PREMIER EXAMEN
La malade désire être désuggestionnée, car elle est sous l'influence d’une personne, et elle cherche une influence plus forte pour l'en débarrasser. Marie CG... est veuve depuis 5 ans; elle a deux filles. Elle habite dans les environs de Paris et vient à Paris chaque jour travailler dans un atelier où elle fait le métier de brodeuse.
Le début de l'affection remonte à quatre ans. Un jour brusquement elle a entendu causer. Étonnée elle a demandé à ses filles si elles n'entendaient pas. Elle a été également deraander à ses voisins, prétendant que c'était chez eux que l'on devait causer. Marie C... ne peut dire si cette voix était sonore. Toutefois, et c’est là une interprétation rétrospective, elle pense qu'elle ne devait pas l'être. Les voies parlaient de chosesintimes. La malade était en même temps poussée à agir malgré elle. Elle se sentait forcée d’aller chez des parents pour leur raconter ce que disaient les voix. Quelquefois cependant elle essayait de résister, mais c'était plus fort qu'elle : elle parlait. D'autres fois on lui défendait de parler, de raconter ce que disaient les voix.
Pendant deux ans, la malade n'a pas eu l'explication de ce phénomène, mais ayant lu des livres de magnétisme elle en est arrivée à la conclusion que celui qui lui parlait ne pouvait être qu’une personne qui l'approchait. Dès lors, elle a recherché quel pouvait être l’auteur de ces voix, et elle à soupçonné une personne de son entourage. Celte personne était.
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un ami qu'autrefois, alors qu'elle était jeune fille, elle avait connu dans ses relations de famille. Mais jamais elle n'avait ébauché avec lui aucun amour. Quelques mois avant le début de la maladie, l'ami avait été ramené chez elle par son père. Bien qu'il fut marié el père de deux enfants, il lui faisait des avances, l'embrassait, essayait de l’attirer à lui.
Dans la conversation, il avait des mots significatifs. La malade parle d'attouchement., 11 aurait même, dit-elle, voulu faire d'elle sa maitresse, posséder son corps, mais elle s’y est refusée.
C'est alors qu'il est devenu son amant mystique. Mais la malade n'est arrivée à celte conclusion qu’à la suite de lectures de livres de magnétisme. II semble d’ailleurs que toutes les intentions dont elle accuse son influenceur ne sont en réalité que des accusations rétrospectives: Elle n’a jamais interrogé l'ami au sujet de l'influence qu'il exerçait sur elle. Pourtant une fois elle lui aurait dit qu’elle entendait causer sans dire ni qui lui parlait, nt ce qu’elle entendait, et il aurait répondu : « C'estle magnétisme, c’est tout ce que je puis vous dire ». Il aurait dit cela verbalement seulement. Elle n’a jamais pu s’avancer plus loin en sa présence. En pensée, elle a obtenu la preuve. Elle a interrogé, et la voix lui a répondu que c'était bien lui qui agissait sur elle. Elle à, avec lui, des conversations continuelles.
Nous cherchons à faire préciser le caractère de la voix qu'entend Marie C... Elle commence par dire : « Je l'entends causer comme je vous entends ». Puis elle dit : « Cette voix n’est pas sonore bien qu'elle soit très claire et même timbrée. C'est une parole sans bruit, autrement tout le monde l’entendrait ». Or il n'y a qu'elle qui l’entende. Ce n’est pas non plus la voix d'une personne qui est près d’elle, «car la voix d’une personne qui cause à côté de moi a du son, tandis que la voix n’a pas de son ». Quelquefois, elle s’est demandée spontanément si ce n'était pas par hasard sa pensée qu'elle entendait, comme quand on reflectait (sic), mais elle a reconnu que non.
Marie C... donne avec une précision remarquable les caractères différentiels de la pensée et de la pseudo-hallucination Elles en diffèrent, dit-elle : 1° parce que les paroles qu’elle entend sont plus claires et plus nettes que sa propre pensée ; 2 parce qu'elle est dans cette conversation interpellée comme par un interlocuteur. Exemple : On lui dit : Marie tu as fait telle chose; 3 Parce que ce qu'elle entend n'est pas sa pensée. Quand elle écoute elle ne sait pas ce qu’elle va entendre. L'autre, au contraire, connaît sa pensée à elle, puisque sans être là 1l converse avec elle. La voix parle surtout quand la malade travaille. Si elle est occupée à causer de vive voix, la voix intérieure s'arrête. Quelquefois elle essaye d'arrêter la voix en détournant la pensée. Elle entend alors la voix dire : « Tu m'entendras quand même ».
De temps en temps elle éprouve un sentiment d'inhibition ou d'impulsion. Tantôt elle agit contre sa volonté, Lantôt au contraire elle sent une force qui l’inhibe, l'empêche d'agir. D'autres fois elle ressent une attraction. Elle ne voudrait plus revoir l’influenceur, et malgré elle, elle va le trouver. C'est en vain que dans les communicalions de pensée, elle l’a souvent prié de la laisser tranquille; ses prières sont restées vaines.
Elle a très peu de troubles de la sensibilité générale. De temps en temps, elle ressent comne un fluide, un peu de chaleur dans le ventre, un peu comme lorsqu'elle avait des rapports avec son mari.
Elie n’a jamais eu de visions.
Elle à essayé de se débarrasser de l'influence en s'adressant à la science. « J'aurais pu, dit-elle, penser comme on le fait dans les campagnes que j'étais ensorcelée ; mais j'ai pensé que seule une influenee plus forte que celle qui s'exerçait sur moi était capable de m'en débarrasser. D'ailleurs, la lecture de livres de magnétisme, de fréquentes consultations à la clinique de magnétisme du docteur D... n’avaient fait que donner plus de force à cette idée. Malgré tout, le magnétisme n'ayant pas