‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 28 sur 93 · Vie d'Elisabeth Fry, p · texte numérisé non relu

Vie d'Elisabeth Fry, p

4. H. Begbie, op. cit. p. 67. Nous ajoutons cette observation, quoi-

qu’elle ne soit pas celle d'un criminel à proprement parler. Mais Ja psychologie de ce fou furieux permet de la rapprocher à bien des

égards de celle des criminels.

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conviction, revient des Indes. Dès lors la colère est chez lui une: fureur sauvage à l’empire de laquelle il ne peut plus se soustraire. Quitte la caserne la première nuit de son retour en Angleterre, mis en prison, relâché à cause de ses bons états de service; trois mois après frappe un agent, est cassé de son grade.Dès lors rien ne retient sa colère. Une nuit, sans provocation personnelle, il se jette sur une femme, la renverse et l'aurait assassinée sans l'intervention d’un passant. Recommence une autre fois et laisse la femme mourante sur la place.

S’abandonne alors à la boisson, et le matin de son mariage dépense toutes ses économiés au cabaret. Devient de plus en plus sombre et haineux, d’une maussaderie ininterrompue, fureur rancunière, exaspération de tous les instants qui le fait porter toute son animosité contre sa femme qui était chrétienne, et dont la douceur de caractère et la soumission l’exaspéraient ; la menace sans cesse de l’assassiner.La nuit quand le cri de leur enfant le réveille, il chasse sa femme hors de la chambre, la laissant — quelle que soit la rigueur de la température, — chercher un gîte comme elle le pourrait. Il haïssait l'enfant presque autant que la mère et voulait le tuer, soit le jeter par la fenêtre, l’écraser sur le sol ou l’étouffer, Cet état de choses dure trois ans, la femme essaie deux fois de se tuer.

Un soir l'individu entre dans une réunion de l'Armée du Salut, entend qu’on s'adresse aux misérables, aux coupables ; s’agenouille pour confesser son impuissance et son besoin de secours. Mais rentre chez lui pire que jamais, se détestant lui-même et haïssant la vie. S'accuse bientôt une seconde fois dans une autre réunion ; il a conscience d’être mauvais, inférieur et malheureux, et cherche à s’amender, mais encore une fois sans résultat. I se met à boire de plus en plus, chasse sa femme et leur enfant, vend ses meubles et s’en va sur les routes, désœuvré. Mais avant de partir sa femme avait laissé sur la cheminée le prix du loyer. Ce trait le fait réfléchir, et au cours de sa première journée de vagabond, raconte-t:il, ilentend une voix lui dire : « c’est ta faute et non celle de Dieu, si tu ne peux être sauvé : Tu ne veux pas croire. » Il céda à l’irrésistible puissance dont il avait le pressentiment confus, le vague besoin. Il se sentit instantanément pénétré d’une force extraordinaire ; le calme, la paix revinrent, il sentit la voix intérieure lui dire ce qu'il avait souvent entendu aux réunions : « Je ne rejetterai pas celui qui vient à moi». & Je ne savais qu’une chose, dit-il, c’est que j'étais sauvé ».

Il retrouva sa femme, se mit d'accord avec elle pour recommencer une nouvelle vie ; ils promirent tous deux de travailler bénévolement dans les rangs de l'Armée du Salut par où leur était venue la lumière.

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