Vo
lO «/„
Sommes îles pourcentages sans distinction des dirrérences rela-
Pour que la loi de Weber s'appliquât avec exactitude, il faudrait que les proportions de cas vrais fussent constantes, malgré la différence déconcentration des solutions employées ou tout au moins que la somme des pourcentages fut constante. Or les proportions ne sont pas constantes, et varient même d'une façon peu régulière : mais ces variations doivent être en grande partie accidentelles, car les sommes des
(i) D'après le tableau II de Kcpplcr, Arcl.iv de Pllûger. II. p. 453.
pourcenlages montrent, non pas la constance requise pour une vériflcalion parfaite de la loi de Weber, mais une régularité satlsfiiisantc. Les nombres de cas vrais grandissent lentement à mesure que la solution devient plus concentrée. C'est un résultat analogue à celui qui a été obtenu pour la plupart des autres genres de perceptions, c'est-à-dire qu'il tend à prouver la loi du maximum, surtout si l'on tient compte des expériences sur l'amer, Tacide et le sucré. Voici la conclusion de l'auteur: « Pour les solutions salées, la sensibilité croit avec la concentration des solutions ; il en est de même pour les solutions amères; pour l'acide et le sucré au contraire, la sensibilité décroît pendant que croît la concentration des solutions ; si j'avais choisi pour ces deux derniers corps des concentrations plus faiblés, la sensibilité se serait sans doute accrue avec la concentration. La sensibilité croîtra donc avec la concentration jusqu'à un certain point, pour diminuer ensuite (i). »
Sur la perception des odeurs, il existe quelques indications de Zwaardemaker (2) et un article étendu de Miss Gamble (3).
Zwaardemaker a fait une étude détaillée des perceptions olfactives. Il a inventé un olfactomètre (/|) qui peut servir à étudier la question relative à la loi de Weber. L 'olfactomètre se compose essentiellement d'un tube de verre recourbé à une extrémité pour que l'on puisse le faire entrer dans la narine ;
(1) P. 457. Cf. Fechner, In Sachcn, p. 161. Fechner trouve les expériences favorables à la loi de Weber, malgré l'avis contraire de l'auteur. Il donne d'ailleurs d'autres nombres empruntés à la dissertation inaugurale de Kepplcr ; mais la loi révélée par ces nombres est la même, quoique l'accroissement de la proportion des cas vrais soit plus lent.
(2) Die Physiologie des Geruchs, 1890. 'l'raduction de l'original hollandais.
(3) Tlic Applicabilily of Weber's Law la Sinell. Am. .1. of Ps., X, p. 82-143, i8(j8.
(4) Décrit dans l'ouvrage ci-dessus, p. 85. Décrit aussi par Zwaardemaker dans .\nnée Psychologique, V, p. 210, i8()i).
la partie droite du lube pénèUe dans un autre tube garni intérieurement d'une matière odorante, par exemple de caoutchouc. Le principe de l'instrument est que l'intensité de l'odeur est proportionnelle à la surface de la substance odorante qui est en contact avec l'air inspiré. Si donc on respire régulièrement, on peut admettre que les odeurs perçues varient quantitativement selon que le tube de verre est plus ou moins enfoncé dans le tube odorant. Mais ce principe même n'est pas sûr, et d'autre part les expériences sont très difficiles à conduire, notamment à cause de la fatigue rapide de l'odorat, de sorte qu'il n'existe rien de certain relativement à la question de savoir si la loi de Weber s'applique à la perception des odeurs. L'exactitude des comparaisons, dit Zwaardemaker (i), diminue dès que les odeurs deviennent fortes. Miss Gamble ne donne ses valeurs expérimentales que comme approximatives, et conclut cependant en faveur de la loi de Weber. Ce n'est pas là le domaine des mesures exactes.
§7. — : Perception des longueurs par la vue.
Rien ne semble plus facile que de contrôler la loi de Weber relativement à la perception des longueurs par la vue. Et pourtant cette recherche est pleine de difficultés, qui tiennent à ce que ce genre de perceptions est le plus riche en illusions; nulle part peut-être il n'intervient un plus grand nombre d'influences déterminantes, de sorte que cette perception est une des plus complexes qui existe.
Des expériences de Fechner et Volkmann, il résulte que l'erreur pure variable, calculée à la façon de Fechner (2), est assez exactement proportionnelle aux longueurs perçues pour
(i) Die Physiologie tles Geruchs, p. 180. (3) Voir partie, cfi. IV, S 5.
les longueurs de lo à -2^0 millimètres, et qu'elle devient beaucoup plus considérable en valeur relative pour les longueurs plus petites. Ce résultat tendrait à prouver que la loi de Weber s'applique à la perception des longueurs moyennes, et que l'exactitude de la perception diminue pour les petites longueurs. C'est la même loi qui a été découverte pour toutes les perceptions d'intensités. Mais existe-t-il aussi une limite supérieure de la loi de Weber Les expériences n'en disent rien. D'autre part. Teneur pure variable de Fechner n'est pas identique à l'erreur pure de reconnaissance : il est possible que les deux ei-reurs varient dans le même sens, mais cela n'est pourtant pas certain. Il était donc nécessaire de faire des expériences nouvelles.
Les plus anciennes sont celles de Chodin, par la méthode des diflérences juste perceptibles et par la méthode des erreurs moyennes, Chodin traçait à l'encre sur du papier une ligne sur laquelle deux traits délimitaient la longueur normale, et. dans le prolongement de cette même ligne, à droite et à gauche, ou en dessus et en dessous (selon qu'il s'agissait de longueurs horizontales ou verticales), il marquait un autre trait pour délimiter une longueur égale à la première, ou juste plus grande, ou juste plus petite. En mesurant les longueurs ainsi tracées, on pouvait calculer le seuil, ou l'erreur moyenne, suivant les cas. Le tableau suivant (XVIII) donne les résultats obtenus ( 1 ) .
Chodin déclare que ses expériences contredisent la loi de Weber. Mais Fechner, non sans raison, fait des objections au sujet de la méthode suivie: il signale notamment ce fait qu'une erreur doit provenir de ce que la main est employée à limiter la ligne de comparaison. Cependant les expériences de Chodin tendent à montrer que la loi du maximum s'ap-
(i) Isl (las Wcber-Frrlinrr'srhr (ii:scl: auf dax Amjenmass aiiwendbar ? Archiv fiir Ophlhalmologic do Gnilc, l. XXlIl. (D'après Fechneu. Revision, p. 3/10 et 352.)
PS -< Ph
fO ce 00
CO
co
vr
■o co
O 1-1 co
co
vd- o o
co
d 00 vt
c^ co
co co
es ta
ai
bc
<u bSD
co*
ba
:xi