‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 6 sur 93 · DÉLIMITATION DU SUJET · texte numérisé non relu

DÉLIMITATION DU SUJET

Les rapports de la médecine et de la religion : sujet singulièrement vaste, difficile et délicat !

. Ni une curiosité plus ou moins spéculative, ni le désir de rédiger quelques pages sur un intéressant chapitre de psychopathologie ne nous ont poussé à en aborder une des multiples faces, mais seul le besoin d'approfondir nos convictions, de pouvoir les affirmer, pour en avoir reconnu la valeur absolue.

« Quand on croit de la foi la plus ferme posséder la vérité, il faut savoir qu’on le croit et non pas croire qu'on le sait. »

Ces pages, nous n'avons pu les rédiger sans évoquer souvent, sans y associer intimement le souvenir ému d’une mémoire bien chère et vénérée ; c'est donc à nos parents que nous en faisons l'hommage, à eux dont l'exemple et l'éducation nous ont amené à chercher dans la foi chrétienne les vraies certitudes, les vraies joies.

Ces pages sont aussi un témoignage à cette foi : elle n’a pas décu notre attente, nous lui devons le meilleur de nousmême.

Notre plan primitif fut d'examiner le bien fondé des deux opinions pour lesquelles les effets médicaux du sentiment

religieux sont ou thérapeutiques ou pathologiques. Mais en poursüivant nos recherches, nous vimes le sujet s'étendre à perte de vue, nos documents s’amonceler. réclamant de nou- velles investigations. Le sujet ainsi compris débordait le cadre de notre travail.

Aussi avons-nous délibérément abandonné le côté pathologique ; entre autres les phénomènes d'ordre corporel: tels. que les hallucinations, les stigmates, l'odeur de sainteté : d'ordre affectif : tels que les faits de fiançailles, de mâriages mystiques ; d'ordre intellectuel enfin : désintégration de la personnalité, besoin de direction, extase, obsessions, scrupules, glossolalie, prophétisme, démonomanie, théomanie, etc. (1).

Cette étude était à vrai dire déjà faite. Montrer le rôle très relatif du sentiment religieux dans la genèse de ces troubles eut été enfoncer une porte ouverte. Le temps n'est plus où le symptôme le plus marquant suffisait à caractériser, à désigner unétat mental. Aujourd’hui les possédés, les démoniaques, les mystiques et les fous religieux rentrent dans les cadres de la démence précoce, de la folie à double forme. de la confusion mentale, etc. Et on a substitué au terme de folie religieuse celui de folie à forme religieuse, pour bien indiquer que l'élément religieux n’est qu'une contingence.

€ En pathologie mentale, dit Gilbert Ballet, le terme d'idées religieuses ou mystiques ne désigne nullement, comme on pourrait le croire au premier abord, un délire concernant la religion, les croyances, les dogmes religieux différents. Il sert Simplement la plupart du temps à qualifier les idées délirantes diverses dont l'expression, la formule, rappellent des notions religieuses (2). »

Il nous a paru inutile d'établir un principe de moins en en moins contesté, De plus une étude pathogénique, suriout en pareille matière, n'eut présenté qu'un intérêt bien abstrait

, 1 Nous aurions cherché à montrer par exemple que les stigmates sexpliquent par l’hémophylie, l'odeur de Sainteté par! l’acidose au cours de jeûnes et d'exercices ascétiques ; que les fiançailles, les mariages mystiques remplacent souvent les relations sexuelles normales dont s’abstiennent les religieux.

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