‹ La psychophysiqueChapitre 35 sur 62 · IO · texte numérisé non relu

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admise, n'existe pas. La loi psycliophysique de Fecliner n'a donc aucune valeur dans le domaine de la sensation de lumière ». Ce résultat est encore plus frappant, si l'on fait entrer en compte les expériences faites par Aubert sur des lumières très faibles : pour un éclairement à peu près équivalent à celui que donnerait une bougie placée à 2 m. 26, la constante différentielle s'élèverait à i/32 ; elle monterait à i/4 et enfin à i.5 pour des éclairements équivalents à celui que donnerait une bougie placée à 90 et à i3o mètres (i).

Voici comment Aubert exprime le résultat général de ses expériences : « La sensibilité aux différences de lumière atteint un maximum, qui correspond pour mes yeux à une lumière un peu moindre que la lumière diffuse du jour. A ce point je peux encore sentir la différence de deux lumières qui diffèrent l'une de l'autre environ de 1/ 186. A partir de ce maximum, la sensibilité différentielle diminue d'une manière continue, aussi bien pour une diminution que pour un accroissement de la lumière (2). » — Fechner a discuté (3) les expériences d 'Aubert, qui, prétend-il, ne contredisent pas la loi : il a été le premier, en effet, à signaler une limite supérieure et une limite inférieure de la loi de Weber.

Je passe sous silence les expériences de Camerer (4), faites seulement avec trois intensités lumineuses, au moyen des ombres. Elles ont donné ce résultat digne de remarque que la loi de Weber s'est vérifiée pour les deux collaborateurs de Camerer, dont les yeux étaient normaux, tandis qu'elle ne se vérifiait pas pour Camerer atteint de cécité aux couleurs.

De i883 à i885, M. Charpentier a fait des expériences

(1) Ibid., p. 59.

(2) Ibid., p. 8a.

(3) Dans le mémoire à l'Académie des Sciences de Saxe que j'ai clic plus haut, et dans In Sacheii der Psychopliysîli, p. i5i.

(li) Klin. Mon. Bl. f. Augenliellk., février 1877 (D'après Fechner, In Sac/ie/i, p. i55, i56).

pour déterminer le seuil clifTérenliel des perceplions lumineuses (i). Il a employé un instrument spécial de son invention, le photoptomètre, qu'il a modifié pour en faire le photoptomètre dilTérentiel (2). Les expériences montrent d'une façon très nette, pour des éclairements faibles, que, quand l'intensité lumineuse augmente, la fraction différentielle diminue en valeur relative : pour les plus faibles intensités, cette fraction a atteint 6/i p. 100. Le résultat a été le même pour des intensités lumineuses plus fortes, mais encore inférieures à celles que nous employons pour la lecture, l'écriture et la plupart de nos occupations journalières. Dans les premières expériences, les lumières étaient perçues simultanément ; avec des perceptions successives, la valeur de la fraction différentielle est lestée sensiblement la même. — C'est la confirmation des résultats obtenus par les précédents expérimentateurs, avec cette différencepourtant que Helmholtz et Aubert avaient montré aussi que, si les intensités lumineuses grandissent, le seuil différentiel relatif, après avoir atteint un minimum, recommence à croître.

Krapelin (3) a fait le premier des expériences étendues en vue de déterminer le seuil différentiel des perceptions lumineuses. Dans la série principale, les expériences ont été faites dans une chambre noire, avec une source constante de lumière et des verres sombres qui diminuaient la lumière selon des rapports connus. Le procédé employé a été celui de Masson, avec la modification de Helmholtz, c'est-à-dire que le disque blanc portait un trait noir interrompu de distance en distance. Le problème expérimental consistait à compter les couronnes

(1) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, lo et 17 décembre i883, 19 mai et i4 juillet i88/i, etc.; Archives d'Ophtalmologie, i884 et i885. I^ésumc dans La lumière et les couleurs au point de vue physioloçjiquc, p. 294 sqq.

(2) Iai lumière et les couleurs, p. laS cl 298.

