Cf. Index bibliographique
2. E. Bossard, Gilles de Rais, Maréchal de France dit Barbe-Bleue, 1 104- 1440. Paris, Champion, 1886.
3. Après avoir été à Médan un des fidèles de Zola et avoir écrit quelques livres suivant la formule réaliste, J.-K, Huysmans, à partir de son livre Là-bas (1891), a adopté un genre d’études, qui n’ont de romans que le nom, où tout en analysant l'âme d’un écrivain misanthrope — Durtal — il aborde avec beaucoup d’érudition l'étude d’une série de questions de psychologie religieuse et mystique, surtout du moyen âge. Ce sont en particulier :
Là-bas, En route, La Cathédrale, L'Oblat, etc.
brossé un admirable panorama de la vie si heurtée du Maréchal. |
Du côté des auteurs médicaux nous retrouvons le Sire de Rais rapidement cité et classé par K. Ebing (1), A. Moil (2), avec plus de détails par Morel (3) et Thoinot (4).
En parcourant les travaux d'histoire quilui sont spécialement consacrés, on voit que tous les auteurs, se laissant toucher par cette idée d’une influence démoniaque agissant sur Gilles, ont négligé l’étude approfondie de cette mentalité étrange, de la raison psychologique de ses violences et de ses meurtres.
C'est cette étude que — malgré ses difficultés — j'ai voulu aborder. Bien que n’ayant pas l'intention de refaire, après tant d’autres, l'histoire détaillée du Maréchal, il me serait impossible de tenter avec suc-cès la dissection méthodique de ce cerveau morbide sans la préalable et minutieuse observation des influences de divers ordres : ambiances, genre de vie, tendances générales, qui ont pu servir de causes favorisantes et déchaïîner de pervers instincts.
Le problème de Gilles de Raïs est parmi ceux dont la difficulté, à un premier examen, se cèle ; il semble qu'il soit aisé de crayonner vigoureusement une suffisante esquisse du Baron meurtrier se silhouettant superbement en rouge sur le fond neutre de la pénom-