‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 37 sur 93 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Le terrain criminel est, lui aussi, conditionné én grande partie par l’hérédité : « L'hérédité est la mère du crime, comme le milieu en est le père ». « La propension aux vices, au mal, aux crimes est des plus héréditaires » (x).

Les ascendants transmettent à leurs héritiers la tare nerveuse ou alcoolique qui les a portés au vol ou au meurtre, et ceux-ci deviennent à leur tour voleurs et meurtriers.

« La folie joue un rôle considérable dans l’hérédité criminelle. Un vésanique fait souche, il en résulte des névrosés,

des débiles, des détraqués, des criminels. Mais de toutes les

tares héréditaires, sans contredit la plus fréquente, celle qu'on rencontre presque toujours, ou donnant la main aux autres, c'est l’alcoolisme. Les prisons sont en grande partie peuplées de dégénérés, or l'alcoolisme de l’ascendant est une cause de dégénérescence chez le descendant. La débilité mentale se retrouve chez le criminel comme chez l’alcoolique. Leur intelligence est faible, leurs facultés sont obnubilées ; combien sontillettrés, malgré leur passage à l’école où l'on a jamais rien pu leur apprendre. Ils peuvent être précoces, avoir des aptitudes merveilleuses, puis leur développement intellectuel s’arrête à la puberté, ils manquent de suite, d'équilibre, de pondération dans leurs idées, dans leurs conceptions, qui peuvent être rusées, mais ne sont pas intelligentes.

Ce fond taré n’a, de plus, jamais été l’objet que d’une éducation qui a laissé éclore tous les mauvais instincts, tous les mauvais exemples; tous les jours leurs parents ont étalé leurs vices devant eux; le père s'enivre, vole, va en prison, 1a mère se prostitue dans le lit même de son mari.

Le terrain criminel, comme les autres, semble défier tout effort de transformation car « le crime n’est qu'un épiphénomène, un accident dans la vie des dégénérés, des fous,

1. Aug. Voisin, l’Atavisme et le crime, Revue de l'Ecole d'Anthropologie, 1891.

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des épileptiques, de tous ceux en un mot sur qui pèsent des tares de déchéance » (1). :

Peuplades barbares

Que dire enfin du terrain psychologique qu'offrent les peuplades barbares ? Tous les atavismes morbides y sont réunis. Où l'habitude est-elle plus invétérée, l’hérédité plus lourde? Car la mentalité pathologique ne vient pas tant des seuls parents, que de toutes les générations passées.

L'ambiance détermine le terrain ici, plus encore qu'ailleurs.

Les alcooliques, les fumeurs d'opium, les prostituées, les criminels européens, vivent, malgré leur milieu immédiat, dans un monde où peuvent leur parvenir des exemples de moralité et de vertu. ils ont rencontré des individus qui leur étaient supérieurs, il y a des notions — bien éloignées et faussées peut-être — auxquelles cependant on peut faire appel, des exemples, des contrastes à leur faire considérer. On peut leur prouver la possibilité de leur régénération (2).

Mais en pays sauvage tous ces éléments font défaut.

Quels exemples prendre? A quoi faire allusion? Susciter la notion même d’une existence différente: autant vouloir produire des impressions visuelles sur la rétine d’un aveugle-né.

Comment prouver la possibilité d'une transformation si l’on ne peut en montrer la nécessité ? Quelles preuves appor- .ter ? Toute parole est théorique, abstraite, pour ces primitifs; il faudrait une image, un fait concret, il ne peut en exister.

Seul le missionnaire peut se donner en exemple, mais le païen lui répond: &toi, tu es blanc, tu n’es pas de notre race, ce qui vaut pour toi ne vaut pas pour nous. » Que répondre à cet argument péremptoire en apparence ?

1. Emile Laurent, les Maladies de la volonté chez les criminels (Annales médico-psychologiques, 1892).

2. Les témoignages que rendent les anciens buveurs sont un des moyens les plus propres à provoquer un revirement. Les agents des œuvres antialcooliques sont bien souvent d'anciens dégénérés, ils sont une vivante démonstralion, dont l'effet est immense.

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