(3) Zur Frage dcr Giilti'jkeit des Weher'schen Geselzes bel Lichtempjindunrjen, Pliil. Stiid.. II, p. 3o6-33(), i885.

grises qui étaient perçues ; la différence absolue entre la dernièi-e couronne perçue et le fond permettait de calculer la différence relative. En représentant par i ooo unités l'éclairement d'un tableau blanc par deux lampes placées à 25 centimètres, Kriipelin a trouvé que le seuil différentiel relatif reste passablement constant pendant que l'intensité d'éclairement s'abaisse de i ooo à 3o5 unités; il grandit modérément quand la lumière diminue jusqu'à AS, pour prendre à partir delà des valeurs plus élevées (i). Ces expériences montrent donc que, pour des lumières assez fortes, le seuil différentiel relatif est à peu près constant.

Merkel (2) a employé un procédé différent. Le sujet regardait des plaques de verre dépoli sur lesquelles tombaient les rayons émis par des lampes ou des bougies placées à des distances variables. La mesure des distances permettait de mesurer comparativement les intensités lumineuses. Les perceptions étaient successives, et l'on a établi les alternances requises pour éliminer les erreurs constantes d'ordre et de position. Le résultat régulier des diverses séries est toujours que le seuil relatif diminue à mesure que les intensités, augmentent et qu'il prend une valeur à peu près constante quand les intensités lumineuses atteignent une valeur assez forte : cette constance approximative se manifeste pour les intensités lumineuses fournies par une forte lampe à pétrole placée à 2 mètres, i mètre, ou 5o centimètres. Les expériences de Merkel montrent donc l'écart inférieur de la loi de Weber et la constance approximative de la différence relative pour les excitations moyennes.

F.-C. Millier, ou Millier Lyer (3), a employé la mélbode

(1) Ibid., p. 3i I, 3ia.

(2) Die Abhungigiceit zwischen Rdz und Empfmdung, Plùl. Slnd., IV, p. 556 sqq., 188S.

(3) Expcrimenlelle Unlersuchwigen znr Amblyopiefragc, Arcluv fur Anatomic imd Physiologie, Physiol. Abll.. 18S7, p. !iOO-!,aS; Psychofdiysische UiUersuchungen, môme revue, 1889, supplément, p. gi-i.'io.

des ombres, dans des conditions qui garantissent une précision plus grande que celle qu'avaient obtenue Fechner et Volkmann. Une feuille de papier était tendue devant un écran noir à ouverture circulaire. Devant la feuille de papier était placée une lampe a, derrière l'écran une lampe b qui envoyait sa lumière à la feuille de papier par l'ouverture circulaire et dessinait ainsi sur le papier un disque rond plus brillant que le fond. En faisant varier la distance de la lampe b, on arrivait à donner à la difiérence des deux lumières une valeur juste perceptible. Pour obtenir les variations d'intensité, Mûller employait des verres fumés, dont le coefficient d'absorption était connu. Chaque valeur du seuil représente la moyenne de six déterminations : dans trois cas. la distance de b à l'écran est telle que le disque rond tranche d'une façon nette sur le fond blanc ; dans les trois autres cas, la distance de b est celle à laquelle le disque rond cesse de trancher sur le fond. Le tableau III ci-après donne les valeurs du seuil pour les diverses intensités lumineuses.

Ainsi Millier n'a pas atteint la hmite prévue où la sensibihté est la plus grande, et à partir de laquelle elle commence à diminuer par suite d'un accroissement nouveau des intensités. Les observations et expériences d'Helmholtz et d'Aubert avaient bien prouvé l'existence d'un maximum, mais ne l'avaient pas fixé d'une façon précise. C'est ce qu'ont fait Kônig et Brodhun (i).

Ils ont déterminé le seuil différentiel à partir d'intensités lumineuses voisines du seuil absolu jusqu'à celles qui produisent dans l'œil une sensation de brûlure. Les lumières les plus fortes ont été fournies par la flamme du zirconium, les autres par celle du gaz. L'unité est la quantité de lumière que l'oeil perçoit en regardant par un diaphragme de i mil-

(i) EsperimenlcUc Untersuchungeii iibcr die psycliophjsische F uiidamen- Udjorinel in Dezurj aiif den GcsiclUssinii, Silzb. d. Akad. cl. Wiss. zu Berlin, pliys. nialli. Cl. 37 juin 1881J. Cf. Ilnd., juiUcl 1888.

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TABLEAU III. — Expériences de Muller-Lyek (i).

INTENSITÉS LUMINEUSES

SEUIL DIFFÉRENTIEL RELATIF POUR L * OE IL (î A U C II E

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