‹ La psychologie physiologiqueChapitre 20 sur 130 · Partie dorsale de la première phalange du doigt ; partie · texte numérisé non relu

Partie dorsale de la première phalange du doigt ; partie

moyenne du gros orteil, côté de la plante 16

Peau de la partie postérieure de l'os zigomatique, front. . . 23

L'os de la main 31

Rotule du genou et les contours 36

Os sacrum, parties supérieure et inférieure de la jambe. . . 40

L*os du pied, nuque, région lombaire, poitrine 54

Milieu du dos, de l'avant-bras et du haut de la jambe 68

Os chiffres montrent que la sensibilité tactile, bien que ivpandue par tout le corps, ncst pas partout r»galement développée. Je parlerai plus loin de la théories d<<! la localisation si importante pour la sensation de tact. Je ferai simplement remarquer maintemmt que

Sbrgi. 6

le mouvement et Texercice joints à la sensibilité de la peau dont nous venons de parler rendent plus claire la perception des parties du corps excitées à la sensation et la perfectionnent.

Mais outre cette sensation de lieu , il y a d'autres sensations tactiles dans lesquelles Bain dit que le caractère émotionnel, ou la tonalité, ou la partie effective domine. Ainsi il y a des sensations de tact douces, qui supposent un contact léger d'une surface étendue sur la peau, abstraction faite de la sensation de température. Nous les éprouvons, par exemple, quand nous passons la main sur un coussin ou sur un autre corps moelleux. Cette sensation est agréable et pleine, elle nous rappelle celle d'une chaleur agréable.

c Dans les sensations des organes lacrymaux, mammaires, et sexuels, dit Bain, il semble qu'il y ait quelque chose de plus qu'un simple contact, la qualité de la substance touchée modifie la sensation (1). »

Contrairement à cette sensation agréable, si, au lieu d'une excitation sur une surface étendue, nous éprouvons une excitation limitée en quelque sorte à un point, et d'une certaine intensité, alors la sensation est aiguë. En ce cas, si l'intensité est médiocre, la sensation peut être agréable; autrement elle est douloureuse.

Parmi les sensations douloureuses de la peau , on peut placer celles qui sont provoquées par le chatouillement. Il y a beaucoup de parties du corps qui sont sensibles à cette excitation ; et Weber a fait remarquer que les lèvres, les parois des narines, et la figure touchées légèrement avec une plume donnent une sensation de chatouillement qui dure tant qu'on n'a pas frotté fortement ces parties avec la main.

€ Ce qu'il y a de particulier dans le chatouillement, c'est qu'une sensation très faible suscite des efforts extraordinaires de volonté tendant à supprimer cette sensation ; le chatouillement du creux de l'aisselle et de la plante des pieds, chez une personne qui y est sensible, provoque des mouvements aussi violents que le contact d'une surface brûlante. Une considération peut expliquer cette anomalie. Le chatouillement stimule naturellement des actions réflexes puissantes, et celles-ci sont, par elles-mêmes, sources d'un malaise profond. La même sensation tactile, si elle n'est pas jointe à des excitations réflexes, peut être indifférente. Cette observation s'appliquerait au chatouillement qui précède le rire et rétemuement(2). »

103. Pression. — Dans la pression les nerfs du tact ne sont pas seuls excités; « la compression, qui résulte de ce contact, peui étendre son action aux nerfs situés dans les parties profondes, c'est à-dire aux fibres qui se distribuent dans les muscles (3) > .

(1) Les Sefut et ClnteUifietice, pp* l3()-7é

(2) Bain, op, cit., p. 138.

(3) Bain, op. cit., p. 145.

Par suite, la sensation de pression ne s'éprouve pas sans une sensation musculaire. Celte concomitance s'observe mieux dans l'activité et dans le mouvement musculaire, comme, dans Testimation de la pression même et de retfet musculaire. Weber a étudié à fond ces sensations et a établi d'ingénieuses expériences au moyen tle la méthode de diflërence à peine perceptible. D'après ces expériences, le jugement le plus exact appartient au sens musculaire. Ainsi, avec la main suspendue on peut distinguer 39 moitiés d'onces de 40, mais non 39 1/2 de 40. Cette relation restant constante, on distingue 19 1/2 de 20 et 78 de 80. En tenant la main immobile sur une table on ne peut plus distinguer 39 de 40 ; c'est à peine si l'on distingue 29 de 30.

Cette justesse d'estimation est cependant variable, si on fait l'expérience simultanément sur les diverses parties de la peau et successivement sur le même point ; et dans ce dernier cas c'est quand îes deux expériences sont le plus rapprochées que l'estimation est le plus exacte. Weber dit qu'il pouvait distinguer 29 moitiés d'once de 30, quand il s'écoulait dix secondes entre les deux expériences ; tnaîs après 30 secondes, il ne pouvait observer de différence qu'entre i et 5 ou entre 24 et 30.

