DR CRE
Fumeurs d'opium
Les mêmes constatations ont été faites en ce qui concerne l'opium.
«Quand le fumeur est arrivé à une imprégnation telle que sa pipe lui est, dit-il, plus nécessaire que les aliments, beaucoup l’assimilent à un alcoolique invétéré, pour lequel il n’y a plus rien à faire (1).»
« Mais cette volonté, on sait combien elle périclite sous l'influence de l'alcool et de l’opium. Les Anglais, pour peindre cette dépendance servile où la drogue tient ses victimes, ont employé, comme le dit Baudelaire, des « termes qui ne peuvent paraitre excessifs qu'aux innocents à qui sont inconnues les horreurs de cette déchéance : enchained, fettered, enslaved ! Chaînes en effet auprès desquelles toutes les autres ne sont que des trames de gaz et des tissus d'araignée (2). »
L'opium est devenu son maître, il ne peut plus s’en passer. Le voudrait-il, que, après divers symptômes surviennent un affaiblissement des forces physique et morales, névralgies, spasmes, douleurs oppressives dans la poitrine, énervement, crises de larmes et de désespoir, nausées, vomissements, toux, expectoration, refroidissement des extrémités. « Comment résister à ce supplice, sachant qu'il n’y a qu’à se laisser aller, à prendre la pipe, pour dissiper, comme par enchantement, les tortures du moment, pour les remplacer par un heureux apaisement, et qu’on n’a qu'un seul moyen d'échapper à la souffrance qui vous broie? Il faudrait une volonté énergique ou intacte, or, c’est précisément la perte la plusrapideetla plus complète que fasse le fameur d’opium, car il a pris l'habitude, sous l'influence de l'ivresse, de lâcher toute bride à son imagination, de suspendre toute tendance à réagir ;et en supprimant les heurts de son
existence, il a écarté également les occasions de lutte contre eux (3). »