ORIGINE ET ÉLÉMENTS DE LA VOLONTÉ
reflet, et que ce n'est pas toujours la mémo qu'on suit dans des circonstances analogues, mais celle que Ton juge être la plus facile et la meilleure. Sans l'excitation, Têtre sentant ne peut (^tre poussé à un mouvement qui ait pour fin de l'éviter et de s'en délivrer. Par suite, Vexcilaiion est la condition première pour une volition et sans elle un mouvement ne saurait s'établir. Sans cette condition première, il n'y aurait aucune raison pour qu'il y ait mouvement, ni pour qu'U y ait une fin à la production du mouvement, ou pour qu'un effet fût accompli par le même mouvement.
Cette première condition de la volition qui est Texcitation, douloureuse dans le cas que nous supposons, s'appelle ordinairement motif de l'action volontaire. On peut donc dire ((ue la volition est un mouvement musculaire pour une fin déterminée^ tendant à accomplir un effet j et provoqué par un motif Motifs fin^ effets ou les antéirédents et les conséquents de la volition, se passent dans la conscience de l'être sentant, et constituent les éléments essentiels de la volition.
447. On a déjà dit que le mouvement est prévu et détenniné par l'être sentant, puis on a trouvé un motif qui est la première condition de la volition ; on a trouvé en outre le lien entre ce motif et l'effet et la fin de la volition, on a aussi reconnu que le rapport entre l'excitation, ou motif de l'action, et le mouvement, est variable. Par ces derniers mots, on ne veut pas parler de la relation entre une excitation particulière et un mouvement particulier, mais de la relation générale entre les excitations et les mouvements, parce que, pour un phénomène unique, la relation entre une excitation et un mouvement donnés ne peut être ni variable, ni constante ; mais dans les divers phénomènes, on trouve et la variabilité et la constance de la relation.
Quand la condition d'un phénomène est unique, comme dans l'action réflexe, on comprend facilement que la relation doive être constante, mais il n'en est pas ainsi dans l'action volontaire. Si dans l'accomplissement d'un efl'et donné au moyen du mouvement, la fin est déterminée par l'être sentant, c'est là un signe que l'être sentant est encore une autre condition essentielle de la volition. £t en fait, dans tout phénomène psychique quel qu'il soit, on a trouvé qu'il y a deux causes ou conditions, une force extérieure et une inteine, la force physique et la force psychique, cette dernière étant représentée par la force nerveuse. Et la volition est encore un fait psychique : on y trouve aussi ces deux facteurs, l'énergie interne et la force externe, la nature extérieure et la nature psychique.
Voilà pourquoi la relation précédente est variable, pourquoi la cause du phénomène n'est pas unique mais double ; c'est pour cela que la première condition essentielle, l'excitation qui, quand elle arrive à la conscience de l'être sentant,et qu'elle l'excite à l'action, s'appelle motif, n'agit pas d'une manière indépendante, absolue,
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invariable, mais d'une façon relative cl variable, obligée qu'elle est de s'adapter à la seconde condition, à l'activité psychique, pour produire l'efTet.
448. La force psychique n'est pas invariable. Dans le phénomène sensible pris isolément, il n'est paa toujours possible d'apprécier h valeur et la quantité de la force psycliique. Cette appréciation commence au moment où il y a manircstation par les voies centrifuges et, par suite, tout d'abord dans l'action rL-nese.rédexion directe et immédiate de l'exitation sensible, puis dans la volilion, réflexion indirecte et médiate de la même excitation sensible. Ce quicontribue ù la réflexion de l'oode excitatrice, c'est la partie aflective, lo sentiment. On a vu combien le sentiment est relatif et variable, non seulement chez les divers individus, mais encoi'e dans le même individu aux différentes époques de, sa vie- Cesl cette relalivilc du sentiment aux diverses époques qui constitue la ririabililé de la force psychique dans ses manifestations. Par suite, tout ce qui contribue à la variabililé de l'ûme dans la relativité du sentiment contribue à la manifestation de ce sentiment par les voies motrices. Les influences de cette variabilité sont de deux espèces, inleraes et externes. Les premières dérivent de simples 'conditions pliysiologîqoes, les secondes d'actions physico-chimiques naturelles. Les premièiTs sont, eo les considérant à part, plus constantes, les secondes le sont moins; quand elles concourent à un elTet unique, le résultai est maximum (1)-
440- Mais au milieu de ces éléments inconscients et variables de l'âme, il y a un fond constant et invariable par suite duquel Ips manifestations motrices ne peuvent être en opposition, ni pour le* s individus ni pour les divers étals d'un môme individu. Ce