Ch. Féré, V’Instinct sexuel, p
pe de société anti-alcoolique où la suggestion se is
à l’état de veille (1). »
« La suggestion à l’état de veille est donc le traitement idéal de toutes les passions. Il n’y a qu’un inconvénient c'est que généralement elle ne donne de bons résultats que chez les malades intelligents, énergiques et peu intoxiqués. Le Dr Dubois (de Berne), refuse à peu près systématiquement tous les alcooliques dans sa maison de santé, prétendant n’obtenir que de piètres résultats » (2).
Et les mêmes conclusions se trouveraient sous la plume
des psychologues qui s'occuperaient du relèvement des fumeurs d’opium, des prostituées, des criminels, des cannibales... si de tels psychologues existaient.
Quelle est l'efficacité pratique des phénomènes de subcons-
cience ? La subsconscience est-elle même une méthode thérapeutique ? Elle nous apparaît beaucoup plus comme une
explication, une théorie d'après laquelle il existerait, au moins chez certains sujets, des souvenirs, des idées, des sentiments tout à fait en dehors de la conscience ordinaire et même de sa périphérie. Certains éléments de cette conscience pourraient subitement faire irruption dans le champ de la conscience ordinaire ; tel serait le mécanisme des conversions instantanées, des transformations radicales.
Il y a là une théorie, surtout une hypothèse, non une méthode.
‘Les auteurs qui ont émis cette hypothèse n'ont jamais expliqué par quel mécanisme on pouvait faire appel à ces tendances subliminales, pourquoi elles n'apparaissent pas chez quelques-uns et seulement à certains moments. Quelle est la condition d'apparition de ces phénomènes ? On nous dit que chez certains individus, les hystériques par exemple, ces tendances subliminales sont hypertrophiées et plus prêtes à être déclanchées par une légère excitation. Mais qu'est-ce qui prouve l'existence de ces tendances subliminales ? Pourquoi ces tendances ne préservent-elles pas le
1. Triboulet, Mathieu, Mignot, op. cit., p: 367-368. 2. Feuillade, Alcoolisme et psychothérapie, p. 14.
sujet de toute maladie, et pourquoi attendent-elles qu’on vienne les exciter pour le guérir ? Pourquoi ces tendances, si puissantes, disparaissent-elles à certains moments ? « Aucune de ces questions n’est étudiée sérieusement» dit Pierre Janet et il ajoute : « Ce mot subliminal n’est pas une explication, c'est la simple expression du fait qu'il y a peu de conscience personnelle dans l’acte suggéré » (x).
On comprend qu'aucune thérapeutique n’ait fait appel à ce déterminisme si peu élucidé, si capricieux, impossible à reproduire. On peut émettre l'hypothèse qu'il explique les faits religieux, mais séparé du principe qui l’actionue, il s'est toujours montré impuissant. &Il paraît imprudent, a dit Rogues de Fursac (2), d'expliquer les faits par l’intervention d’une faculté dont l'existence est problématique ».
Il est impossible d’autre part, d'expliquer par un subconscient pathologique des eflets thérapeutiques.
«A ceux qui diraient à tel ou tel de nos malades : c’est votre propre fécondité qui a produit cette crise rédemptrice, le renouvellement de tout votre être, l’ancien malade pourra répondre : «Assurément tous ces trésors dont je suis enrichi sortent de mon subconscient. Seulement pour pouvoir en sortir, il faut d’abord qu'ils y aientété.. Et qui donc, je vous prie, les y a déposés ?
« Moi ? Je vous remercie de l’estime que vous voulez bien me montrer. Mais hélas ! je connais par expériencela valeur et l'orientation de mon propre subconscient personnel, je le connais, et pas à mon avantage, je le connais pour avoir constaté quelles sortes de produits il jetait constamment sur les rivages de ma conscience claire et ce qu’il avait coutume de m'’inspirer en fait d’actes, de sentiments, de pensées, avant la crise bénie de ma conversion radicale... Vous pensez — continuera le chrétien, prenant directement à partie son interlocuteur — vous pensez que votre subconscient, à vous, déborde infiniment de vertu, de puissance, de pureté, de justice, d'amour. Je ne puis faire autrement que de vous plaindre.