‹ La Psychose de Gilles de RaisChapitre 6 sur 36 · Michelet, Histoire de France, t. V · texte numérisé non relu

Michelet, Histoire de France, t. V

curantisme que, seule lettrée,ne dissipe point l'Eglise, intéressée à maintenir sur cette indispensable base son hégémonie. Tous sont d’une religiosité maladive, d’une bondieuserie suspecte, accommodani la religion à toutes sortes de compromis ; bien que, en général, prêt à commettre sans remords des canailieries variées, chacun se fait scrupule à manquer un seul prône, à déserter une messe et derrière cette piété maniaque s'installent nécessairement d’inévitables superstitions.

« La croyance aux démons domine toutes les ima-

ginations, la superstition se répand de toute part, c’estle règne de la sorcellerie, du Sabbat, de la démonomanie, de la lycanthropie, de la possession démoniaque (1). »

En effet, plus qu’en aucun temps la fausse monnaie du satanisme a cours au moyen âge. Le démon y est un personnage très coté, très courru. Il est une foule d’endroits où on l'invite, une foule d’autres où il s'invite tout seul, de son propre chef. Cependant, malgré son don avéré d’ubiquité, malgré que, comme Protée, il puisse à l’infini se muer en des travestis inattendus, il serait dans l'impossibilité de parer à toutes les exigences, c’est pourquoi il est auxilié d’une foule de démoniots aux parentés compliquées capable de le suppléer en tous avatars.

Nombre de gens au surplus préfèrent traiter directement leurs petites affaires avec ces sous-

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