‹ La psychophysiqueChapitre 47 sur 62 · I : it/i · texte numérisé non relu

I : it/i

(1) Hering, Zvlv Lehre von der Bcziehung zwhchen Leib und Seele, Silzb. d. k. Akad. d. Wlss., Math. Phys. Cl. Vienne, tome LXXIl, 3' section, p. 342 sqq. Fecuner, In Saclien, p. 193.

Hering a lait faire aussi h ses élèves des expériences sur les petits poids (de lO à 5oo grammes). Les poids étaient placés sur un petit disque de carton, reposant sur un support en bois que l'on soulevait entre le pouce et l'index ; le bras restait libre et non appuyé. Le résidtat de cette deuxième série d'expériences est en tout semblable à celui de la première : la fraction différentielle diminue à partir du poids de lo grammes jusqu'à celui de 4oo, et elle augmente pour les poids de 450 et ôoo grammes. Pour mettre ces expériences d'accord avec la loi de Weber, il faudrait admettre qu'il s'ajoute au poids normal un poids de loo grammes, dit Hering, exactement de 99 gr. 5 selon Fechner. Par conséquent, Hering refuse d'admettre une telle correction, qui ne peut représenter le poids du bras, et il affirme que les sensations musculaires interviennent fort peu dans ce genre d'expériences. Elles interviennent pourtant : il est probable que la perception d'ensemble du poids soulevé, ou l'appréciation de ce poids est la résultante de sensations tactiles et musculaires : l'effort déployé pour soulever le poids se traduit nécessairement par des sensations musculaires, mal aperçues d'ailleurs, comme le sont ordinairement ces sensations, de sorte qu'il existe encore ici quelque chose d'analogue aux sensations que donne le poids du bras.

Quoique les expériences des élèves de Hering aient été faites dans des conditions de méthode qui ne garantissent pas une très grande rigueur, puisqu'il semble que l'on n'y a tenu compte, ni de l'erreur de temps, ni de l'erreur due à l'ordre de variation des excitations de comparaison, elles portent donc à croire que la loi du maximum s'applique à la perception des poids soulevés.

Mais les expériences de Merkel (i), faites dans des conditions de méthode beaucoup plus satisfaisantes, ont donné pour la perception des poids les mêmes résultats que pour la perception des pressions exercées sur la peau ; la seule diffé-

(i) Die Abhunçjkjkc'a, elc, Pliil. SLiid., V, |>. aôO sqri.

rence est que le seuil clilTérenliel est plus élevé pour les pressions cutanées que pour les poids soulevés ; mais dans un cas comme dans l'autre la clarté des perceptions est la moindre pour les poids légers, elle grandit de suite et demeure à peu près constante dans la région moyenne (de 200 à 2.000 grammes environ), et continue à grandir ensuite (i). En raison du soin avec lequel les expériences de Merkel ont été conduites, on est fondé à croire que ce dernier fait est bien observé. Il est d'ailleurs confirmé par les expériences d'autres psychophysiciens. Gehes de Wreschner (2) montrent une décroissance régulière de la fraction différentielle pendant que les poids grandissent. Le tableau XYI donne les résultats de ces expériences au point de vue de la loi de ^Yebe^. J'emprunte au tableau de Wreschner (p. 222 de son livre) les valeurs centrales des jugements « plus grand » et « plus petit », et je calcule au moyen de ces nombres les seuils différentiels relatifs supérieur, inférieur et moyen.

Les expériences de G.-E. Millier et Schumann (3) par la méthode des cas vrais et faux ont eu pour but principal l'analyse de la perception des poids soulevés, mais fournissent néanmoins des indications sur la loi de Weber. Les résultats ■ de ces expériences, faites sur quatre poids allant de /igG gr. à 3 221 grammes sont dans l'ensemble analogues à ceux de Fechner : le seuil différentiel calculé selon la formule de Mûller montre une tendance nette à diminuer en valeur relative. Les auteurs signalent aussi ce fait qu'ils n'ont pas trouvé une diminution nouvelle de la sensibilité différentielle en passant à des poids très lourds, bien qu'ils aient choisi intentionnellement un poids encore plus élevé que ceux de Fechner. Ils concluent en faveur de la loi de Weber.

(x) Voir le paragraphe précédent de ce cliapilre.

(2) Mcthodoloçiische BeUraç,e :u psychophysischen Messnngen, 1898.

(3) Ueber die psycholor,hchcn Griindlagcn der Vcrgleichang gchoi Gewichte, Archiv de Pilûgcr. l. XLV, [). 107.

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TABLEAU XVI. — Expériences de Wresciiner

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