‹ La psychose maniaque-dépressive [electronic resource]Chapitre 2 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On tend depuis quelques années à unifier, sous le terme générique de psrjchose ou de folie maniaquedépressive, toutes les affections encore g-énéralement décrites sous les noms de folies interinittenies, de psychoses périodiques, de folies à double forme, alterne, circulaii^e, etc., — et aussila?nanîe et lo. mélancolie dites simples oa non récidivantes.

Que, maJgTé la variété de ces dénominations, les états syndromiques qui viennent d'être énumérés — réserve faite de la manie et de la mélancolie simples — ne soient que les diverses modalités d'une seule et unique maladie fondamentale, c'est une notion banale qui ne mériterait pas d'être relevée, car elle est admise par presque tous les aliénistes ; aussi n'est-ce pas là que réside l'intérêt de la conception de la folie maniaquedépressive.

Ce qui constitue d'abord son originalité, c'est sa prétention non dég'uisée de bannir du cadre des maladies mentales la manie idiopathique, et de reléguer la fnélancolie au rang- des psychoses de la période d'involution. Il y a là une première question de nosologie, sur laquelle il importe d'être fixé.

Il s'agit, en outre, de décider si les modifications qui ont été apportées dans ces derniers temps à l'ancienne nosog-raphie des folies inte?'mitlentes ou périodiques, sont assez profondes pour légitimer la nouvelle dénomination de psychose maniaque-dépressive ; c'est même là le véritable nœud de la question.

La discussion de ces points litigieux trouvera place plus

HISTORIQUE CRITIQUE ET DÉFINITION

loin ; mais auparavant, on nous permettra de noter que la synthèse de la folie maniaque-dépressive — comme celle de la démence précoce (1) — est issue des travaux de l'École française. Elle a eu, en effet, pour précurseurs deux des plus illustres médecins de la Salpètrière, Pierre Falret et Baillarger, et c'est Magnan qui en a posé les premières bases au CongTès de médecine de Berlin, en 1890.

Depuis, il est vrai, cette synthèse a grandi en Allemagne, elle s'est enrichie de plusieurs provinces, elle a même reçu un nouveau nom...; autant déraisons, à notre gré, pour ne pas faire le silence autour d'elle, mais pour rendre encore plus solides les liens qui la rattachent à la science française.

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