Le même physiologiste a étudié aussi la sensibilité diverse des parties de la peau, et il a trouvé qu'elle est variable. Et cherchant tine relation entre la pression et le tact proprement dit, c'est-à-dire eherchant si elles étaient également développées dans les mêmes parties de la peau, il a constaté que cette relation n'existe pas. Le sens de la pression n'est pas plus développé à l'extrémité des doigts qn'à l'avant-bras, tandis que la sensibilité tactile des doigts est neuf fois plus forte que celle de l'avant-bras.

Bemstein a voulu trouver dans ce fait la preuve de l'existence d'un nouvel organe de la peau pour la sensibilité de pression. Pourtant, si Ton considère que cette sensation n'est pas limitée à la peau proprement dite, mais qu'elle s'étend aux nerfs des muscles sous-jacents, puisque l'excitation doit produire une pression sur les muscles superficiels et par suite impressionner les nerfs qui s'y terminent, on trouve que la sensation de pression est le résultat d'un complexus d'excitations plus ou moins superficielles ou profondes; et ces nouveaux organes que Bemstein veut supposer ne sont pas autres lue ceux qui se trouvent sous la peau dans les muscles. Par suite la pression participe de deux sensibilités, la tactile et la musculaire; et ;lle devient plus facile à discerner et à distinguer quand l'emploi le la sensibilité musculaire est plus considérable, comme Weber l'a nontré.

104. Température. — Le contact d'un corps avec notre peau nous lonne, outre les sensations précédentes, une autre sensation qui ;st celle de la température ; c'est-à-dire qu'un corps nous paraît ;haud ou froid. L'impression est ici un mouvement moléculaire qui doit

produire, dans l'étal des nerfs, un changement semblable à celui qui se produit par le contact d'un objet dans la sensation tactile dont il semble ôtrc la modification. Cependant la sensation de température est relative à Tétat de la peau, ou mieux à sa température, laquelle est ordinairement de 30** à 36** centigrades. Un corps d'une température inférieure nous donne une sensation de froid; si sa température est plus élevée, il nous parait chaud. Ou en d'autres termes : un corps qui enlève à notre peau une partie de sa température nous parait froid, et au contraire, il nous paraît chaud s'il nous communique de la sienne.

Le chaud et le froid ne sont, (;omme on sait, que des états moléculaires des corps. L'abaissement et l'élévation du thermomètre ne sont pas, en réalité, autre chose que les signes du changement moléculaire d'un corps. Mais l'excitation est relative à cet état moléculaire du corps extérieur et à celui de notre peau, organe sensible. Et comme ces états , s'ils sont différents , tendent à s'équilibrer, il en résulte qu'après une excitation d'une certaine durée, pourvu que ce ne soii pas un état extrême, la sensation diminue.

Weber a fait pour cette sensation, comme pour celles de tact et de pression, des expériences et des observations très délicates. Se servant de la méthode de la différence minima, il a trouvé que la sensibilité de température est très délicate, puisqu'on peut apprécier une différence de -^ degré Réaumur au moyen du doigt. Mai» pour apprécier le degré de température absolu, notre sens est très vague ; car il ne nous est pas possible de juger que la température de l'eau est exactement de 19''; nous pouvons seulement dire que cette sempérature est entre 16'' et 19".

En expérimentant sur les différentes parties du coi'ps, Weber n encore fait voir que la sensibiUté de température est plus grande là oii la peau est moins épaisse. Ainsi, à la langue, aux lè>Tes, la sensibilité est plus grande, comme celle du dos de la main l'emporte sui celle de la paume. Le coude a une sensibilité très grande ; et cek s'explique par la finesse de la peau à cet endroit, et l'absence d( graisse.

On augmente la sensibilité en augmentant l'étendue de la surfooc excitée. Si on plonge un doigt dans de l'eau à 32^ Réaumur ou louK la main dans de l'eau à 29^5 Réaumur, cette eau semble pluschaiidi que la première.

Si deux parties du corps ayant même température se touchent celle qui a la plus grande sensibilité tactile sent l'autre. Si elles son de températures différentes l'une sent l'autre par le tact, et la second» sent la première par la température. Weber a encore montré ui autre fait: c'est que, de deux corps du même poids, mais de tempe ratures différentes, le plus chaud vsemble plus pesant. Bain croit qu ce fait peut s'expliquer par Vimpression dépressive du froid sii

PERCF.PTIVITË RE LA SENSATION 85

TMprit (I), n me semble qu'on peut plutôt l'expliquer par l'action néme qu'exerce le froid sur la peau qu'il rend moins excitable. Et cela est analogue à cet autre fait que nos habits d'hiver, bien que plus pesants que ceux d'été, nous semblent plus légers ; à peine éprouTons-DOus un peu de chaleur que tout nous semble pesant, l'eiciiabililé de la peau dépend , par suite, de la température.

Des expériences récentes ont montré que les différents points de la peau ne sont pas également excitables au froid et au chaud. On 1 irouvé des points très voisins les uns des autres dont les uns sont «clnsivement excitables an chaud, les autres au froid. Cela prouve IHDb^lemeni qu'il y a des organes spéciaux pour ces deux modes de lensation, bien que ces organes échappent aux observations microscopiques. On peut en conclure aussi l'existence d'organes diitinris pour la sensation de tempcralure (2).

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