III. — LES SENSATIONS DE LA PEAU
L'organe du tact est la peau. Elle est formée de trois couche? =§ superposées : 1** la couche supérieure ou épiderme^ formée par u»^membrane continue et dense, qui est constituée par des cellulcr^ réunies, mais remplies d'une substance cornée solide. Elle est transparente ; 2*^ la couche muqueuse ou réseau de Malpighi^ formée J ^ cellules microscopiques dont le nuclcus est granuleux, et légèremerï ' coloré en jaune ; 3** la troisième couche est le derme qui se terminer y à sa partie supérieure, en un grand nombre de saillies de fonm^^ conique et cylindrique dites papilles dont les intervalles sont reffi-' plis par la couche muqueuse ((ig. 19).
Les vaisseaux sanguins et les nerfs ne dépassent pas le derme, le$ deux couches supérieures en sont absolument privées.
Les nerfs de la peau se terminent sous forme de certains tissus spéciaux appelés corpuscules, qui prennent leur nom soit de ceux qui
à faire voir rol)jet de la vision dans sa position naturelle, et c'est d*après U construction de Tœii, écrit Wundt, que l'image doit être traversée, les parties antérieure et postérieure de l'œil se mouvant en sens opposé. C'est-à-dire que quand la partie antérieure s'élève, la partie postérieure, où est la rétine, s'abaisse et vice-versa. Si on fait un mouvement de haut en bas, en suivant nn objet depuis son sommet jusqu'à sa base^ les différentes parties de rimage entière, à conunencer par la partie supérieure, se portent successivement sur la tache jaune. Alors ce qui est la partie supérieure de Tobjet doit être b partie inférieure de l'image rétinique.
Il me semble qu'à cet égard, les mouvements de ra»il contrUment à faire distinguer mieux et plus parfaitement le haut et le bas, et les côtés de robjet, parce que ce qu*on a dit des mouvements d'élévation et d*abaissement, on doit le dire des mouvements latéraux ; mais ils n'expliquent pas la perceptioa de l'objet dans 8a position naturelle. Quel que soit le mouvement de rœil« l'image rétinique se forme de la même façon que dans l'œil au repos, et aoi mêmes points de la rétine.
PERCEPTIVtTÈ DE LA SENSATION 79
mt découverts, soit du ntle ou de la fonction qu'ils remplissent.
ont les corpuscules de Krause, de Pacini, ceux de Wagner et
isner, ou corpuscules du tact.
es corpuscules de Krause ont une structure très simple ; ils
l'vent chez l'homme au niveau des dérivations terminales desnerfs
siurs de la muiiueuse et de la peau. Ils se trouvent dans la con-
<:tive, dans la muqueuse de la langue, dans le voile du palais, et
d'autres endroits.
Ceux de Pacini sont, au contraire, très compliqués; ils se pré-
utcni sous forme d'éléments elliptiques dont la largeur varie de
2 millim. A l'œil nn, ils semblent gonflés, translucides, garnis de es blanches longitudinales. Ils se trouvent, chez l'homme, à la ime de la main, et ii la plante des pieds, et dans lu doigt, spéciale- H à la dernière phalange. Leur nombre est évalué dans l'homme, ir les quatre membres, de GOO k l,'iOO.
es corpuscules du tact sont oa quelque sorte une modilicatlon î complète de ceux de Krause. Ils s'observent sur la face paire des doigts des mains et des pieds et dans le talon. Ils sont
nombreux à la surface qui correspond ù lu dernière articulation phalanges, ils le sont moins à la seconde et à la troisième. Ils t plus rji-csdans la paume de la main. Meissnera trouvé 108 corcules du tact dans 400 papilles comprises sur une surface de
i^O PSTCHOLOGIE PHYSIOLOGIQUE
2 millim. canes de peau pri»' dans la dernij^rc phalange, et seu ment 40 à la seconde phalange, 15 à la première, 18 dans la paun
La forme et le volume de ces corps sont variés. Dans la paume la main ils ont une longueur de U,0113 millim. el plus, une largt de 0,0451 à 0,0563.
Le corpuscule du tact est formé d'une cnpsulc homogène, comme on peut le voir par la figui-e 30, d'une masse ccntr molle et finemcnl granulée. Les libres nerveuses pénètreni di ces corps au nombre de 1 ou 2 et même de 3 et 4. Il est di cilc de voir où elles se terminent.
Fie. 30. ~ Papille tacUle (Kollikcr).
Fie. 'il. — Corpuscule di
103. Les sensations de la peau peuvent se réduire à trois: de ta de pression et de température. Les physiologisles el les psycl logues su sont demandé si les organes du tact sont les mén que ceux de la pression et de la lempéritture.
Bei-nstcin voudrait admettre des organes spéciaux pour la te pérature(l). Spencer prétend que les nerfs du lact ne sont ] ceux de la température (2). Wundt et Bain, au contraii-c, ne pens pas que ces organes spéciaux soient nécessaires (3) ; >Vundt qu'il ne faut pas considérer ces trois sensations comme dlITérenl comme le sont celles de vue et d'ouïe, mais seulement comme sont daus les sensHtions de la vue les perceptions d'espace, de lumi
(1) Ut Sem, liv. I, cbap. lu, p. 41 de ledit, fr.
(2) Primiple* o[ l'tgeholosu, 2*éilii., vol. I, p. lOS, note.
(3) Wundl, Lehrbuth dtr l'hytiol. pp. 556-7 — Bain, Lfi Sem et l'InleUigt p. 139.
et de couleur. Nous verrons plus loin que Bernslein cl Spencer ont
raison de supposer des organes spéciaux pour la température.
Webcr a appelé le sens du tact proprement dit sens du lieu,
j nu moyen duquel nous percevons les parties de notre corps ; il
f $<' n'duit par suite à une sensation et à une perception d'espace
[ localisée. Le même physiologiste a établi une série d'expériences
\ sur celte s<^nsibi1ité tactile, et a trouvé qu'elle est distribuée d'une
façon variable dans le corps humain, c'est-à-dire que certaines
: parties de la peau sont plus sensibles, d'autres moins. Au moyen
d'un compas dont les deux pointes sont couvertes de cire, il a montré
OH les deux pointes peuvent être perçues pour une certaine ouver-
' ture; et il a trouvé que pour certaines parties elles pouvaient l'être
I pour une ouverture de 1 millim. et dans d'autres pour une ouverture
[ plus grande pouvant aller jusqu'à 68 milUm. Il a établi par ce moyen
I des ccrc/w de sensation, dont le diamètre varie de 1 à 68 millim. Ce
^ qui veut dire que certaines parties de la peau ne perçoivent pas les
^eu\ pointes séparément pour une ouverture de compas moindre de
Wmiljim. ; c'est le minimum de sensibilité. Weber aencore trouvé que,
dans certaines autres parties de la peau, le compas étant placé dans
une autre direction, comme par exemple longitudinalement dans le
bras, c'est une ellipse qui se forme au lieu d'un cercle.
L^ distances des deux pointes du compas, qui indiquent les limites du delà desquelles ces mêmes pointes ne sont plus perçues séparéuient, ont été établies par Weber dans le tableau suivant où elles sont indiquées en millimètres:
Pointe de la langue 1
^ace palmaire de l'index , extrémité 2
l*ariie rouge des lèvres • 5
l'ace palmaire de la seconde at*ticulation des doigts, face
dorsale de la troisième articulation 7