se foi-nie alors un état normal moteur, que j'appellerai liabituel, semblable à l'état Doruial ou habituel des excitations sensibles pour Icsquiïlles on a déjà trouvé une loi ]>syclio-pliysique do corresinndauce eninr la fori'e exeitalrice et la force excitée.
L'état de collocaiion dont on a parlé à propos des sentiments (i' 323) est une l'oii'e virluelle venant de conditions antérieures, comme une acctmmiation de diverses forces, telles que, si l'une est suscitée, toutes les autres concourent à l'aciion avec une énerpie composik; el complexe. L'ed'et. dans ce cas, est su|)érieur à celui qui serait produit dans un état naturel de la force nerveuse. Par suite, pour cet état de eollocation, l'excitation n'a qu'une très faible intensili-, et l'elfet produit provient beaucoup plus de l'acliviié psychi<|ue d*''ployée.
En parlant de ces deux étals, on peut établir que l'intensité de b volîlion esi dans une relation que j'appellerai d' équilibre cntrel'exci-
D.^VELOPPEVEWr DE LA VOLITION il7
453. De ces variations dans la composition des forces, des transformations diverses de ces forces en impulsions psychiques par les divjjrs états de sentiments; delà concomitance de la perception de la cause extérieure, et de la (in que se propose dans l'action volontaire celui qui agit, dérive la qualité de la volition. Toutefois, tous ces éléments de la volition n'étant pas dis(;ernables, on a coutume de mesurer la quantité d'après la cau^e e\cit;ilric(! ou motif de l'action, d'aprt;s l état de sentiment au moment oii s'accomplit l'action, ou d'après la façon dont elle s'accomplit; et plus simplement encore on l'estime d'après le motif, c'(;st-à-dire qucî la volition prend la forme ou la qualité de l'impulsion dont elle dérive.
C'est ce qu'on montrei*a mieux dans la suite.
CIIAPITIIK V
Développement de la Volition
iôi. De ce t|ue nous avons dit jus({u'ici de la volition il résulte ([ue :
fi) Elle est un mouvement suscité.
h) l*ar une force externe transformé!^ en sensation consciente.
r) Produite •par deux <*auses, comme tout autre phénomène psychi(|U(% l'excitation extérieure (»t l:\ force psychi<iue ;
<^) Qu'entre ces deux forces, il y a uu(î relation de concours ou de concomitance ;
<*) Que la force psychiciue oscillant dans d(;s limit(^s constantes, la cause de la volition, qui est double, ne peut être invai'iable, mais (|u'elle oscille, elle aussi ;
f) La volition est par suite un elfet que l'on peut estimer d'après la nature de l'excitation qui passe par les voies du sentiment, et d'après l'état de conscience actuel de celui qui agit.
£t le caractère de la volition exige déjà qu'il y ail :
l*' Une suspension entre l'excitation et le mouvement qui suit ;
2*" A l'origine, une impulsion motrice par de nouvelles voies;
3^ Un but du mouvement ((ui est l'etlet au(|uel ou tend par l'action.
455. Pour toutes ces considérations, la volition n'est pas un phénomène simple et facile à comprendre, mais elle est impliquée dans un grand nombre d'éléments, tant externes qu'internes, qui ne sont pas la volition mais qui sont nécessaires à sa production.
En fait, la sensation est un antécédent de la volition, elle n'est pas
Sergi. 27
■il»
■•svaioi.iitiir; i>iivsii)i.iH:rui'E
lu Tolitinii, elle n'est [i;is un do si>s ('-lômciits, iiiuis <'ll<- i>st imlisppDs:ililir :t s:< pmiliirltim ; l:t siispi-nsiini ciili'i' rcxcrliitiiKi l't le inouvrnit'iit iirst {i;is min jiliis un i-loiiiciii (k> In vuliiion. Iticii i|u'clK>Pi soil un nnli-rrilcnl ili- i'»i-:ictrrv iié^'iilir. La voljiion |)ri>[>n-nifrit ifilf. c'est l(MiKiuvfn II 'til i|iii suit, [lar li'qui-) un nn-ive :i iiii luit: on nr pi-iil néatiitiuins M'-|i:trci' re moiivi'iiu'iil ilc Iniis se^ :mli'-ei<i lents m on vi'iilliMdiisiiliTiT en lui eoiiseivaiil sim earai-lt'ir [i[-ii|ii-c. Il îm|i<iHc (iiiisiste]- sur ce jininl, [tarci: i[ii'it]U' firaîiiie fr.irlie lies «titiiis sur la naliiic île l.i vulnnlé viennent ilr ee ijn'on un pas (lisliii{;ii<' d'iiDr miiniiTe cnnvrniilile [:i volilirm, ['ar'le vnliintairi-, ilo re cpii lu |iif'ei'iit; 4'l lui (tonne son rararlère.
On |i:'iil liiire <'eiie rmiiirriiie | - imil |tliênonii ne |is\'i-]iii|ue il
je ilinii inénie |ii)nr lonl phinitinéne riatrirel. 1/antéréilenl <)'uue si-nsaiiiin est une exeltalimi cMernc snr rin-Kiinciles sens : retti* vv'Ha.tiuii i-sl néees>:iire an phénomène sensilil', mais elle n'fst pus leplu-iKimène Ini-nièiue. t)e même, eomnie pliéniiniêni', la volilidn est un nioiivenieiit ilininé. miiis il lui l'an! i-erluins aiitéi-édenls (]ui 1» ilfiiineiii su l'orme el son earaeli-iv.
l.M'i. In aniri' point sur leipiel il l'aiit in-<istei-, e'est l'i-lni-ri : ipn^ si la volition est nii |iliéii(im 'lie, eiimnie cela n'est (>as i)iiul''ii\. rli<' ni> pent en aiieniie l'ai^'on evUter antérienrement en pnissam'p iluii!^ une faenllé spéciale, eomnie l'uilnieltrni i|ni'li|iii>it pliilnsoplies: -j l'IIi- existe ainsi en pnissinec, ee ne penl ètn^ (jiie dans la eondilina inialnmo-pliysiiiloj;i(pir des organes, lunl iiilénenr^. i|n'eviéi-ii-urs. '''n parle eouininnémi'iil île lu niliiiili- comme iriinc puissanee. tv mot volonté même n'e\iinine i|n'uiie ulisiruelion, non une roiri* sju-iilîiliie. une sulislanee. l/idée de la pieexisleiiee df la volonté â b volition, an pliénoniène partîeulier, a été une stuirre d'erreurs in-<