‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 20 sur 93 · NOR TE · texte numérisé non relu

NOR TE

B. Fumeurs d’opium

OBSERVATION I

Dans ün village de la province de Ouest Chang, Hsi a parcouru tout le cycle des études chinoises. Très vive intelligence, on lui disait : « Tu deviendras riche et célèbre, tu seras mandarin de renom. » Il jouit en effet d’une considération extraordinaire, son opinion est regardée comme décisive, il s’est acquis comme avocat une clientèle très étendue.

Malgré cette situation, Hsi sombre dans de grandes détresses morales. La question de la mort et de son au-delà le harcèle. A la fleur de l’âge, cet homme vigoureux se trouve harassé, usé et vieilli prématurément. Doutant dele voir se relever, ses amis lui conseillent d'essayer le soulagement que procure l’opium. Il cède, la décadence fut rapide. Hsi, déjà affaibli, ne put résister aux ravages du poison. D'abord, après chaque pipe, le mieux apparaissait, mais très rapidement la gaîté s’'évanouissait, remplacée par un abattement plus profond que rien ne pouvait secouer, si ce n’est le retour à la pipe fatale. Plus il fumait, plus ses souffrances empiraient. Il perdit l’appétit, le sommeil, prit la vie en dégoût, ne se soucia plus que de satisfaire sa passion croissante. Le malheureux savant expérimenta la vérité de cette parole : « Ce n'est pas l’homme qui dévore l’opium c’est lopium qui dévore l’homme. » Etudes, affaires, gestion de ses biens, devoirs de sa profession, tout est oublié, il n’est plus que fumeur d'opium. Parfois, il essaye de se relever, mais il renonce

bientôt à tout sauvetage. Sa maigreur, son visage pale à -

l'expression triste furent bientôt éloquents. Sa maladie augmenta, sa mort parut imminente — il vécut cependant.

Dix années après le début de cetteintoxication le missionnaire Hill, désireux d'atteindre la classe des lettrés qui n'avaient pour l'Evangile que du mépris, ouvrit un concours sur quelques-uns des points principaux de la religion chrétienne. Hsi concourut, entra en rapport avec le missionnaire, devint même son professeur de Chinois. Il trouva chez lui un Nouveau-Testament, le lut, et à mesure qu’il le lisait, la vie du Christ devint pour lui une vivante réalité. Ses doutes, sa perplexité s'évanouirent, mais son insatiable désir d’être délivré du mal, de lui-même, le mystérieux besoin de pénétrer au delà redevinrent intenses ; il continuait à lire et à entrevoir que ce qu'il lisait le concernait personnellement, De son cœur jaillit alors une source inconnue, il

d'angoisse, lisant sa Bible, ïl fut frappé par la pensée que l’Es-

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