SOUS
se sentit abaïissé, mais capable de se livrer sans réserve à celui dont il lisait l’histoire.
Immédiatement après sa conversion, en 1880, Hsi sentit qu'il devait rompre avec l’opium. La lutte fut terrible : il prit les < remèdes d'usage, mais en vain. Le mal était trop invétéré. A st mesure que passaient les heures, le désir d’une nouvelle dose de poison devenait de plus en plus impérieux ; d’affreuses angoisses l’étreignaient, son corps était brisé par une insurmon-, table faiblesse. Ses yeux, son nez ruisselaient. Epuisé, presque évanoui, il sentit survenir des vertiges, des frissons, des douleurs aiguës et une soif ardente. Durant sept jours et sept nuits 3 il put à peine manger et demeura sans sommeil. Deboutou cou- | ché, le repos le fuyait et l'angoisse ne faisait que s’accroître, etil savait que quelques bouffées de sa pipe à opium l’auraient immédiatement bercé de rêves délicieux... Après de longs jours
prit-saint est la grande puissance donnée à l'homme pour être sa force. 1l implore sans délai la plénitude de cet Esprit et il 28 fut exaucé ; la lutte, disons mieux, l’agonie avait cessé. Le com- FEES bat était terminé,
Une année ne s’était pas écoulée qu’il renonçait à cultiver l’opium dans sa propriété. Le sacrifice était sérieux car la culture de Popium rapporte cinq fois plus que celle du blé.
Puis Hsi se mit à annoncer l'Evangile, et tous ceux qu'il ren- (ES Ve contrait étaient des fumeurs d’opium. Il créa pour eux un refuge Rue car « sur dix personnes, disail-il, nous avons onze fumeurs FA d’opium ». Le nombre des refuges augmenta promptement: en | 1884 il y en avait huit (1) en 1887 vingt-cinq, leur nombre s'éleva | au jusqu’à quarante-cinq. Ces refuges furent le moyen d’un grand nombre de guérisons (2). Pendant tout le temps que Hsi les dirigea il n’y eut que sept ou huit cas de mort et il ne dut fermer qu'un seul refuge. }
Hsi mourut en 1805 sans avoir touché de nouveau une seule fois à l’opium (3).
1. Dont l’un daus la grande ville de Chas-Ch’eng. \ 2. On s’y servait de « pilules », néanmoins pour la guérison des LIT 1 funieurs d’opium, Hsi ne compta jamais sur l'efficacité des remèdes X sans là prière. Et nous pouvons sans crédulité, croire que sa convic- ss tion était la bonne, car, les pilules dont l’usage est traditionnel en Chine dans la cure de l’opium sont en réalité des produits contenant de de l’opium et destinées à réaliser une désintoxication lente, ou bien des drogues à action purement psychique, à ce sujet voir Dr Millant, La Drogue, p. 116-117.
3. Extrait de Howard Taylor: Un lettré Chinois : Culture et con- { version d'un disciple de (jonfucius ; Un chrétien chinois : Le pasteur Hsi.
DA Ti Du
OBSERVATION II
A Fou-Tcheou en Chine, un homme d'environ quarante ans pénètre dans la petite chapelle d’un faubourg et entend le missionnaire Binkley parler du Christ, du Sauveur parfait. Ce pauvre Chinois, complètement subjugué, s’entretint ensuite avec le mis- Sionnaire : (Jamais, dit-il, je n’avais entendu parler de ce Jésus, je ne sais pas qui il est. N’avez-vous pas dit qu’il peut me sauver de tous mes péchés ? — Sans doute, c’est précisément ce que j'ai dit. — Alors, c’est que vous ne me connaissez pas. Pendant bien des années j'ai été menteur, joueur, sorcier, adultère, et voilà vingt ans que je suis fumeur d'opium. Ceux qui ont fait usage d’opium pendant aussilongtemps ne guérissent pas, cela ne s’est jamais vu. » :
Le missionnaire ne put que lui répéter en y insistant : « Christ est toujours puissant pour sauver ceux qui croient en lui. » Le fumeur d’opium resta muet d’étonnement, $on esprit était retenu captif par d'anciennes superstitions. Il était vendu à l’horrible drogue, sa volonté était enchaînée par une habitude de vingtans; jamais, à sa connaissance, pareille victime de l’opium n’avait été délivrée. Il n’osait croire à l'affirmation du missionnaire et partit. Il revint le jour suivant, puis jour après jour, pour entendre parler davantage de cet étonnant Sauveur et pour s’enquérir de cet : Evangile quipromettait la délivrance, même à l’esclave de Fopium. Plusieurs semaines s’écoulèrent. Puis un matin, ilentra avec impétuosité dans le cabinet du missionnaire. Son visage radieux avait parlé avant que sabouche eût pu s'ouvrir : « Je sais maintenant, s'écria-t-il, que Jésus peut me sauver de tous mes péchés, car il l’a fait!» La vieille habitude était brisée, le désir même de l'opium avait disparu. Ling Ching Ting ne sentait plus rien des liens qui l’étreignaient naguère et contre lesquels il avait lutté en désespéré pendant tant d'années. Il devint missionnaire luimême, malgré la persécution dont il fut l’objet, et le resta jusqu’à sa mort c'est-à-dire pendant quatorze ans (x).
OBSERVATION III (2
Jeune fille malade à laquelle on donne, pour la soulager, des pilules d’opium. La maladie se prolonge, la malade s’accoutume
1. A.-T. Pierson, Les nouveaux actes des apôtres, p. 289. 2. Communiquée par Th.Cochrane, directeur du World Dominion, (Revue chrétienne internationale de Londres).
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au stupéfiant. Une fois guérie, elle ne peut s’en passer sans angoisse et souffrance. Elle refréne sa passion, mais entre bientôt au service d’une princesse chinoise dont elle devait chaque jour remplir la pipe. N'ayant qu'à manipuler de l’opium du matin au soir, pouvant s’en procurer autant qu'elle voulait et ayant beaucoup de temps pour elle’elle retomba fatalement sous lempire de « la drogue », maigrit dès lors à vue d'œil, tomba dans une profonde somnolence, sa fin approchait.
Sa sœur lui apprit alors qu’il y avait dans la ville des médecins missionnaires étrangers, qui pouvaient guérir cette funeste
intoxication. La jeune femme alla à l'asile ; un missionnaire lui parla du Dieu tout puissant : « Priez-le pour moi » dit la malade ; et pendant cette prière la malade se sentit en présence d'une puissance étrangère et inconnue. Elle comprit bientôt que le Dieu dont on lui parlait pourrait l'aider, si seulement elle pouvait se confier en lui.
A son tour la malade pria, sans éloquence mais du plus profond de son cœur en détresse. La prière accrut sa foi, elle s’endormit bientôt d’un sommeil tranquille, et se réveilla le lendemain matin sans aucun désir de toucher à l’opium. Depuis ce
jour elle n’est jamais retombée et travaille à l'étude et à l’ensei- :
gnement du christianisme, et elle guérit à son tour de nouvelles victimes del’opium.