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l'ami, ces baisers, ces attouchements n'avaient aucun caractère spécial, et que la malade ne s’en est souvenu que pour construire son système, comme preuves de la véracité de ce système. Quand donc la malade a eu la possibilité d’agir par magnétisme et a été persuadée qu'elle connaissait la personne qui agissait ainsi sur elle, elle a voulu vérifier. Les souvenirs que nous avons indiqués plus haut étaient déjà un commencement de preuve, mais cela n'était pas suffisant. Le plus simple était évidemment de poser franchement la question. Elle n’a jamais interrogé directement l’influenceur. « Pourtant une fois elle lui aurait dit qu'elle entendait causer sans dire n1 qui, ni quoi, et il aurait répondu : « C’est le magnétisme, c’est tout ce que je puis dire. » Mais en fait elle n’a jamais pu s’avancer plus loin en sa présence. «Au contraire, en pensée, elle a obtenu la preuve. Elle l’a interrogé, et la voix lui a répondu que c'était bien lui la personne qui agissait sur elle ».
C'est là le meilleur mode de preuve. Comment douter après cette affirmation intérieure, expression elle-même d'une conviction intime, que l’on n’a pas découvert le persécuteur. C’est une véritable révélation pour la malade. Et dès lors tout ce qu’elle ressent sera rapporté à la même cause et ne servira qu'à accentuer la croyance de la malade. Parle-t-on en elle, c’est lui qui parle. Remue-t-elle involontairement le bras, c’est lui qui la fait agir. Souffre-t-elle de douleurs bizarres, c'est lui qui la fait souffrir. Mais il est intéressant de noter que l'action de l'influenceur s'exerce uniquement sur la malade, et non sur le monde extérieur.
OU TÉVY 5