oo
O.II
(, Il est évident, dit l'auteur (p. /|2), d'après les résultats ci-dessus, que la loi de Weber se vérifie très bien entre les limites approximatives de 3oo et 3 ooo grammes. )) J'ajoute que la clarté des perceptions se montre la plus grande pour les poids les plus lourds, ce qui confirme le résultat obtenu par Merkel.
— as —
Il faut signaler enfin, relalivement ù la peiceplion des peliles pressions, les expériences déjà anciennes de Dolirn (i ). « Dohrn a prouvé expérimentalement, dit Funkc, que la loi de Weber ne s'applique pas aux degrés inférieurs dépression, et en même temps il a trouvé pdur ces grandeurs d'excitation que les différentes parties de la peau ont des différences de sensibilité différentielle plus considérables que celles qu'avait trouvées Weber pour des excitations plus fortes. lia trouvé que, en chargeant la peau avec i gramme sur la face interne de la dernière phalange du doigt, le premier renforcement perceptible de sensation se produisait pour un accroissement d'au moins 0.2 grammes, par conséquent pour i/5 de l'excitation primitive ; sur la paume de la main, l'accroissement s'élevait déjà à 0.66 grammes, et sur l' avant-bras à i gramme, c'est-à-dire qu'il fallait doubler l'excitation; sur le dos de la main, il fallait presque y ajouter le quadruple (3.8 grammes) pour j^roduire un accroissement perceptible de sensation. Chez un petit garçon de onze ans, la valeur du seuil différentiel sur les différentes parties était encore plus forte. » La méthode de Dohrn, il est vrai, n'était pas très rigoureuse, parce que la pression se prolongeait pendant toute la durée de variation de l'excitation et causait ainsi une fatigue notable. Néanmoins il faut retenir de ces expériences que le seuil différentiel est très élevé pour les pressions faibles et que ce signe de la limite inférieure de la loi de Weber s'accuse d'une façon extrêmement frappante quand on passe des régions très sensibles de la peau aux régions moins sensibles.
Ainsi les expériences faites sur la perception des pressions par la peau prouvent d'une façon très concordante que ces perceptions ont leur moindre clarté pour les faibles pressions,
(i) Beilr. z. Drackcmpf. der Haut, Zeitscliril'l f. ration. Mcdizin. 3' série, X, p. 339, i86i. Je cite d'après Funke, Tastsinn und Geinein- (jefiihl, article du Handlnirh dcr Physiologie do Hormann, IH, y partie,
et qu'elles ont une clarté à peu près constante dans une région moyenne. Cette région moyenne correspond aux pressions que nous subissons sans fatigue. Quant aux pressions fortes, c'est-à-dire à celles qui nous causent de la fatigue, comme les pressions de l\ à 5 kilogrammes qu'a employées Merkel, elles semblent être perçues avec une finesse encore plus grande que les pressions moyennes : du moins ce fait exceptionnel se dégage des expériences de Merkel et de Grifling, et les expériences de Stanley Hall et Motora ne les contredisent que très faiblement.
§ 5. — Perception des poids soulevés, ou perception des poids par la peau et les muscles.
La perception des poids soulevés a été l'objet d'études ayant pour but de l'analyser, ou tout au moins d'établir quelle est la grandeur dont l'appréciation nous indique la force des poids extérieurs. G.-E. MûUer et Schumann prétendent que nous apprécions les poids par la vitesse avec laquelle nous les soulevons, Goldscheider au contraire croit que les sensations indicatrices résident dans les jointures. Cela n'empêche pas de déterminer la laçon dont se comporte la clarté de ces perceptions, en considérant la perception d'un poids soulevé comme un tout représentatif susceptible d'une exactitude mesurable.
Les expériences de Weber étaient provisoires, elles donnent une première base à la loi de Weber, mais seulement en tant qu'hypothèse. Les expériences de Fechner par la méthode des cas vrais et faux montrent, si l'on se borne à examiner la signification empirique des résultats, que la clarté des perceptions est la plus faible pourles poids de 3oo et 5oo grammes, s'accroît à mesure que les poids augmentent, et devient à peu près constante pour les poids de 2 000 et 3 000 grammes. Fechner explique la diminution relative de la sensibilité aux
laibles poids par l'inllucncc qu'exercerait le poids du bras : cette influence serait, relativement à la loi de Weber, analogue à celle de la lumière propre de l'œil.
Hering, pour combattre Fechner aussi bien sur le terrain des faits que sur celui de la discussion théorique, a fait et fait faire à ses élèves Biedermann et LôAvit des expériences de la perception des poids soulevés. Dans la plus étendue de ces expériences, Hering a cherché à réaliser des conditions que AVeber avait indiquées comme pouvant éliminer, au moins en grande partie, les perceptions tactiles, et mettre en jeu seulement les perceptions musculaires : on prenait par les quatre coins une serviette à laquelle était fixé un plateau de bois sur lequel on posait les poids, et l'on déterminait le plus faible poids additionnel qui pût donner l'impression nette d'une augmentation de poids. Les résultats bruts de l'expérience ne sont pas conformes à la loi de Weber, et Hering triomphe contre Fechner. Il reconnaît pourtant que, si l'on lient compte du poids du bras, en l'évaluant à 1760 grammes on voit apparaître une concordance passable avec l'exigence que le poids normal et le poids additionnel soient toujours dans un même rapport. Naturellement Fechner a repris son idée relative à l'influence du poids du bras, et évaluant, d'après l'interprétation des expériences mêmes de Hering (i), à •! 273 grammes l'influence exercée par le poids du bras et
(i) En éliminant les expériences n"* 3, 9 et 11, pour lesc|ueilcs les nombres trouvés sont visiblement, les uns trop grands, les autres trop petits, Fechner détermine ainsi (pi'il suit le poids qui doit être ajouté au poids P pour trouver la valeur vraie de la diflcrence relative : soient D la difTérence trouvée, P le poids correspondant, c une constante, et x le poids qui doit être ajouté pour l'aire la correction. Fechner pose, d'après la D
loi do VVebcr, — - — ; =: c, d'où : D — cP -\- c x. En Taisant la
somme des poids et la somme des dill'érences pour quatre déterminations,
il obtient ï /J 3= c 2 P -(- 4 rx. Les huit déterminations dotmcnt doux
équations scndjiables, d'où l'cni lire x.
peut-èlrc aussi par d'autres causes constantes d'erreur, il rectifie le tableau de Hering, de telle façon que le résultat est conforme à la loi de Weber. — Comme d'autre part le résultat brut des expériences de Hering est nettement conforme à la loi du maximum, je reproduis le tableau complété par Fechner, bien que les expériences n'aient pas été faites selon une méthode très rigoureuse. Voir le tableau XV.
TABLEAU XV. — Expériences de Biedermann et Lôwit