‹ La Psychose de Gilles de RaisChapitre 3 sur 36 · A MONSIEUR LE PROFESSEUR THOINOT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE PROFESSEUR THOINOT

Professeur de Médecine légale à la Faculté de Médecine de Paris

Pour le très réel honneur qu'il veut bien me faire aujourd'hui en acceptant la prési-

dence de cette thèse.

Bernefle 1

« Comment ang très grand seigneur du pays de Bretaigne nommé le Seigneur de Rais fut accusé dhérésie. En l'an dessus dict advint en la duché de Bretaigne une grande diverse et merveilleuse aventure : car le Seigneur de-Rais qui pour lors estoit grand marechal de France, et estoit moult noble homme et très grand terrien, et issu de très grand et très noble génération fut accusé et convaincu d'hérésie.

C’est en ces termes que Monstrelet (1} commence

le récit des meschefs de Gilles de Rais. | Depuis, près de cinq siècles ont passé sans estomper cette figure bizarre, ce lanus Bifrons marquant . le xv° siècle d'un héros sans peur, mais non sans reproche, doublé d’un inquiétant criminel, et nombreux sont les historiens qui s’efforcèrent à sa description. | * Les meilleures sources que nous ayons pour cette |

1. Chronicques d’Enguerran de Monstrelet. Publiées par L. Drouët d’Arc. Paris, 1862.

ne.

étude sont d’abord les travaux des auteurs da temps : D'Argentré, Monstrelet, Dom Lobineau (1), mais surtout les exemplaires — abondants — du procès ecclésiastique, du procès civil, un mémoire que firent paraître les héritiers de Raïis en vue d'appuyer certaines réclamations, documents des plus utiles. Parmi les auteurs modernes il en faut noter surtout deux : L’abbé Eugène Bossard (2) consacra à Gilles de Raïs sa thèse de doctorat ès lettres dont il donna consécutivement l'édition définitive accompagnée du procès ecclésiastique in exlenso et de quelques pièces de la procédure civile. C’est de beaucoup le travail le plus complet et le mieux fait sur ce sujet ; l’auteur s’y révèle probe et consciencieux dans ses recherches n’affirmant aucun fait sans justifier ses références. Malheureusement il y a malgré tout, dela part de l’auteur — ïl est prêtre, ne l’oublions pas — une idée préconçue de ne voir en Gilles qu’un affreux

coupable et une tendance marquée à le pousser au noir.

cs

Après lui Huysmans (3), peintre merveilleux, en quelques pages disséminées dans son livre Là-bas, a

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