J.-M. Charcot, la Foi qui guérit, p
2. Dubois, Les Psychonévroses et leur traitement moral, p. 40.
les guérir, si elle était assez vivante pour créer chez ses adeptes un vrai stoïcisme chrétien.
« Dans cet état d'âme, hélas si rare dans les milieux bien pensants, l’homme devient invulnérable. Se sentant soutenu par Dieu, il ne craint ni la maladie ni la mort. Il peut succomber sous les coups d'une maladie physique, mais morale-
ment il reste debout au milieu de la souffrance ; il est inac-
cessible aux émotions pusillanimes des névrosés.
« J'ai vu des chrétiens protestants accepter la vie La plus dure, les maladies les plus pénibles, envisager avec sérénité la certitude de leur fin prochaine, sans chercher même à échapper à leur inéluctable destinée en demandant les
secours de la médecine ; ils savaient souffrir joyeusement.
« J'ai éprouvé une sympathie émue pour un pauvre missionnaire catholique à qui je conseillais de ne plus retourner dans le climat meurtrier de l'Afrique et qui me répondait avec un sourire angélique : J'y retournerai, docteur, c’est mon devoir, c’est ma vie !.
« Ce christianisme-là fait les saints etles martyrs (1).
«lIln’est pas juéqu'auxsentimentsreligieux qu on ne puisse utiliser pour ramener le malade à la tenue morale. Il peut paraître étrange de voir un libre penseur pactiser avec les croyants. utiliser les convictions religieuses, les recommander à certains malades.
« Eh bien, non ; iln’y a point là de contradiction. J'ai pu souvent me sentir en communion d'âme avec des chrétiens, pasteurs protestants, abbés, religieux cloîtrés.. (2).
« Ceux à qui leur tournure d’esprit permet encore la foi naïve trouveront un appui dans leurs convictions religieuses à condition qu'elles soient sincères et vécues (3). »
Déjerine est encore plus affirmatif :
« La foi suffit et vaut mieux que toutes les raisons. Le médecin, fût-il sceptique ou athée, n’a pas le droit d'entamer des croyances qui, expérimentalement constituent le plus